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Rassemblés à Saint-Augustin le 11 janvier 2010, plus de 90 prêtres d'Ile de France et 6 évêques ont écouté et travaillé autour d'une conférence du Père Richard Escudier (curé de St-Pierre du Gros Caillou) sur L’ABBE HUVELIN
Si l'Abbé Huvelin est un conférencier
remarquable, il est aussi et d'abord un prédicateur, un confesseur
et un directeur spirituel, dont l'exceptionnel
rayonnement, dû à son dévouement et à son immense culture, dépasse
de beaucoup le seul diocèse de Paris dont il fut un des membres les plus renommés… Quelques
points forts de la conférence vous feront découvrir ce grand prêtre
du XIXème siècle
Pourquoi les jeunes gens se pressaient-ils d’accourir à ses
entretiens sur l’Histoire de l’Eglise donnés à St Augustin,
entrainant à leur suite une multitude d’adultes qui venaient écouter
l’Abbé Huvelin ?
Ils y trouvaient exprimé l’idéal
de l’homme chrétien
qui ose échapper à la banalité et s’engage dans
la lutte… Quelle lutte ?
Ce
qui énerve l’homme, ce sont les théories abaissantes,
adoptées parce qu’elles sont faciles. L’âme la plus éloignée n’est pas celle
qui donne dans des écarts fougueux, mais celle qui se fait une petite vie lâche,
amoindrie et qui compose la trame de son existence d’une suite de petites
habitudes qui alourdissent l’âme et l’empêchent de faire l’expérience de la
lutte, la seule qui soit digne de l’homme."
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Etre quelqu’un, c’est d’abord se posséder. On ne peut donner à
Dieu que si on s’appartient ; et pour s’appartenir, pour se connaître , vous
le savez, il faut se recueillir…. Vous ne serez jamais
chrétien si vous n’êtes
pas quelqu’un. Quelqu’un, c’est-à-dire ne pas être comme tout le monde. Ne
pas vivre des idées, des préjugés, des exemples de tous…Il ne faut pas qu’une
certaine vie générale se substitue à vous, à votre vie. Etre quelqu’un c’est
réagir contre cette invasion…. Les petites âmes en qui il n’y a rien sont quelque
chose mais ne sont pas quelqu’un ; comment seraient-elles chrétiennes ?"
Il engageait tous ces jeunes à un témoignage qui ne se paie
pas de mot mais résulte du mouvement total de la vie.
Que faire ? Il faut prendre un peu de peine. Il faut le sacrifice… Il ne s’agit pas de former autour
de soi une petite clientèle, un certain nombre d’âmes sur lesquelles on veut
agir, arriver à quelque chose, non ! La vérité est qu’il
faut donner de soi… La
conquête des âmes ne se fait qu’avec la douleur, avec la lutte, la Passion."
Un témoignage qui peut atteindre ces âmes que le prêtre
n’approche pas.
Il est des milieux où il ne peut entrer… Le prêtre est
bien entouré de quelques âmes bonnes sur lesquelles il n’a qu’à jeter un peu d’eau
bénite ;… il en a de la consolation, c’est vrai !… mais il voudrait atteindre celles
qui ne sont pas là…" … il le fait par vous.
Il résumait toute la vie chrétienne dans 3 regards ; ces
regards où l’âme passe tout entière.
Le regard de soi-même qui s’appellerait l’humilité. - Le regard
vers Dieu qui s’appellerait la confiance, la reconnaissance. – Le regard sur
les autres qui s’appellerait la bonté. Toute la vie chrétienne serait là."
Il incitait ses dirigés vers cette humilité vraie :
Vous sentirez toujours l’orgueil
mais pour souffrir et le détester, ce qui le rend très inoffensif. Constatez
en passant – et ne
vous troublez pas. Aux petites pointes de malice répondez par des sentiments
de reconnaissance et de bonté – émoussez ces pointes dans la charité. Sentez
votre misère très profonde, humiliez-vous, confondez-vous puis perdez-vous
dans la confiance en Dieu. L’amour de Dieu existe au milieu de nos misères.
C’est la
lumière qui nous les montre, et qui nous les fait désavouer, détester…"
Le tout dans une joie qui se voit et se communique :
Demandez la joie,
non seulement intérieure, mais apparente, pour l’épanouissement des autres…
Répandez de la gaieté si bonne à ceux qu’elle épanouit"
"Travailler à s’élargir
vers le prochain... Le regard de Jésus est le regard de ceux qui veulent se
communiquer et se donner… Ayons un regard bienveillant pour les créatures.
Notre regard est égoïste, voilà pourquoi il est triste…Si vous êtes heureux,
ayez un regard de reconnaissance sur ceux qui vous entourent ; qu’on puisse
dire de vous : il est bon, il veut le bonheur de l’humanité entière… Si vous êtes
malheureux, ayez un regard de compassion, un regard plus attendri sur les autres."
Cette grâce d’accompagnement des âmes, l’Abbé Huvelin l’a
mise magnifiquement au service du jeune Charles de Foucauld. Ce dernier lui
rend hommage dans le célèbre texte de sa conversion :
Vous me fîtes alors
tomber sous les yeux quelques pages d’un livre chrétien, et vous m’en fîtes sentir
alors la chaleur et la beauté… Ce besoin de solitude, de recueillement, ce besoin
d’aller dans vos églises, moi qui ne croyais pas en vous, ce trouble de l’âme,
cette angoisse, cette recherche de la vérité, cette prière ‘Mon Dieu, si vous
existez, faites-le moi connaître’… En me faisant entrer dans son [Monsieur Huvelin]
confessionnal, un des derniers jours d’octobre, entre le 27 et le 30, je pense,
vous m’avez donné tous les biens, mon Dieu : s’il y a de la joie dans le ciel à la
vue d’un pêcheur se convertissant, il y en a eu quand je suis entré dans ce
confessionnal !… Vous m’avez mis sous les ailes de ce saint et
j’y
suis resté. Vous
m’avez porté par ses mains depuis ce temps et ce n’a été que grâce sur grâce
: je demandais des leçons de religion : il me fit mettre à genoux et me fit me
confesser, et m’envoya communier séance tenante… Et depuis, mon Dieu,
ce n’a été qu’un enchaînement de grâces toujours croissantes...
la direction, et quelle direction !, la prière, la Sainte lecture, l’assistance
quotidienne
à la messe établies dès le premier jour dans ma vie ; la fréquente communion,
la fréquente confession … cette parole de Monsieur Huvelin dans un sermon "Que
vous aviez tellement pris la dernière place que jamais personne n’avait pu vous
la ravir" si inviolablement gravée dans mon âme"
Les derniers mots “Amabo nunquam satis” (On
vaut par ce qu’on aime), et la dernière lettre
de l’Abbé Huvelin
résument tout ce qu’a été sa vie et l'exemple
qu'il a donné :
Quand on veut souffrir et aimer, on peut beaucoup, on peut le plus qu’on
puisse en ce monde. On sent qu’on souffre, on ne sent pas toujours qu’on aime,
et c’est une grande souffrance de plus ; mais on sait qu’on voudrait aimer,
et vouloir aimer, c’est aimer. On trouve qu’on n’aime pas assez ; comme c’est
vrai, on n’aimera jamais assez… "
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Biographie de l'Abbé Huvelin
Henri Huvelin naît le 7 octobre 1838. Il pense entrer à la Trappe, mais il se heurte au
refus cinglant de son père. Cette opposition orientera le cours de sa vie puisque
qu’après le Concours de l’Ecole Normale, il part à Rome au
séminaire français pour 3 ans. Il est ordonné prêtre le 15 juin 1867 à 29 ans.
Pendant son passage à Saint-Eugène (1865-1875), il traverse la Commune avec
ses atrocités. Il adhère pleinement à la construction de la Basilique du Sacré-Coeur
et s’attache à cette spiritualité.
Il devient vicaire à Saint-Augustin en 1875 et le restera jusqu’à sa mort en 1910.
Il prêche aussi bien aux gens de service qu’au foyers ouvriers, aux religieux
et religieuses, aux groupes paroissiaux, aux mères chrétiennes, aux Dames de
Charité… Il confesse de longues heures. Sa réputation se répand.
Deux grandes amitiés vont le marquer qui seront celles de deux converts : Charles
de Foucauld et Emile Littré , le premier religieux puis missionnaire isolé au
Sahara, le second athée, positiviste et franc-maçon.
Ses exposés sur l’histoire de l’Eglise au cours de trois cents
interventions, heureusement prises en notes par ses auditeurs, destinées surtout
aux jeunes gens mais passionnément écoutées par des adultes, sont demeurés
célèbres.
Il meurt le 10 juillet 1910. |
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