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Comment Dieu pourrait-il m’appeler, moi qui suis si faible ?
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Notre Dame de Lourdes : La mission - Témoignages Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par mavocation.org   

"De la Toque à l’étole", "De la plume à l'écriture", les pères Esclef et Guespereau témoignent de leur vocation auprès de la relique du curé d'Ars les 15 et 16 mars à la paroisse Notre Dame de Lourdes.
Et dans l'album photo, retrouvez aussi les photos de ce grand moment diocésain…


La mission : faire naître une communauté d'apôtres

Conférences, Homélies et témoignages de Mgr Nahmias, des pères Gueguen, Esclef et Guespereau

15 mars : homélie du père Gueguen et témoignage sur la vocation du Père Stéphane ESCLEF "De la Toque à l’étole"
16 mars : témoignage sur la vocation du Père Bruno Guespereau et conférence de Mgr Nahmias : La mission : faire naître une communauté d'apôtres

Quelques bribes…

C’est en Angleterre, au cours d’une nuit de prière, devant le Saint Sacrement. (Je n’avais jamais fait de nuit de prière), que le Seigneur toucha mon cœur pour m’appeler à Le suivre. J’avais demandé à ces amis qui m’ont invité à faire cela : « Qu’est-ce qu’il faut faire quand on est en prière devant le St Sacrement ? ». « Tu t’agenouilles. Il est là. Tu Lui parles et tu L’écoutes ». Première demi-heure : je m’agenouille, je m’assois, je Lui parle, j’écoute. Rien. Ça vous arrive aussi, je pense ? Mais au bout d’une demi-heure, quand j’ai persévéré, une petite voix qui m’appelle et qui me dit : « Stéphane, lâche tes fourneaux, lâche tes couteaux. Suis-Moi. Et deviens prêtre. ». Alors là c’est très simple, vous commencez à vous pincer, puis à regarder autour de vous, pour dire maintenant j’entends des voix, je suis comme Jeanne d’Arc. Mais c’est revenu, comme un petit refrain qui vient dans mon cœur. Cet appel que le Seigneur m’adressait, j’ai compris qu’Il m’appelait à les suivre, au service de son Eglise, comme prêtre diocésain. Le Seigneur m’invitait à commencer une autre restauration (si vous voyez le jeu de mots). Quand j’en ai parlé au prêtre après cette soirée de prière, je lui ai dit : « Vous ne devinerez jamais ce qui s’est passé ! un truc incroyable !Voilà, le seigneur m’a parlé au cœur. » « Ah bon, mais je le savais, c’était normal… ». Alors je dis « Ben merci de me prévenir ! ». J’étais le dernier averti… Et puis, une retraite en foyer de charité, m’a aidé à dire mon oui en toute liberté, et à comprendre que c’est de cette manière que je serais pleinement heureux, malgré les difficultés qui pouvaient s’annoncer. C’est ainsi que je suis parti frapper à la porte du service des vocations. Et j’ai commencé cette aventure qui n’est pas près de se terminer.

Je suis prêtre du diocèse de Paris depuis douze ans, curé ici à ND de Lourdes depuis 6 ans (vous voyez, le Seigneur a de l’humour) et j’aimerais dire à ceux qui se posent des questions sur leur vocation : le Seigneur ne se trompe pas quand Il appelle quelqu’un à Le suivre. Je ne regrette rien. Ceux qui me connaissent, connaissent bien cette chanson.
Je suis heureux, j’ai changé ma toque pour l’étole. Magnificat !

Père Stéphane Esclef, témoignage de sa vocation

« Mon âme a soif de Dieu. J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu, vers Dieu qui est toute ma joie ».
Ces mots auraient pu être ceux du curé d’Ars, d’ailleurs je pense qu’il les a souvent priés dans la liturgie des heures, le bréviaire, que disent les prêtres. Il a vécu ça, le curé d’Ars. Mon âme a soif de Dieu. C’était un assoiffé. Oui, frères et sœurs, pour un prêtre, Dieu est toute sa joie. Même plus : toute sa vie ! Le curé d’Ars n’arrêtait pas de dire : "Il es là ! Il est là !" Oui, plus que tous les trésors du monde, nous possédons, nous l’avons, la perle de grand prix. Celle qui mérite de tout vendre, de tout quitter pour l’acquérir. Tout pour Lui. Combien j’aimerais vous partager ma joie, frères et sœurs, et je crois que je parle au nom de tous les prêtres qui sont là. Ma joie d’être prêtre pour vous et avec vous. Vous les baptisés. Dans ce mouvement, nous sommes tous les serviteurs de votre joie. Et cette joie, personne ne pourra nous la ravir, à nous les prêtres. Personne. On pourra nous critiquer, on pourra nous montrer du doigt, intenter des procès, mais cette joie, personne ne pourra nous la ravir. Ne croyez pas que le prêtre est un homme blasé qui choisit cette voie du sacerdoce par dépit ou à cause d’échecs de sa propre vie amoureuse. Non. Pas du tout. Le prêtre répond à un appel. Un appel plus fort que tout, qui supporte tous les sacrifices : l’appel du Christ Jésus : « Viens, j’ai besoin de toi. Viens, tes frères et tes sœurs ont besoin de toi. Viens ».

Le prêtre est un assoiffé de Dieu. Ecoutez la phrase du psaume : "Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche, toi mon Dieu". Le prêtre, lui, a trouvé la Source. La source, ça nous parle, à nous, ici, à Lourdes. Il s’y désaltère et souhaite que d’autres avec lui trouvent aussi cette source, et s’y désaltèrent à leur tour. Nous le croyons, tous, qui que nous soyons ici, baptisés, ou pas encore baptisés, bientôt baptisés, notre source, c’est le Christ Jésus seul.

Père Stéphane Esclef, homélie

Je suis né dans une famille chrétienne, pratiquante, qui aimait Dieu. D’une certaine manière un peu comme toi, saint Jean-Marie Vianney. Et comme toi, effectivement, nous avions la prière familiale le soir, la prière du soir en famille, à genoux. Voir son père et sa mère à genoux devant le Christ, même si ça chahute beaucoup derrière, ça marque quand même quelque chose. Et durant ces années là, je l’ai su bien plus tard ou plutôt quelqu’un me l’a rappelé car ma mémoire était sans doute un peu courte, j’avais dit déjà en CM2 à mon amie Charlotte que peut-être un jour je serai prêtre et visiblement ça l’avait beaucoup marquée, moi pas beaucoup mais elle me l’a rappelé l’été de mon ordination.

[…] Comme tout adolescent il arrive un moment où on dit : "quand même est-ce que ce que croit mes parents est-ce finalement sérieux pour moi ?" et j’ai eu la grâce de découvrir l’été à Paray-le-Monial, l’adoration eucharistique.

[…] Je crois que là j’ai vraiment fait la rencontre de Jésus, une présence comme j’espère tous vous l’avez faite. Et la deuxième chose qui a été très importante pour moi c’était la découverte de la louange, ces chants d’action de grâce à Dieu. Et la louange a trouvé sa place tout naturellement dans ma vie, ce qui fait que très vite j’ai cherché un groupe de prière dans lequel je puisse continuer ce que j’avais vécu de façon très forte l’été. Donc à l’âge de l’adolescence, vers 17 ans, j’ai fait cette rencontre du Seigneur et cette fois, j’ai senti que Dieu me demandait une réponse, une réponse proportionnée à mon âge : il ne me demandait pas de partir missionnaire à l’autre bout du monde pour le moment, mais je n’étais plus un enfant et quelque part il toquait à la porte de mon cœur, il me demandait : "qu’est-ce que tu veux de ta vie, est-ce que tu veux de moi dans ta vie ?" . Et là comme un adolescent enthousiaste, j’ai répondu avec beaucoup de joie au Seigneur que je voulais tout faire avec lui et pourquoi pas être prêtre.

[…] J’ai cherché vraiment un groupe chrétien dans lequel je puisse vivre une amitié avec des jeunes de mon âge et puis une amitié avec Dieu.

[…] J’ai fait le choix de partir en coopération […] Ç’a été une traversée du désert spirituel.
Il faut vous dire une chose importante quand même, c’est que quand je suis parti, comme je savais que j’allais travailler avec des prêtres, comme j’imaginais qu’on parlait de Dieu toutes les minutes, j’avais dit à Dieu « Ecoute c’est très bien mais surtout tu ne me parles pas de vocation pendant deux ans" et alors Dieu il écoute les prières, et il les écoute bien parce qu’il ne m’a pas embêté du tout pendant deux ans. Seulement moi j’avais oublié que quand j’étais rentré les deux ans étaient terminés. L’échéance étant terminée le Seigneur pouvait revenir !

Et puis il y a eu cette rencontre.[…] J ’appelle un ami prêtre. Cet ami prêtre me dit : "Ecoutez Bruno, vous vous posez des questions". Grand silence […] Mais là j’ai vraiment entendu quelque chose de Dieu…ah, ce n’est pas les voix de Jeanne d’Arc mais j’ai vraiment entendu que c’était le Seigneur qui me parlait à travers ce prêtre et qui me disait : "est-ce que tu veux te poser la question pour devenir prêtre ?". En fait avant j’avais entendu le truc mais à chaque fois je me disais "oui… mais non". […] Là pour une fois je me suis dit "oui, je vais me poser la question mais vraiment". Et donc quand on se pose une question il y a oui et non et si c’est oui la réponse qu’il faut donner, eh bien je dirai oui. Pour la première fois, Dieu a dû se réjouir ce jour-là, pour la première fois j’ouvrais vraiment la porte. […] Je m’étais quand même dit : "quand on se pose des questions, si on veut être honnête il faut se donner un délai" parce que vous savez on se pose des questions et puis toute sa vie on se pose des questions. Et alors moi je me suis dit, un an, dans un an je vois le résultat parce sinon à 50 ans ce sera toujours la même question.
[…] Très vite je me suis dit : "les mois avancent et je n’arrive pas à me poser la question « est-ce que je veux le sacerdoce ou pas ? »". Alors je suis allé toquer à la porte du service des vocations du diocèse de Paris […] et la j’étais vraiment très touché par la délicatesse du prêtre qui m’a accompagné.
[…] Alors j’ai fait le choix effectivement de rentrer à la maison saint Augustin en première année de discernement. C’est un peu comme les fiançailles, une année où on n’est pas encore dans le séminaire mais où on a une vraie vie spirituelle, on est vraiment suivi, on a une vie communautaire, on a beaucoup de choses qui permettent de discerner où le Seigneur nous attend.

[…] Parfois, je l’avoue, je suis saisi d’émotion devant la grandeur de ce qu’il se passe dans mes mains qui sont, ben voilà, des mains qui n’ont pas beaucoup travaillé mais qui ont été consacrées par l’évêque et mon plus beau souvenir de l’ordination a été le moment où l’évêque a mis le saint Chrême dans mes mains pour les rendre capables de bénir et aujourd’hui je bénis régulièrement mais ça me permet aussi d’imposer les mains sur les offrandes, sur vos offrandes que vous apportez à l’autel et de les rendre Corps et Sang du Christ, c’est mystérieux, c’est tellement beau.
Je rends grâce au Seigneur d’avoir fait de moi son prêtre.

Père Bruno Guespereau, témoignage de sa vocation

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