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Page 2 sur 2 La confrontation de la foi chrétienne et de la raison Certes cette mission de témoins de l’espérance nous engage chaque jour dans la rencontre avec la raison humaine et les sagesses qu'elle produit. Mais notre champ spécifique n'est pas la marge de l'irrationnel dans une société vouée à l'efficacité de la raison scientifique. La confrontation de la foi chrétienne et de la raison n'est pas un combat perdu d'avance. Elle suppose un véritable engagement des ressources de l'intelligence humaine au service de la compréhension de la Parole de Dieu qui éclaire et nourrit notre vie. Si les hommes de notre temps sont en quête, ou au moins s'ils ont besoin, de repères existentiels ou de sagesse, nous n'avons pas à rougir de la sagesse du Christ que nous proposent les évangiles. Elle supporte aisément la comparaison avec les sagesses qui l'ont concurrencée au XXe siècle qui fut d'abord un siècle de barbarie et d'horreur. Mais l'histoire personnelle de Jésus et l'histoire de la mission de l'Église à travers les siècles nous montrent comment cette sagesse qui vient de Dieu lui-même peut être perçue comme une folie aux yeux du monde: la folie de la croix. La folie de l'amour. Que la personne du Christ et la mission de l’Église soient controversées n'est pas une nouveauté particulière à notre temps. C'est une donnée permanente de la rencontre de la Révélation divine avec les attentes humaines ou les utopies sur l'avenir. Cette controverse n'est pas un simple débat intellectuel. Elle est le reflet de la lutte de la liberté humaine avec la Vérité qui l'éclaire et la questionne. Elle ne doit ni nous surprendre ni nous effrayer. Elle est le régime normal du combat de l'homme pour accéder à la plénitude de sa vocation de fils de Dieu. La porte de la foi Notre ministère, fondé sur la consécration de notre vie par don de l'Esprit, fait de nous des compagnons de tout homme dans ce combat où nous devons nous-mêmes convertir sans cesse notre regard et notre engagement pour ne pas devenir un obstacle à l'accomplissement du Salut. Il ne nous constitue pas en juges, moins encore en accusateurs. Il fait de nous des témoins qui attestent que la vie des hommes n'est pas dominée par la fatalité des forces obscures. Nous annonçons que Dieu ouvre, même aux païens, «la porte de la foi ». La joie de notre ministère ne vient pas des avantages sociaux ni du confort de notre existence ou de l'intérêt de nos activités. Notre véritable joie, la plénitude de la joie que Jésus promet aux siens, une joie que nul ne peut nous ravir, c'est l'espérance dont nous sommes porteurs au bénéfice de tous les hommes et de toutes les femmes de notre temps. Vous êtes consacrés comme témoins de cette espérance comme le furent jadis les prêtres qui vont vous imposer les mains. Parmi eux, les jubilaires dont nous partageons la joie et l'action de grâce attestent la fidélité de Dieu à ceux qu'il choisit et qu'il envoie. Ne doutez pas de cette fidélité de Dieu ! Ne doutez pas de la mission de notre Église. C'est elle qui définit votre propre mission et qui vous porte maternellement dans sa prière comme nous allons le faire à l'instant, en invoquant les saints qui nous entourent invisiblement. Elle vous porte quotidiennement par la prière et l'offrande secrètes de tant de vie cachées dans les cloîtres ou dans les monastères invisibles de notre mégapole. Elle vous porte par la prière communautaire faite avec vos frères dans le ministère ou dans la communion avec eux. Elle vous porte dans cette magnifique assemblée. Elle vous porte dans la supplication quotidienne de votre archevêque. Comme le psaume nous le dit des anges: ils te porteront pour que ton pied ne heurte les pierres! Soyez dans la joie et l'allégresse car il vous a choisis pour être avec lui et devenir ses amis !
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