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Paris-Notre Dame a interviewé le Père Antoine d’Augustin, formateur au Séminaire de Paris. Il nous explique en quoi la figure du curé d'Ars peut toucher le coeur de jeunes
Le curé d’Ars est bien connu de tous les prêtres,
notamment parce qu’il a été proclamé saint patron
des curés de l’univers peu après sa canonisation en
1925. Personnellement, qu’est ce qui vous touche dans sa vie ?
Je trouve que la vie du curé d’Ars illustre
avec force une réalité de
la foi que nous avons du mal à accepter et qui est pourtant centrale :
la sainteté est un don de Dieu, et pas autre chose. Or,des
bonnes actions, des efforts ou des pénitences ne suffisent pas pour l'obtenir…Ce
don de la sainteté se demande à Dieu, avec foi et persévérance
et se reçoit de lui dans l'humilité.
Durant tout son ministère,
le curé d’Ars n’a cessé de prier et d’offrir
l’Eucharistie pour la sanctification de ses paroissiens. Et Dieu lui a
fait ce don. Grâce à cela, des milliers de personnes ont pu goûter à la
miséricorde de Dieu.
Peut-on dire que le curé d’Ars est un
"maître
de la prière" ?
Ars était
un hameau de quelques centaines d’habitants avec une petite église.
Il faut bien avouer qu’il n’y avait pas grand-chose à faire.
Par conséquent, au début de son ministère, il passait beaucoup
de temps à prier, devant le tabernacle, dans son église, et également
lorsqu’il allait visiter les paroissiens chez eux ou les rencontrer dans
les champs où ils travaillaient…
Le curé d’Ars priait
sans cesse. C’est notamment grâce à cette prière
permanente que Dieu a pu, de plus en plus, agir à travers
lui.
On peut ajouter à la
prière, son amour profond pour l’Eucharistie et son charisme de
la Réconciliation. A la fin de sa vie, l’afflux de personnes venant
se confesser était tel que le curé d’Ars ne quittait pas
son confessionnal de la journée.
Le curé d’Ars avoue avoir beaucoup peiné dans ses études au séminaire. Qu’en est-il exactement ?
Il est vrai qu’il a peiné durant ses études. Mais on
a tout de même retrouvé plus de 400 livres dans sa bibliothèque.
Pour l’époque, c’était énorme. Le curé d’Ars
avait une intelligence pratique très développée, qui
lui a permis de diriger sa paroisse. De plus, tous les témoignages à notre
disposition montrent qu’il avait une grande finesse dans ses entretiens
avec les paroissiens. En revanche, il avait un problème de mémorisation
et d’émotivité. Si bien qu’au début de son
ministère,
quand on l’interrogeait sur Dieu, il perdait ses moyens. De même,
il écrivait tous ces sermons et essayait de les apprendre par cœur
afin de les restituer à ses paroissiens. Mais il n’y arrivait
pas. Au fil des années, il a lentement appris à avoir
confiance en Dieu et a commencé à prêcher à partir des inspirations
de son coeur. Résultat : ses sermons sont devenus poignants et touchants.
En mars, pour la première fois, le diocèse fait venir les reliques du curé d’Ars à Paris. En quoi, cette figure très éloignée de notre époque, peut toucher le coeur de jeunes qui se sentiraient appelés au sacerdoce ?
J'ai la certitude qu'aujourd'hui, beaucoup de jeunes se demandent comment
changer le monde. Le curé d'Ars leur donne une réponse
toute simple. Seul Dieu, par sa Parole, par les sacrements
de l'Eucharistie et de la Réconciliation a vraiment le pouvoir de
changer le coeur des hommes. Conscient de ses
pauvretés, saint Jean-Marie Vianney
a mobilisé tout son être en ce sens. Il dit aux
jeunes que l'évangélisation n'est pas réservée à des
personnalités sans défauts. Il nous redit au cœur
ce que nous ne voyons pas assez : pour célébrer ces sacrements,
pour porter l'Evangile au monde d'aujourd'hui, le Christ appelle beaucoup
de jeunes hommes à le suivre.
Recueilli par Sylvain Sismondi, avec l'aimable autorisation de Paris Notre Dame >>> Pour vous abonner à Paris Notre Dame >>>
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