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Face à la baisse des vocations, quel est le rôle des communautés chrétiennes ? Point de vue du P. Denis Jachiet.
Pourquoi cette année du prêtre dans le diocèse de Paris ?
Tous les catholiques connaissent des prêtres, mais ils seraient souvent
bien en peine de parler de leur vocation et d’expliquer ce qui fait la
trame de leur vie. Tous souhaitent davantage de prêtres, mais peu
ont conscience que l’éveil de ces
vocations repose aussi sur eux. Nous vivons encore aujourd’hui à Paris
dans la mentalité de la présence évidente du prêtre
au sein de la société qui prévalait il y a un siècle.
On se comporte parfois en "consommateur" des services du prêtre.
On s’étonne souvent de la "baisse des vocations" sans
oser parler de cet appel aux jeunes. Cette année du prêtre,
voulue par notre archevêque, voudrait permettre de mettre en avant ce
qui fait la beauté et la vérité de cette vocation. Ce
n’est
pas une opération de recrutement mais une année pour découvrir
la grâce du sacerdoce ordonné et en parler plus librement.
Vous
dites que votre souci n’est pas le recrutement. Pourtant n’est-ce
pas une manière de réveiller les vocations ?
L’appel
de Dieu s’adresse à des personnes qui croient et qui doutent,
qui font des choix, qui prient et vivent des expériences. Il n’a
rien d’une
mobilisation générale ou d’une embauche sur concours. Au
coeur du mystère de la vocation il y a la liberté, celle
de l’appelé et
celle du Seigneur. Ce qui permet de “réveiller” les vocations,
ce n’est pas
la pression médiatique ou sociale en faveur d’un état de
vie, mais ce qui ouvre le coeur et l’intelligence à l’amour
personnel du Père pour ses
enfants et à sa sollicitude pour les besoins de son Eglise. Dans la
mesure où notre parole sur le prêtre alimente ledialoguede foi
entre Dieu et le jeune concerné, loin d’exercer une pression,
elle suscite une liberté plus grande. Quels sont les principaux obstacles
que vous constatez à la vocation chez les jeunes hommes qui s’interrogent
?
Les obstacles à la réponse libre d’un jeune sont multiples.
Il y a le regard des autres, camarades ou famille, qui pèse énormément
chez les plus jeunes, décourage leurs engagements de chrétiens
et écarte la perspective d’une vie consacrée à Dieu.
Le choix du célibat pour le Royaume leur apparaît
d’autant
plus irréalisable que notre société promeut le mirage
de la réalisation de tous les désirs affectifs et sexuels et dénonce
les renoncements choisis. C’est sans doute la peur de l’engagement
définitif,
la peur de se tromper, qui pèse le plus lourd. Beaucoup peinent à engager
leur vie car ils n’ont pas assez appris à engager leur
parole sur des petites décisions et à la tenir, même
lorsque le cœur n’y incline pas, et s’entrouver ensuite fortifiés
et plus confiants en Dieu.
Comment les communautés chrétiennes
peuvent-elles aider concrètement à encourager les vocations sacerdotales
?
Il y a mille manières de saisir l’occasion de l’année
du prêtre pour
promouvoir le sacerdoce ordonné. La prière, confiante
et persévérante,
de la communauté paroissiale en faveur des vocations sacerdotales est
sans doute ce qui vient en premier. Une image
du Christ Bon Pasteur avec un
texte de prière, un Monastère invisible de prière pour
les vocations avec un bulletin mensuel sont des moyens mis à la disposition
des communautés
par le Service des vocations. Des soirées de témoignage des prêtres,
de séminaristes, avec temps d’enseignement et de prière
sont organisées en bien des paroisses. Bien d’autres initiatives
: ciné-club, série de cours, récollection, pèlerinage...
Quels sont les rendez-vous à ne pas manquer en cette année du
prêtre ?
Plus de 180 jeunes hommes sont venus le 6 décembre dernier à la
Fête du séminaire avec leurs aumôniers pour entendre une
conférence du Cardinal sur la vocation de prêtre et dîner
avec les séminaristes.
Le prochain moment marquant sera l’accueil
de la relique du coeur du curé d’Ars,
du 13 au 23 mars prochain, pour la première fois à Paris. Un programme
fourni de conférences, célébrations et temps de prière
permettra à chacun de s’associer individuellement ou en groupe à cet événement
de grâce. Enfin le moment des ordinations sacerdotales,
le samedi 27 juin, marquera l’aboutissement de cette année du
prêtre,
notamment par
une grande veillée de prière. 
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