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Entre le IIIe et le VIe siècles, des chrétiens décidèrent d’abandonner le monde pour aller vivre dans les déserts d’Égypte, de Palestine, d’Arabie et de Perse. Le désert exerçait une fascination singulière sur ces personnes qui recherchaient une manière parfaite d’imiter le Christ, avec une certaine nostalgie de la communauté chrétienne primitive.

Entre le IIIe et le VIe siècles, des chrétiens décidèrent d’abandonner le monde pour aller vivre dans les déserts d’Égypte, de Palestine, d’Arabie et de Perse. Le désert exerçait une fascination singulière sur ces personnes qui recherchaient une manière parfaite d’imiter le Christ, avec une certaine nostalgie de la communauté chrétienne primitive. A titre d’illustration : une vidéo réalisée par « Le Jour du Seigneur ».

L’Egypte, berceau du monachisme
Une vidéo réalisée par www.lejourduseigneur.com
6 min 34

Ceux qui furent ensuite appelés les Pères du désert voulaient trouver dans le désert une certaine préparation au martyre par une vie d’ascèse et de lutte contre les démons. Ces chrétiens, attirés par la solitude totale et désireux de répondre sans réserve à l’appel évangélique, furent les ancêtres du monachisme, tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Saint Antoine fut le premier à oser s’enfoncer dans le désert, vers 270 après J-C. À sa suite, des hommes quittèrent la vie sociale pour rechercher le silence et la simplicité de la foi. Au départ, ils n’étaient qu’une poignée : Antoine, Macaire, Sisoès... Très vite, leur genre de vie étonna et attira. Des disciples vinrent d’un peu partout. Certains, comme Arsène, occupaient les plus hautes charges de la cour impériale. La plupart étaient d’origine modeste tel Moïse, un converti ancien chef d’une bande de brigands, ou Zacharie arrivé encore jeune enfant. En quelques décennies, les cabanes et les grottes dans lesquelles s’étaient installés les premiers ermites attirèrent tellement d’hommes que de véritables colonies monastiques se constituèrent dans les déserts.

L’organisation de la vie au désert

Cette vie érémitique, ou semi-érémitique selon les cas, se développa au départ de façon assez libre et prit des formes diverses. La plupart des moines vivaient dans des cellules, huttes ou cavernes, d’autres dans des habitats plus extraordinaires : sur une colonne, dans un arbre… Au désert, Dieu est le seul maître et, en dehors de sa volonté, il n’y a que peu ou pas de principes. Ainsi saint Antoine disait : « Tout ce que votre âme désire accomplir selon la volonté de Dieu, faites-le et elle sera sauvée ». Cependant, avec l’arrivée de nombreux disciples, il fallut instaurer certaines règles de vie. Des groupements de solitaires s’établirent pour rechercher une discipline de l’élan ascétique, au regard des dangers de la vie au désert. Chacun vivait seul dans son ermitage pendant la semaine, trouvant sa subsistance par son travail manuel, et retrouvait les autres le samedi et le dimanche à l’église pour les offi ces de nuit et l’eucharistie.

Une pédagogie spirituelle se mit en place pour les nouveaux venus : en arrivant dans le désert, ils se mettaient à l’école d’un ancien, expérimenté et apte à discerner l’authentique de l’apparent. Le nouvel arrivé devait apprendre à vivre comme l’ancien et à se désapproprier de tout égocentrisme pour apprendre l’humilité. Lorsqu’il devenait à son tour un « homme spirituel », il s’installait ailleurs, prêt à accueillir, à son tour, de nouveaux disciples auxquels il communiquerait la sagesse évangélique. C’est ainsi que différentes branches fleurirent dans l’institution monastique, à l’école de grands Pères du désert comme saint Pacôme en Égypte, saint Basile en Asie Mineure ou d’autres. Pour les uns, l’idéal spirituel érémitique primait, d’autres voyaient dans l’unité collective l’assurance d’une réussite de la majorité des vocations solitaires et la formation des nouveaux venus, d’autres encore concevaient des monastères avec une véritable clôture pour se couper du monde extérieur, etc.

La sagesse des Pères du désert

Pour vivre dans le désert, les Pères ne pouvaient se permettre d’être des illuminés, faute de quoi ils devenaient fous. Si nous manquons de détails historiques sur l’identité de tous ces moines, de nombreuses paroles qu’ils ont prononcées pendant leur vie érémitique nous sont parvenues. Réunies la plupart du temps sous forme d’apophtegmes, c’est-à-dire de recueil de sentences et d’anecdotes, ces paroles nous font entrevoir la sagesse des pères du désert, l’humilité et le bon sens de la plupart de ces hommes qui vivaient dans la solitude et le labeur, la pauvreté et le jeûne, la charité et la prière pour ne former qu’un seul Esprit dans le Christ.

Tous leurs efforts n’avaient qu’un but : atteindre la pureté de coeur, pour voir Dieu. Les récits de ces Pères du désert retracent les combats de ces hommes prêts à tout pour se débarrasser de leurs défauts et faire croître leur amour envers Dieu et leur prochain. C’est l’abbé Ammonas qui pria quatorze ans pour être délivré de la colère, l’abbé Serapion qui vendit son dernier livre, un exemplaire des Évangiles, pour donner l’argent aux pauvres, vendant ainsi « les paroles mêmes qui lui ordonnaient de se séparer de tout pour les pauvres ». Ou encore saint Antoine, dont la vie racontée par saint Athanase suscita de nombreuses vocations.

Pour la majorité, ces apophtegmes concernent la vie au désert de Scété et l’on trouve plus de cent trente représentants de ce monachisme primitif : saint Antoine, Arsène, Agathon, Théodore de Pherme, Jean Kolobos, Isidore, Macaire d’Alexandrie, Moyse, Poemen surtout, Phambon, Hor et beaucoup d’autres. En dépit de quelques bizarreries, l’impression laissée par les apophtegmes est celle d’une spiritualité évangélique toute de renoncement au monde, d’amour pour le Christ et pour Dieu, toute pénétrée d’humilité personnelle, de charité et de bonté foncière pour le prochain, de discernement, de bon sens et de modération. « Je vis tous les filets de l’ennemi déployés sur la terre, et je dis en gémissant : Qui donc passe outre ces pièges ?, disait saint Antoine. Et j’entendis une voix me répondre : l’humilité ».

Les Pères du désert ont expérimenté dans leur corps et leur esprit les tentations et le combat contre le démon. Leurs paroles sont aujourd’hui encore de véritables sources d’enseignement dans la voie de la sainteté et gardent une valeur spirituelle considérable, car la vie chrétienne y apparaît dans toute sa complexité. Par leur exemple, nous comprenons que le silence, extérieur et intérieur, nous aide à approcher Dieu, à le connaître davantage et à l’aimer. Nous pouvons partir nous aussi au désert, le temps d’une retraite…

PAROLES DE SAGES

Pionniers de la spiritualité chrétienne, les Pères du désert sont redécouverts aujourd’hui, grâce à l’actualité de leurs paroles pour notre monde.

Un frère alla trouver l’abbé Moyse à Scété pour lui demander une bonne parole. Et l’ancien lui dit : « Va, reste dans ta cellule ; elle t’apprendra tout ce que tu dois savoir ».
L’abbé Macaire disait : « Si, pour corriger autrui, vous vous mettez en colère, vous gratifi ez vos propres passions. Ne vous perdez pas pour sauver autrui ».
L’abbé Hyperichios disait : « Mieux vaut manger de la viande et boire du vin que dévorer la chair de votre frère en le dénigrant ».
L’un des anciens disait : « Si un homme se fi xe dans un endroit sans l’améliorer, cet endroit le rejettera comme un être qui n’a pas porté de fruit ».
Un frère demanda un jour à l’abbé Poemen : « Comment dois-je me comporter là où je vis ? L’Ancien répondit : « Soyez prudent comme si vous étiez étranger : où que vous soyez, ne désirez pas que vos paroles fassent loi, et vous aurez le repos ».
À un jeune moine qui craignait beaucoup la souffrance, Abba Daniel dit : « Qui a peur de souffrir souffre déjà de sa peur… »

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Icônes de saint Antoine et saint Paul, monastère copte de Deir el Baramos, fondé par saint Macaire au milieu du IVe siècle. © D.R.

COMMENT DEVENIR SAINT ?

On raconte que l’abbé Agathon garda pendant trois ans un caillou dans sa bouche pour apprendre à se taire.
« Je vais consulter Abba Poemen », dit un jour un frère à un Ancien. « Fais bien attention, répliqua celui-ci, que consulter signifi e presque toujours demander à l’autre d’être de notre avis ».
« L’âme ne mûrit que dans les combats » disait l’abbé Poemen.
« Si quelqu’un vous parle de quelque sujet que ce soit, ne discutez jamais. S’il s’exprime avec sagesse, approuvez-le. Dans le cas contraire, dites-lui : “Vous savez ce que vous dites”, mais ne discutez pas avec lui. Ainsi votre esprit sera en paix » expliquait un ancien à ses disciples.
« Toutes les épreuves qui fondent sur vous peuvent être surmontées par le silence. » Poemen
« Priez avec attention et vous mettrez bientôt de l’ordre dans vos pensées ». Un ancien
À un frère qui se lamentait continuellement au sujet de sa propre vie, Abba Bessarion dit : « Peut-être est-ce la vie qui n’est pas contente de toi ? … Elle est contente de vivre avec qui veut la vivre… »

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