Elisabeth Madika, novice 2° année des Sœurs du Christ
Elisabeth Madika prononcera ses premiers voeux le dimanche 26 août 2012 à la messe paroissiale de 10 h 30 à l’église saint Etienne d'Issy-les-Moulineaux. Vous êtes cordialement invités.
Comment ta vocation est-elle née? Que faisais-tu avant ?

Ma famille est catholique pratiquante. Je suis l’ainée de trois enfants : deux filles et un garçon. Ma sœur est mariée, elle a une petite fille, et mon frère est séminariste pour le diocèse d’Orléans. La question de la vie religieuse m’a traversée plusieurs fois l’esprit quand j’avais l’âge de 11-12 ans. Un des moments forts est ce souvenir : ayant contracté une pneumonie, je suis restée au lit 15 jours. Je priais avec l’image de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui, lorsqu’elle avait à peu près cet âge, a eu une grave maladie. Elle disait que si elle était guérie, elle serait religieuse. Pour ma part, je voulais être guérie mais pas religieuse. Vint l’année du bac. La question de devenir religieuse est revenue. Ma prière, à ce moment là, c’était : « Laisse-moi tranquille avec tout ça ! Je veux réussir ma vie professionnelle et y être reconnue. Si par hasard j’y arrive, je me poserai alors sérieusement la question. » J’ai eu la paix, en effet, pendant près de dix ans. Au bout de cette période, j’étais devenue infirmière avec un poste assez intéressant tant du point de vue du travail lui-même que de son organisation. Me sont alors revenues plusieurs fois ces paroles : « Tu as réussi ta vie professionnelle. Tu es libre, mais maintenant que vas-tu faire de ta vie ? » J’ai alors repris contact avec un prêtre qui a été pendant plusieurs années responsable du Service des Vocations de Chartres. Il m’a orienté vers une religieuse de la Congrégation des Sœurs du Christ avec qui j’ai approfondi la question d’une vocation.
Comment se passe l’entrée dans la vie religieuse ?
Le discernement d’une vocation religieuse se fait en différentes étapes. J’ai tout d’abord commencé par un accompagnement personnel et par un discernement avec le Service des Vocations de Chartres qui organisait des temps forts sur le thème « Comment savoir où Dieu m’appelle ? ». Occasion de réfléchir au sens théologique et biblique de l’appel, lieu d’échanges entre jeunes et accompagnateurs mais aussi connaissance de communautés de diverses spiritualités. Cette première étape m’a permis de creuser la question du type de vocation à laquelle le Seigneur m’appelle : religieuse ? laïque ? mariée ? … Pendant ce cheminement, j’ai fait une retraite de choix de vie. Puis j’ai demandé d’entrer au postulat de la Congrégation des Sœurs du Christ. Cette étape, qui a duré 7 mois, m’a permis de découvrir une communauté tout en gardant mes différentes activités. Elle m’a aidée aussi à mieux percevoir ce qui fait le quotidien de chaque sœur. Encouragée par cette expérience, j’ai fait une nouvelle demande pour entrer au noviciat. La Congrégation l’a acceptée. J’ai donc arrêté mon métier pour deux ans pendant lesquels j’approfondis ma vie spirituelle et enracine ma future vie religieuse à la suite du Christ.
Comment vis-tu en ce moment ?
Actuellement je poursuis dans ma deuxième année de noviciat. Je reçois différents enseignements sur la vie spirituelle, la théologie des vœux, la vie religieuse dans le monde d’aujourd’hui et la congrégation dans laquelle je veux entrer. Nous nous retrouvons régulièrement avec des novices d’autres congrégations de spiritualité ignatienne pour des temps de formation et de détente. Pendant la première année, dite canonique, j’ai vécu une retraite de 30 jours selon les Exercices de saint Ignace de Loyola. Quelques semaines plus tard, je suis partie en « expériment pauvreté » (stage) pour un mois à la communauté de l’Arche de Compiègne. Cette période m’a permis de mettre en pratique ce que j’avais reçu pendant la retraite : essayer de suivre le Christ en vivant pauvre parmi les pauvres. En deuxième année, je suis partie trois mois vivre dans une communauté de ma congrégation pour expérimenter la vie apostolique des sœurs du Christ. Ces différentes expériences me permettent de mieux connaître les Sœurs du Christ avant de prononcer des vœux et d’enraciner ma vie spirituelle avant de reprendre mon métier d’infirmière et d’être envoyée par les responsables dans une nouvelle communauté.
Pourquoi avoir choisi les Sœurs du Christ ?
J’ai rencontré plusieurs congrégations religieuses et aussi des communautés nouvelles. Dans chacune j’ai aimé différents éléments de leur vie quotidienne (prière, mission…) mais jamais assez pour m’y engager. Je recherchais une congrégation ignatienne pour vivre un climat fraternel et être un signe de la féminité consacrée.
Chez les sœurs du Christ, ce qui m’a attiré, c’est la recherche de l’unité sous différentes formes : dans nos communautés catholiques, mais aussi avec les autres confessions chrétiennes. Une des références bibliques de la Congrégation me le rappelle : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu'ils soient en nous aussi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé. » (Jn 17,21)
Comment vois-tu la place de la vie religieuse dans notre société ? Qu’apporte-t-elle ?
Il me semble toujours hasardeux de définir sa place soi-même. J’ai été très aidée par ce qu’ont pu me dire des collègues et des amis qui ne sont pas forcément chrétiens, ni même croyants. Parmi les propos entendus, en voici quelques uns que je trouve intéressants : « La vie religieuse permet de maintenir, de motiver ou de participer à certaines activités solidaires » … « C’est une manière de vivre plus simplement »… « La vie religieuse est importante pour la société car elle met en valeur le positif ». En effet, les constitutions des Sœurs du Christ invitent chaque religieuse à « discerner, en toute situation, l’action du Christ ressuscité. » (C n° 11). La vie consacrée est appelée à être un signe visible de la présence de Dieu dans le monde, mais il est aussi demandé à chacun de prendre sa place dans l’Eglise. C’est ce que nous rappelle le Concile Vatican II : « A tout disciple du Christ incombe, pour sa part, la charge de répandre la foi » (Lumen Gentium ch. II § 17)
L’image de l’Eglise donnée par les médias n’est pas toujours très favorable. Du reste, quelques collègues s’interrogeaient sur certains membres de l’Eglise dont la vie n’était pas un modèle. Mais il ne faut cependant pas oublier que même si chacun n’a pas une vie parfaite, nous sommes tous appelés à la sainteté au sein d’un Corps dont la tête est le Christ lui-même.
Pour conclure, je pense que la vie religieuse est un signe d’Espérance pour notre monde actuel malgré la pauvreté numérique en Occident. A l’heure de la mondialisation, il nous faut élargir notre regard à l’ensemble de la planète pour voir que l’Eglise garde une grande vitalité spirituelle et apostolique."
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