par Benoît XVI

[…] Je voudrais parler du lien entre la Vierge et le sacerdoce.
[…] Avant de mourir, Jésus voit sa Mère au pied de la Croix; et il voit le fils bien-aimé et ce fils bien-aimé est certainement une personne, un individu très important, mais il est davantage : c'est un exemple, une préfiguration de tous les disciples bien-aimés, de toutes les personnes appelées par le Seigneur à être "le disciple qu'il aimait" et par conséquent, de façon particulière également des prêtres. Jésus dit à Marie : "Mère, voici ton fils" (Jn 19, 26). Il s'agit d'une sorte de testament : il confie sa Mère au soin du fils, du disciple. Mais il dit également au disciple : "Voici ta mère" (Jn 19, 27). L'Evangile nous dit qu'à partir de ce moment, saint Jean, le fils bien-aimé, accueillit la mère Marie "chez lui". C'est ce que dit la traduction française ; mais le texte grec est beaucoup plus profond, beaucoup plus riche. Nous pourrions le traduire de la façon suivante : il prit Marie dans l'intimité de sa vie, de son être, "eis tà ìdia", dans la profondeur de son être. Prendre avec soi Marie, signifie l'introduire dans le dynamisme de son existence tout entière - il ne s'agit pas d'une chose extérieure - et dans tout ce qui constitue l'horizon de son apostolat. Il me semble que l'on comprend donc que le rapport particulier de maternité existant entre Marie et les prêtres constitue la source primaire, le motif fondamental de la prédilection qu'elle nourrit pour chacun d'eux. Marie les aime en effet pour deux raisons : car ils sont davantage semblables à Jésus, amour suprême de son cœur et parce qu'eux aussi, comme Elle, sont engagés dans la mission de proclamer, témoigner et apporter le Christ au monde. En vertu de son identification et conformation sacramentelle à Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie, chaque prêtre peut et doit se sentir véritablement le fils bien-aimé de cette très noble et très humble Mère.
Le Concile Vatican II invite les prêtres à voir en Marie le modèle parfait de leur existence, en l'invoquant comme "Mère du Grand prêtre éternel, Reine des Apôtres, soutien des prêtres dans leur ministère". Et elle a droit - poursuit le Concile - "à la dévotion filiale des prêtres, à leur vénération et à leur amour" (cf. Presbyterorum ordinis, 18). Le saint curé d'Ars, vers lequel notre pensée se tourne de façon particulière en cette année, aimait répéter : "Jésus Christ, après nous avoir donné tout ce qu'il pouvait nous donner, veut encore faire de nous les héritiers de ce qu'il a de plus précieux, c'est-à-dire sa Sainte Mère" (B. Nodet - La pensée et l'âme du curé d'Ars). Cela vaut pour tout chrétien, pour nous tous, mais en particulier pour les prêtres.
Extraits de la Catéchèse du 12 août 2009
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Audience : Le prêtre est chargé d´enseigner… |
Catéchèse : l'efficacité de la mission dépend de la sain… |
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