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Parcours de carême

Un chemin de confiance

Je m’inscris au parcours de Carême 2012 : Parcours de Carême


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Une bonne résolution ?


« Que votre oui soit oui. » (Matthieu 5, 37)


Tenez jusqu’au bout, ce sera votre joie !

Ne prenez pas trop de bonnes résolutions ! Les bonnes résolutions sont un peu comme les feuilles d’automne, cela tombe… Tâchez de ne pas en prendre trop mais de savoir ce que vous voulez, ce qui est tout de même assez différent. Si vous savez ce que vous voulez et pourquoi vous le voulez, vous le ferez.

Plutôt que de prendre de petites bonnes résolutions, prenez en une bonne, une grande, une ambitieuse, quelque chose qui vous dépasse, quelque chose qui vous donne de vivre à fond l’aventure dans laquelle vous vous êtes engagé, de la vivre à fond dans l’appel à la sainteté ! …


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La Résurrection : point de départ de notre vie !


L’autre disciple, plus rapide que Pierre, le devança à la course et arriva le premier au tombeau. (Jean 20, 4)


Vous voici dans la joie de la Résurrection qui est le point de départ de votre vie ! C’est dans la Résurrection du Christ que vous êtes invité à comprendre votre existence, votre chemin, où vous en êtes.

Interpréter sa vie à la lumière de la Résurrection du Christ, c’est un vrai basculement. C’est comprendre l’homme à la lumière de la Résurrection du Christ, et non pas en partant de son chemin terrestre. Tout prend une autre dimension.

Ce n’est pas ce que nos yeux peuvent saisir qui dit la réalité du monde, c’est ce que notre cœur comprend à la lumière du Ressuscité. Vous êtes membres du Corps du Christ ressuscité : c’est là où est votre vie, c’est là où est votre souffle ! …


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Le Christ descend aux enfers


Des femmes venues de Galilée… regardèrent le tombeau et comment son corps avait été mis… Puis elles s’en retournèrent… et se tinrent en repos.
(Luc 23, 55-56)


Que se passe-t-il? Aujourd'hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le roi sommeille. La terre a tremblé et elle s'est apaisée, parce que Dieu s'est endormi dans la chair et il a éveillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s'est mis à trembler.

C'est le premier homme qu'il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi visiter ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort. Oui, c'est vers Adam captif, en même temps que vers Eve, captive elle aussi, que Dieu se dirige, et son Fils avec lui, pour les délivrer de leurs douleurs.

Le Seigneur s'est avancé vers eux, muni de la croix, l'arme de sa victoire. Lorsqu'il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur, s'écria vers tous les autres : « Mon Seigneur avec nous tous! » Et le Christ répondit à Adam « Et avec ton esprit. » Il le prend par la main et le relève en disant : Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera.

« C'est moi ton Dieu, qui, pour toi, suis devenu ton fils; c'est moi qui, pour toi et pour tes descendants, te parle maintenant et qui, par ma puissance, ordonne à ceux qui sont dans tes chaînes : Sortez. A ceux qui sont endormis : Relevez-vous.

« Je te l'ordonne: Eveille-toi, ô toi qui dors, je ne t'ai pas créé pour que tu demeures captif du séjour des morts. Relève-toi d'entre les morts: moi, je suis la vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains ; lève-toi, mon semblable, qui as été créé à mon image. Eveille-toi, sortons d'ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible.

« C'est pour toi que moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils; c'est pour toi que moi, le Maitre, j'ai pris ta forme d'esclave; c'est pour toi que moi, qui domine les cieux, je suis venu sur la terre, et au-dessous de la terre; c'est pour toi, l'homme, que je suis devenu comme un homme abandonné, libre entre les morts ; c'est pour toi, qui es sorti du jardin, que j'ai été livré aux juifs dans un jardin et que j'ai été crucifié dans un jardin.

Vois les crachats sur mon visage ; c'est pour toi que je les ai subis afin de te ramener à ton premier souffle de vie. Vois les soufflets sur mes joues : je les ai subis pour rétablir ta forme défigurée afin de la restaurer à mon image.

« Vois la flagellation sur mon dos, que j'ai subie pour éloigner le fardeau de tes péchés qui pesait sur ton dos. Vois mes mains solidement clouées au bois, à cause de toi qui as péché en tendant la main vers le bois.

« Je me suis endormi sur la croix, et la lance a pénétré dans mon côté, à cause de toi qui t'es endormi dans le paradis et, de ton côté, tu as donné naissance à Eve. Mon côté a guéri la douleur de ton côté ; mon sommeil va te tirer du sommeil des enfers. Ma lance a arrêté la lance qui se tournait vers toi.

« Lève-toi, partons d’ici. L'ennemi t'a fait sortir de la terre du paradis ; moi je ne t'installerai plus dans le paradis, mais sur un trône céleste. Je t'ai écarté de l'arbre symbolique de la vie ; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu'un avec toi. J'ai posté les chérubins pour qu'ils te gardent comme un serviteur ; je fais maintenant que les chérubins t'adorent comme un Dieu.

« Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité. »

Cette homélie attribuée à ÉPIPHANE DE SALAMINE (Ve siècle) constitue la seconde lecture de l’Office des Lectures du Samedi-Saint (cf. La Liturgie des Heures, Tome II : Carême – Temps pascal, Cerf – Desclée – Desclée De Brouwer– Mame, pp. 373-375).


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La Sainte Face du Christ


Or ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé. (Is 53, 4)


Voir le visage du Christ, la Sainte Face du Christ dans le visage de l’homme qui a perdu sa dignité. L’homme qui l’a perdue est multiple : ce sont tous ces hommes qui, prisonniers de problèmes psychiques, de problèmes humains, d’addictions, de maladies diverses, finalement ne nous montrent pas leur dignité dans ce qu’ils montrent d’eux-mêmes dans la société ou dans la rue.

Vous êtes là devant la question de la Sainte Face du Christ. Vous êtes devant la question du voile de Véronique parce que vous êtes devant la question du visage de l’homme bafoué, humilié. Réussir à voir combien se superpose d’une façon étonnante sur tant d’images de frères et de sœurs sur notre terre, dans le monde, à Paris, dans notre ville… cette image de la Sainte Face qui se projette et se dessine sur tant d’hommes et de femmes et sur tant de mystères cachés de l’existence humaine.

Mais c’est cela qui nous permet d’aimer : c’est que nous aussi, nous sommes le visage de la Sainte Face : « c’est par ses blessures que nous trouvons la guérison » (Is 53, 5). Nos blessures, guéries par la passion du Christ, deviennent les portes d’entrée qui nous donnent d’aimer, de compatir, de comprendre l’autre. Dans ses blessures, nos blessures trouvent la guérison, nos fautes trouvent la guérison parce qu’il nous aime « jusqu’à l’extrême ». (Jn 13, 1) …


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Le reniement de Pierre


« A l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. » (Luc 22, 60-61)


Le reniement de Pierre. « Et aussitôt un coq chanta ». Pourquoi cette mention du coq qui chante est-elle importante ? Souvent, on interprète cela comme un réveille-matin, en se disant : « Cela lui rappelle qu’il vient de renier le Christ. »

Or, la prière que le Juif fait à l’heure où le coq chante, c’est la prière d’un nouveau jour qui est en train de se lever. C’est l’espérance qui commence à poindre, dans la nuit qui est en train de tomber. Dans le Christ qui va vers la mort, c’est déjà l’aurore du jour nouveau.

Cette aurore du jour nouveau est marquée par le regard du Christ qui se pose sur Pierre et qui pleure amèrement. C’est le regard de miséricorde infinie. Pierre voit la miséricorde, il voit le pardon infini au moment même où il renie. Cela nous est dit dans ce chant du coq qui est l’aurore du jour nouveau qui se lève. Ce n’est pas pour enfermer saint Pierre dans la nuit d’une culpabilité, ce n’est pas pour qu’on puisse dire : « il a renié, lui ! » Non. Il a vu la miséricorde et le pardon, il a déjà vu poindre le jour nouveau. …


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Se donner dans la liberté de l’amour


Ma vie, nul ne la prend. C’est moi qui la donne. (Jean 10, 18)


Quand vous regardez le Christ sur la Croix et ceux qui sont au pied de la Croix, vous vous êtes peut-être demandé : qui est pleinement libre ? Le Christ cloué sur la Croix ? Les hommes et les femmes au pied de la Croix criant : « à mort » ? Où est la liberté ?

Il faut comprendre pourquoi nous avons raison de dire que c’est le Christ en Croix qui est pleinement libre. Il est pleinement libre parce que c’est lui qui aime totalement. Lorsque Jésus dit : « Ma vie, nul de la prend, c’est moi qui la donne » (Jn 10, 18) ; lorsqu’au soir du Jeudi Saint, il nous donne son Corps et son Sang, cela veut dire qu’il s’est donné totalement par amour, sans rien garder pour lui. L’amour c’est se donner totalement. L’homme ne trouve sa liberté qu’en se donnant dans la gratuité d’un don qui ne se reprend pas.

La liberté est, non pas de s’appartenir, mais de se donner ; non pas de ramener à soi mais de s’offrir. « Que notre vie devienne une éternelle offrande à ta gloire » (Prière eucharistique n°3). Ce mouvement d’offrande nous apprend à devenir nous-mêmes en en répondant à un don d’amour. La liberté est justement cette réponse libre à un amour qui nous précède. …


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Le corps est le langage de l’amour


Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. (Matthieu 17, 2)


Le corps est le langage de l’amour. C’est ce qui vous permet de dire à quelqu’un que vous l’aimez, là où les mots ne suffiront jamais à lui dire. C’est ce qui vous permet de donner le langage infini à l’amour, là où les mots seraient trop finis pour dire la grandeur de ce que vous portez dans votre cœur. C’est ce qui vous permet de dire dans un geste, dans un sourire, dans une présence, dans un silence, le parfum de l’amour de Dieu.

Le corps est le langage de l’amour, là où l’amour n’a plus de mots pour se dire. C’est pourquoi votre corps est grand, il est beau, il est sacré. Il n’y a pas de corps qui ne soit pas beau. Il n’y a pas de corps qui ne soit pas sacré, il n’y a pas de corps qui ne vaille la peine d’être porté par une âme. Voilà la beauté même de ce qu’est l’homme, corps, esprit et âme.

Votre corps est appelé à la Résurrection. Dans l’Assomption, il y a cette montée de la Vierge Marie avec son corps parce que nous sommes sauvés avec notre corps. C’est essentiel parce que nous sommes un et nous sommes aimés. Or nous ne sommes pas aimés comme de purs esprits, nous sommes aimés dans l’unité de notre personne. Aucun d’entre nous n’est ce qu’il est indépendamment de son corps. Nous en avons besoin pour dire à quelqu’un : « je t’aime ». Nous en avons besoin pour pouvoir nous reconnaître, nous aimer, pour croiser des visages et que ces visages nous donnent d’être projetés dans la transcendance et la beauté de Dieu que chaque visage reflète. …


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Vers le grand oui de notre vie…


Le Christ Jésus n'a pas été à la fois oui et non : il n'a jamais été que oui. (2 Co 1, 19)


Comment dire ce don total ? Quand vous vous rendez à une ordination diaconale ou sacerdotale, vous voyez des hommes qui disent oui pour toute leur vie. D’accord, ils disent oui pour toute leur vie… D’accord, j’ai dit oui pour toute ma vie… Mais ce sont d’abord des milliers et des millions de petits oui qui me conduisent à ce oui solennel de l’ordination. Parce que des millions de fois, j’ai dit oui à Dieu au long de mon chemin. Ce oui pour toute ma vie est l’expression de ce oui quotidien, de chaque heure, de chaque minute, de chaque moment où l’on essaie de se donner, de dire tout avec amour.

Parfois, ce qui semble immense comme décision, pour certains qui vous regardent de l’extérieur, vous semble naturel pour vous parce que c’est l’expression de votre cœur, c’est l’expression de votre désir, c’est l’expression de ce que vous êtes ! Effectivement, il arrive parfois – et cela peut empêcher de répondre – qu’on se fasse un tel cinéma du « oui pour toute sa vie » qu’on ne comprenne pas qu’en réalité, on l’a dit au quotidien.

Ce qu’il faut voir, c’est la simplicité d’un amour qui nous guide et comment il nous conduit jour après jour. Ce que nous apprenons au quotidien de notre vie, c’est l’obéissance à l’amour et à essayer de le vivre. Voilà notre vie de foi, notre réponse à l’appel à la sainteté : ce n’est rien moins que de tout donner ! Non pas de tout donner dans une image virtuelle de nous-mêmes mais de se donner soi-même, totalement, dans l’amour. …


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Osez dire oui à Dieu !


Marie dit à l’ange : « Voici la servante du Seigneur : qu’il me soit fait selon ta parole ! » (Luc 1, 38)


Je pense que nous avons tous à découvrir comment Dieu nous protège, nous soutient. Dieu dirige notre vie à la mesure de nos « oui ». Il faut oser dire oui à Dieu !

Ne pensez pas pour certains que vous êtes trop vieux pour dire oui à Dieu. Dire oui à Dieu, c’est jusqu’au dernier souffle ! Parfois, on ne sait pas ce qu’il nous demande et l’on ne sait donc pas à quoi il faut dire oui… Dites oui, vous verrez après, c’est plus simple ! Si vous voulez savoir à quoi vous êtes en train de dire oui, vous ne pourrez jamais le dire. Car l’amour se dévoile toujours une fois que l’on a donné sa confiance et qu’on s’est abandonné à lui.

Vous avez le désir de vivre une vie de religieuse ? Osez dire oui ! Avec discernement, en vous faisant conseiller, en ayant un bon accompagnateur spirituel mais osez dire ce oui à Dieu. Vous avez le désir d’être prêtre ? Dites oui à Dieu pour pouvoir vivre ce service de la joie !

A chaque moment de votre vie, vous qui êtes parents, dites oui à vos enfants. Non pas pour ce qu’ils vous demandent de faire mais dites oui à la volonté d’amour de Dieu sur vos enfants. Aidez-les à comprendre où est le chemin de l’amour, sans forcément vous saisir de leurs vies pour leur imposer une vie qui correspond à ce que vous imaginez pour eux ou à ce que vous auriez rêvé faire, mais dites oui à ce que Dieu veut construire avec eux dans cette alliance extraordinaire. …


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« Gardez la mémoire du bonheur »


Ne va pas oublier ces choses que tes yeux ont vues, ni les laisser sortir de ton cœur, en aucun jour de ta vie. (Dt 3, 9)


Gardez la mémoire du bien dans votre vie : la mémoire de ce que vous avez fait de bien et du bien dont vous avez bénéficié. Transformez votre mémoire en une mémoire d’action de grâce !

Il est trop facile d’avoir la mémoire de ses échecs, de ce qui nous a blessé. C’est beaucoup plus difficile d’avoir celle du bonheur. Or, pour avancer dans sa liberté, il faut avoir cette mémoire du bonheur.

Une mémoire, cela s’éduque. Peut-être n’avez-vous pas encore éduqué toute la vôtre. Eduquer une mémoire dans la prière, c’est garder la mémoire des bonnes choses, la mémoire de l’action de Dieu dans notre vie. N’oubliez pas ce que Dieu fait pour vous ! N’oubliez pas la lumière que le Seigneur met dans votre cœur ! C’est cette mémoire de ce que Dieu dit, fait, réalise en vous et dans le monde qui va vous donner de pouvoir choisir et aimer le bien toute votre vie.

Dans ce regard sur vous-même, je ne vous demande pas d’aller voir toutes les ténèbres, toutes les nuits de votre vie. Je vous demande au contraire de voir la lumière et le soleil de votre vie, et que ce soit la lumière de Dieu qui vienne éclairer votre vie. …


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Assumer son passé dans le pardon


Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. »
(Marc 10, 52)


Qu’est-ce que Dieu veut faire dans le sacrement de la réconciliation ? Que veut-il faire dans son pardon ? Il veut sauver l’homme, il veut le restaurer, lui rendre sa dignité et sa beauté.

Pour cela, il faut que nous puissions dire : « Parce que tu m’aimes d’un amour infini et que je sais que je suis aimé, je peux dire que j’ai fait ce mal. Je l’assume et le mets à distance de moi parce que je sais que tu m’aimes, que tu me pardonnes, que ce pardon va m’en libérer et me donner de pouvoir être restauré dans mon humanité ».

Le drame de la culpabilisation et du remords, qui est si terrible et qui peut empêcher quelqu’un de vivre pendant de nombreuses années, et l’empêcher d’être heureux, c’est qu’on peut tenir son péché, l’identifier à soi et ne jamais oser le dire. Pourquoi est-ce au dernier souffle de sa vie, quand quelqu’un va mourir, qu’il ose avouer, pour oser être pardonné ? Le moment où il a pu se réconcilier, où il a pu dire son amour à telle ou telle personne, c’est le moment où il ose faire l’offrande de sa vie au Père dans la mort.

Lorsque je me confesse, il y a la partie de l’aveu où l’on dit : « Ce mal, je l’ai fait. » « Ton amour me révèle que ceci était mal et que je l’ai fait. Ton amour qui pardonne me donne de pouvoir l’assumer et le dire. Non pas de l’assumer comme une destruction de moi-même mais comme une offrande que je te fais, Seigneur, de cet acte, pour que ton amour me reconstruise et me restaure. »

C’est cela, la foi ! C’est simple ! C’est simplement cela : savoir que l’amour donne d’assumer et de ne pas s’identifier. Le pardon, ce n’est pas mentir sur quelque chose en disant : « Ce mal n’a pas existé. » Ce n’est pas non plus comme l’image de l’ardoise qu’on efface. Ce n’est pas faire que la mémoire doit être oubliée. Mais la mémoire peut assumer son histoire parce qu’elle l’assume dans le pardon et non pas dans la vengeance ou dans la culpabilité. Un avenir peut être alors redonné. Seul le pardon donne à l’homme de pouvoir assumer ses actes. …


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Recevoir le pardon :
la chance des catholiques !


« Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. » (Jean 20, 23)


Comment se fait-il que nous puissions recevoir le pardon ? C’est une chance étonnante des catholiques ! La chance de pouvoir entendre cette phrase : « Et moi, par le ministère que j’ai reçu dans l’Eglise, je te pardonne. »

Voilà que Dieu me dit : « Je te pardonne, je te redonne l’avenir, je te redonne la paix, je te redonne la vie, l’intégrité de ton être, et je te rends à ta virginité originelle d’enfant de Dieu sauvé. »

Ce qui n’appartenait qu’à Dieu, ce qui est même l’identité de Dieu dans son amour qui va jusqu’au pardon et que le Christ nous a prouvé en nous donnant sa vie sur la Croix jusqu’à ce que le Père le ressuscite pour nous montrer sa victoire, cela nous est remis, donné dans ce moment étonnant du sacrement de la réconciliation. Ce qui n’appartient qu’à Dieu a été remis à l’Eglise pour que l’homme puisse vivre de cette joie et de ce bonheur.

C’est justement d’avoir la chance que Dieu vous dise, par le « je » prononcé par le prêtre, le « je » qu’il veut vous dire à vous dans son amour infini pour que vous puissiez entendre, par le « je » que dit le prêtre, le « je » que Dieu veut vous dire en te disant, en vous disant : « Je te pardonne », « je vous pardonne tous vos péchés ».

Le fruit du sacrement, c’est la liberté – car on n’est vraiment libre que lorsqu’on aime –, être dans l’amour au milieu de cette vie qui nous transforme. …


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La vraie joie : un don de Dieu


Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. (Jean 15, 11)


La joie, cela se travaille ! C’est comme l’amour : ce n’est pas inné. Je pense que trop souvent, dans notre société d’aujourd’hui, on pense que l’amour est inné. Alors, au lieu de cultiver le champ du cœur intérieur des générations à venir ou de sa propre génération, on laisse la plante de l’amour pousser d’une manière un peu sauvage. On n’en dit ni le chemin ni l’expression et ainsi on ne permet pas d’en connaître la vraie joie.

Quand on ne connaît pas la vraie joie de l’amour, on recherche une joie créée : on crée sa propre joie, mais ce sont des joies amères. Les joies créées par l’homme sont parfois des joies bien artificielles ; elles sont souvent des esclavages. J’en vois de toutes sortes : l’éclatement affectif, l’alcool ou certaines drogues qui permettent de ne pas penser, de ne pas rêver… Tout cela, ce sont des joies artificielles qu’on se force à avoir.

La vraie joie est incréée. Il faut donc percevoir ce qu’est cette joie incréée dans une humanité : c’est un don de Dieu. J’espère que cette joie-là, vous la connaîtrez davantage que telle que vous la connaissez aujourd’hui, parce qu’elle sera pour vous quelque chose d’essentiel pour continuer à avancer. …


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Un basculement dans la prière : la Parole de Dieu


Quand je rencontrais tes paroles, Seigneur, je les dévorais. Elles faisaient ma joie, les délices de mon cœur… (Jérémie 15, 16)


Il est évident qu’on ne va pas faire oraison (On appelle oraison la prière silencieuse du cœur) les mains dans les poches : il faut avoir sa Bible. Ne pensez pas que vous êtes immédiatement branché sur le réseau du Bon Dieu dès que vous vous mettrez à genoux et mettrez une bougie devant vous ! Le branchement Wifi avec le Seigneur n’est pas forcément immédiat. Le numéro de code ou la clef, c’est plutôt la Bible. Gardez cela en mémoire pour toute votre vie : on fait oraison avec la Parole de Dieu.

Je ne suis pas certain que le fait de se dire : « je fais oraison, je fais le vide, je ne pense plus à rien et Dieu va venir… » soit le meilleur démarrage et la meilleure action dans la vie de prière. Il y a certainement quelque chose qui nécessite que la mise en relation avec Dieu puisse passer avec ce que Dieu nous dit. Une oraison qui n’est pas nourrie par la Parole de Dieu, cela peut aussi nous fragiliser. Nous avons besoin d’avoir cette nourriture, d’avoir un vis-à-vis, une altérité avec Dieu. La lecture, la manière d’entrer dans la Parole de Dieu est quelque chose d’essentiel pour cela.

Certains passages vous passionneront comme une série américaine, d’autres passages vous ennuieront comme le Dalloz ou le code de droit civil, d’autres encore vous emmèneront dans un doux poème… Il y aura aussi des passages où vous direz : « je connais déjà par cœur ». Mais surtout, viendra un moment dans cette lecture où il y aura une bascule : ce ne sera plus la Parole qui sera l’objet de votre lecture, ce sera la Parole qui deviendra le sujet de votre vie.


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Quelques conseils pour prier…


Le matin, bien avant l’aube, Jésus se leva, sortit et s’en alla dans un lieu désert, et là il priait. (Marc 1, 35)


Marquez toujours le début de votre prière et la fin de votre prière. Il faut savoir quand on commence, quand on s’arrête et ne pas simplement se dire : « moi, je prie tout le temps ! » C’est bien ce que saint Paul demande (1 Th 5, 17) mais en même temps, pour « prier sans cesse », il faut prier à des moments particuliers.

Ne vous mettez pas dans une position impossible pour prier, dans laquelle vous aurez des fourmis dans les jambes au bout d’un quart d’heure ! Prenez une position stable, tranquille, dans laquelle vous serez bien pour prier… suffisamment ferme pour éviter que l’endormissement ne soit l’activité essentielle de l’oraison (On appelle oraison la prière silencieuse du cœur).

Nous sommes des êtres humains ce qui signifie que nous avons de l’imagination. Il est important dans un temps de prière de pouvoir occuper son imagination car nous sommes aussi des êtres du visuel. De ce fait, quand vous ferez oraison (dans votre chambre ou ailleurs), mettez un objet ou une image qui puisse rappeler à votre regard que vous êtes en prière, de telle sorte que votre imagination ne domine pas. Ce n’est pas toujours Dieu qui vous donne les idées imaginaires qui arrivent pendant un temps d’oraison… Ayez donc le souci d’occuper votre imaginaire.

Ne jugez pas non plus votre prière. Ne vous dites pas : « j’ai bien prié » ou « j’ai mal prié ». Certains grands saints ont vécu dix ans de combat spirituel à l’intérieur de leur prière, de leur vie spirituelle etc. C’est de cette manière-là que Dieu les travaillait ! Ils n’en ont pas moins été de grands saints !


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Résister à la tentation : l’humilité de la prudence


Tiens compte des circonstances et garde-toi du mal. (Siracide 4, 20)


Résister à la tentation, c’est aussi avoir l’humilité de la prudence : la prudence dans sa manière de vivre, la prudence dans ses choix de vie. Cela suppose de bien se connaître pour avoir un discernement dans son action.

Si vous allez voir quelqu’un en sachant pertinemment que vous serez désagréable avec lui, il vaut mieux ne pas y aller ! Cela vous évitera au moins un péché et à lui, cela lui fera gagner du temps et peut-être de la sainteté. Il faut être réaliste, c'est-à-dire ne pas se mettre en situation de pécher. Il faut toujours se mettre en situation de sainteté.

On n’a pas besoin de se provoquer à toutes les tentations qu’on n’a pas eues, qu’on pourrait avoir et que finalement on va tester pour voir si on y résiste. Il faut donc avoir une vraie prudence. C’est une question de discernement. Si on sait qu’on est en train de décoller, il vaut mieux aller prendre des vacances en se disant : « Là, il faut que je me repose, il faut que je sorte de la situation ».

Se détourner d’une tentation et de la fascination d’une tentation pour regarder le Christ, vous voyez que cela demande à la fois de l’humilité, de l’intelligence et du discernement. Cette manière de regarder le Christ se réalise aussi bien dans la fuite, que dans le fait de ne pas se mettre dans une situation impossible, de connaître ses faiblesses et ses fragilités, d’être prudent, de connaître ses fatigues et son psychisme pour savoir prendre du recul au moment où il faut. Il faut acquérir cette connaissance pour apprendre à gouverner sa vie et résister à la tentation. …


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La tentation : le piège de la fascination


Nous courrons avec endurance l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus. (Hébreux 12, 1-2)


Voyez un papillon dans la nuit devant la flamme d’une bougie : il est tellement fasciné par la flamme qu’il finit par s’y brûler. Il en va de même pour la tentation. Si, devant votre tentation, vous êtes semblable à un papillon devant sa flamme, en vous disant : « Je résiste, je résiste, je résiste… », vous finirez par succomber.

Comprenez le mécanisme. Le mécanisme, c’est votre bonne volonté et c’est la fascination du mal. Si vous faites une alchimie en mettant dans le même tube à essai quelques gouttes de votre bonne volonté et quelques gouttes de la fascination du mal, vous ferez un mélange explosif ! On ne résiste pas à une tentation en regardant une tentation, parce qu’à ce moment-là on le fait par soi-même et on méconnaît ce qui est en nous le mécanisme de fascination. C’est de l’orgueil. C’est souvent aussi parce qu’on ne vous a jamais donné les attitudes spirituelles ordinaires de la Tradition de l’Eglise pour résister aux tentations. Vous trouverez un bon paragraphe dans le livre Je veux voir Dieu* du Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (o.c.d.), où il reprend l’enseignement de sainte Thérèse d’Avila et de saint Jean de la Croix.

D’abord, pour résister à une tentation, il faut détourner son regard de la tentation pour regarder le Christ. Par exemple, sainte Thérèse de Lisieux, quand elle était tentée ou exaspérée par telle ou telle chose et qu’elle sentait qu’elle allait commettre un péché, que faisait-elle à ce moment-là ? Elle prenait la fuite ! Il vaut mieux parfois avoir l’humilité de la fuite que l’orgueil de la résistance. N’oubliez jamais que vous êtes des hommes. Vous n’êtes pas Dieu. Cela fait du bien de temps en temps de se le rappeler... A ce moment-là, fuir peut être de l’humilité. C’est aussi ne pas se mettre en situation impossible.

* Je veux voir Dieu, Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, Editions du Carmel, Chapitre VII, pages 111-115 :
« Le voyageur qui traverse le désert infesté de brigands ne cherche pas à les rencontrer, même s’il est sûr de les vaincre ; il n’est préoccupé que d’atteindre le but de son voyage. Ainsi, l’âme en route vers son Dieu ne cherche pas les démons qui pourraient sinon l’arrêter, du moins la retarder dans sa marche en lui causant quelques dommages, mais elle les fuit volontiers. Excellente tactique que celle de la fuite, qui met à l’abri des atteintes, des coups et des ruses des démons. On la réalise en se portant par la foi et l’humilité dans les régions surnaturelles où il ne saurait parvenir lui-même… etc. »


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La confiance : une puissance d’accomplissement


Dirige ton chemin vers le Seigneur, fais-lui confiance et lui, il agira. (Ps 36, 5)


Sans cesse, dans l’Evangile, le Christ nous dit : « N’ayez pas peur ! »

L’expérience de la peur est une expérience très concrète dans notre histoire. Pour ceux qui ont peur, il est important de percevoir que la peur est vraiment destructrice. Le premier critère que Dieu nous donne des conséquences du péché, de la fermeture sur nous-mêmes, de quelque chose qui a cassé le lien entre Dieu et nous, est celui de la peur.

La peur est ce qui va détruire la confiance. Ce qui est détruit dans ce récit du péché originel (Gn 3), c’est la confiance entre Dieu et l’homme et l’homme et Dieu. Cette destruction de la confiance est quelque chose de dramatique. Pour avancer, j’ai besoin de faire confiance à Dieu. J’ai besoin de m’appuyer sur lui parce que je sais que j’ai confiance dans le chemin sur lequel il me conduit et il m’éclaire.

Pour avoir confiance en Dieu, sachez le remercier pour le chemin sur lequel il vous a conduit au long des années. Vous pouvez, en lisant cette histoire qui est la vôtre, voir comment la confiance en Dieu est vraiment source d’avancée, de dépassement, d’accomplissement. Appuyez-vous sur cette confiance, comme une puissance d’accomplissement ! …


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La tentation : le pour-soi ou la confiance en Dieu ?


Ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. (Matthieu 4, 4)


La tentation qui est faite au Christ (Mt 4, 3), c’est de faire un miracle pour lui-même et non pas de s’en remettre au Père. Nous sommes devant la question du « pour-soi » ou « pour-les-autres ».

Ma confiance en Dieu le Père est-elle si grande que je m’en remets à lui pour ma vie et mon bonheur ? Ou bien vais-je m’en remettre un peu à lui, mais surtout vais-je mettre les bases et les sécurités pour être certain de faire les choses pour moi et que cela ira ?

Voyez le lieu de la tentation : c’est la confiance au Père. Toujours dans cet esprit-là, vous pouvez dans votre prière essayer de vous souvenir des moments où Dieu le Père a été vraiment provident pour vous, où vous avez perçu ce que signifie s’en remettre à Dieu.

Cette tentation du « pour-soi » et non pas de s’en remettre à Dieu. C’est un vrai combat parce que c’est celui où je me laisse aimer ou pas. Est-ce que je me laisse vraiment aimer par le Christ ? Si je sais bien « intellectuellement » qu’il m’aime, est-ce que pour autant dans ma vie, dans mon cœur, dans mon humanité, dans ce que je suis, j’accepte de me laisser aimer tel que je suis, avec tout ce que je suis ? Est-ce que j’accepte le Dieu Provident sur ma vie ? Quelles sont les sécurités sur lesquelles finalement je n’accepte pas de lâcher ? …


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Le cœur comblé : un dû ou un don ?


Le tentateur dit à Jésus : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à ces pierres de devenir des pains. » ( Matthieu 4, 3)


Ce que nous désirons le plus, c’est que notre cœur soit comblé. La personne humaine est créée pour avoir un cœur comblé, et non un cœur souffrant du manque. Mais pour que son cœur soit comblé, l’homme est capable de bien des choses : du meilleur et du pire.

Comment vas-tu combler ton cœur ? En te précipitant sur tout ce qui semblera te combler, ou en te remettant à l’autre ?

Le cœur comblé est un don et non un dû. Si devant les manques, les désirs de notre cœur, nous cherchons comme un dû à avoir un cœur comblé, nous risquons de nous perdre dans des illusions.

Bien des illusions de notre monde ne sont que l’expression de ce cœur qui n’est pas comblé et que l’homme cherche à combler parce qu’il ne connaît pas Dieu, qu’il ne connaît pas l’amour, ou qu’il n’ose plus croire en l’amour parce que le sien a été trahi ou qu’il a trahi le sien. L’homme cherche alors à avoir un cœur comblé dans l’illusion et dans l’esclavage du plaisir. On sait qu’un plaisir ouvre à un désir plus grand et que finalement, il est un esclavage comme une chaîne sans fin. Il le cherche aussi parfois dans des fuites d’addiction.

Tous ces comportements ne sont que l’expression d’un manque, d’une attente de Dieu, d’une attente d’être comblé. Quand nous contemplons le Christ dans l’adoration, nous savons alors qu’il vient pour combler cette attente de l’homme, pour guérir l’homme, pour que son cœur soit comblé. …


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« Vous avez en vous quelque chose de Dieu »


Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant. (Genèse 2, 7)


Vous avez en vous quelque chose de Dieu. Comment voulez-vous prier si vous n’avez rien de Dieu ? Quand vous priez, qui prie ? N’est-ce pas ce qui est à Dieu en vous, ce souffle de Dieu en vous qui traverse votre humanité jusqu’à rejoindre le Père ? C’est Dieu qui, en vous, prie le Père.

Nous sommes créatures, il est Créateur. Mais la créature peut se découvrir fils et s’élancer dans les bras du Père. Ce que Dieu a mis en nous de lui-même nous fait reconnaître notre Dieu comme Père et fait que nous nous reconnaissons comme fils.

Alors, le Seigneur Dieu modela l’homme, il insuffla. Il souffla en l’homme sa ruah, son souffle de vie. Cette perception que vous avez déjà de votre souffle, de votre respiration, c’est la respiration de Dieu en vous, c’est la respiration de son amour, celle de sa vie. C’est le Seigneur qui a soufflé en nous ce qui n’appartient qu’à lui.

Dans la prière, nous sommes parfois dans l’allégresse, parfois dans la sécheresse, dans la distraction, voire dans la fuite… Tout existe dans notre manière d’être engagé dans la prière, mais toujours avec l’amour de Dieu qui ne nous quittera jamais, cette traversée de notre humanité par la relation d’amour de Dieu. …


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Votre histoire
a un commencement


Dieu dit : « faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance… » Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon. (Genèse 1, 26-31)


Votre histoire a un début, votre histoire personnelle a un « au commencement » car au commencement, vous existez dans un dessein d’amour, dans l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint. Dieu dit : « que vous soyez », vous. Et Dieu donna à vos parents de pouvoir vous concevoir et de créer la vie.

Vous venez tous, dans votre histoire, d’une volonté d’amour sur laquelle vous n’aurez aucun doute et qui fonde votre existence d’une façon fantastique ! Rien, hormis cet amour, n’a de fondement dans votre existence. C’est là le roc sur lequel vous pouvez vous appuyer.

Voilà que le Fils et l’Esprit, les deux « mains » du Père, vous ont façonné comme un potier façonne l’argile.

Percevoir au travers des événements de votre existence, quels qu’ils soient, comme ces événements vous ont façonné, comme le Seigneur est un potier qui façonne le vase d’argile que nous sommes. Voir comment, au travers du bien, du mal, des douleurs, des tristesses, des joies, de vos angoisses etc., il y a quelque chose de grand que le Seigneur a façonné jour après jour : c’est comprendre votre vie comme une vie où le Seigneur est le potier et où vous êtes la terre qu’il façonne. …


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Avec le Mercredi des Cendres s'ouvre le temps du Carême : c'est le temps « favorable », le temps du Salut où Dieu lui-même vient rechercher l'homme perdu pour le faire entrer, par la Passion et la Résurrection du Christ, dans la vie éternelle ! Dans ce chemin vers la joie et la lumière de Pâques, la première étape est peut-être pour nous d'apprendre à entrer dans le temps de Dieu...

Entrez dans le temps de Dieu…


Or c’est maintenant le temps favorable, c’est maintenant le jour du salut.
(2 Corinthiens 6, 2)


Entrez dans le temps de Dieu.

Il arrive que le temps que Dieu nous a donné pour apprendre à aimer, pour que nous apprenions à vivre à son rythme, devienne une folle course poursuite… que devant le nombre de préoccupations, de demandes, nous voulions tout faire.

Qui agit dans notre vie ? Qui agit dans le monde ? Est-ce nous qui allons tout changer ? Est-ce sur nous que repose l’histoire et le salut du monde ? Dieu est le premier agissant, et c’est en lui que notre action trouve sa réalité et son sens.

Ce qui est réel dans la vie, ce qui est agissant, ce qui porte du fruit, c’est l’amour qui se donne et non l’action qui parfois devient sans amour. Ce qui est éternel, solide, et donne naissance au Royaume, c’est le temps de Dieu, c’est le temps de l’amour qui se donne. Ce qui est sans amour est sans avenir. L’action ne prend son sens que dans l’amour qu’elle porte.

Rappelez-vous sainte Thérèse de Lisieux : chaque action qu’elle a faite était emplie de l’amour de Dieu. Le temps donné dans cet amour est un temps éternel. …


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