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Grégoire Froissart : il faut remercier Dieu car il est bon

 

"Quoi qu’il arrive, et où qu’il nous attire, il faut remercier Dieu car il est bon".

Grégoire Froissart 2 min 53
Interview à l'approche de son ordination

La vie de Grégoire Froissart est une suite de rencontres, à l’image d’un chemin balisé. L’exemple de sa tante, moniale chez les soeurs de Bethléem à laquelle il rend visite, enfant, et son engagement radical proche des chartreux. La paix intérieure de ce " Focolarino", laïc consacré de 35 ans atteint d’une leucémie, que Grégoire rencontre, adolescent, quelques mois avant sa mort. " La parole d’autorité" portée par Mgr Lustiger, qu’il découvre à son arrivée à Paris. "Il croyait ce qu’il prêchait…"

Second d’une fratrie orléanaise de quatre garçons, Grégoire est un passionné et c’est sans doute cette quête d’absolu qui l’amené là où il est, au seuil d’un engagement décisif, radical pour le Seigneur. Dans sa famille, l’annonce de son choix d’entrer au séminaire est plutôt inattendue. "Mes parents ont été étonnés, se souvient-il, mais ils en sont revenus." Sa passion pour la musique, puis la politique, ses études qui l’enthousiasment, ne laissent guère présager une " carrière professionnelle" si atypique… "L’annonce a été un peu abrupte, reconnaît-il, mais il me fallait un temps durant lequel le regard des autres me laisse libre, comme si tout était possible, même si je savais très bien où j’allais…"

Prépa littéraire, Ecole Normale de Cachan, Sciences Po, DEA d’économie…Grégoire enchaîne les études en sciences humaines quand la tradition familiale est plutôt aux sciences "dures". Et s’il confesse qu’en rentrant au séminaire, il a eu "beaucoup de mal à reprendre les études", il a progressivement constaté que l’objet d’étude qu’il poursuivait était enfin susceptible d’assouvir sa soif d’absolu  : "Dieu qui nous sauve." Tant et si bien qu’après le baccalauréat de théologie, à la demande de son évêque, il prolonge ses études de deux ans, à Bruxelles.

Tout intellectuel qu’il est, Grégoire est bien conscient qu’on ne s’engage pas dans un choix de vie aussi radical pour une abstraction. "En traversant le jardin du Luxembourg pour présenter ma demande d’entrée à la Maison St-Augustin, se souvient-il comme si c’était hier, chaque pas me coûtait, chaque pas était un nouvel acte concret que je posais." Non, décidément, Grégoire sait bien qu’il s’unit à une réalité très charnelle qu’est l’Eglise.

Propos recueillis par G.D, avec l'aimable autorisation de Paris Notre Dame - Pour vous abonner à Paris Notre Dame

 

Retrouvez toute la galerie photos de la cérémonie de son ordination sacerdotale

 

REPÈRES

Naissance : 22 octobre 1979, à Rouen.

Ordination diaconale : le 20 septembre 2009 à l’église ND d’Auteuil.

Phrase d'ordination : "Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent" (Jn 10,14).

Ordination sacerdotale : le 26 juin 2010 à Notre-Dame de Paris.

Première messe : dimanche 27 juin, à 11h, à l’Immaculée Conception (12e).



Ci-dessous, un témoignage de Grégoire Froissart recueilli par Paris Notre-Dame quelques jours auparavant

J’ai rencontré le Christ, petit, lors de mes visites au monastère des sœurs de Bethléem, où l'une de mes tantes était moniale. C'est là que j’ai appris le goût des choses de Dieu. Mais ce n’est que plus tard, étudiant, que j’ai acquis la certitude que ma voie était d’être prêtre.

Grégoire Froissart
© P.N.D.
J’ai toujours voulu donner du sens à ma vie, en particulier choisir un métier qui en ait vis-à-vis de moi-même et des autres. Adolescent, je me suis passionné pour la musique dans laquelle je trouvais un absolu qui m’attirait beaucoup. J’ai hésité à consacrer ma vie au piano… Puis, ce fut l’idée de travailler dans le domaine de la politique, le service des autres. J'ai étudié l'économie, la sociologie et les sciences politiques en vue des concours administratifs. J'ai fait des stages qui m'ont enthousiasmé.

Mais en arrivant à mes fins, je me suis rendu compte que ce que je désirais, je ne le trouverais qu’en étant prêtre. Le piano, puis la politique, étaient de réelles passions, mais qui ne comblaient pas l'absolu que je cherchais, vers lequel j'étais attiré.

Et c’est devenu pour moi une évidence. Cela s’est présenté comme une lumière très forte dans laquelle j'ai senti une joie et une paix profonde, un sentiment dont je ne pouvais douter.

J’ai fini mes études qui me passionnaient et suis entré au séminaire de Paris pour devenir prêtre. Pour transmettre la foi que j’ai au cœur, pour annoncer la parole de Dieu. Mais aussi, et c’est ce que j’ai découvert au séminaire, pour donner accès à Dieu par les sacrements.

 

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