Découvrir la vocation que Dieu me donne en lisant la Parole de Dieu

Le Père Frédéric Louzeau nous apporte un éclairage sur le passage consacré à "Parole de Dieu et vocations" de l’Exhortation apostolique "Verbum Domini".

Ce qui m’a frappé en lisant cette exhortation apostolique, c’est que si nous prenions très au sérieux ce que dit le pape, le visage de l’Eglise en serait changé. En effet, ce que veut dire le pape c’est vraiment - ce qui est loin d’être le cas au fond - d’encourager les baptisés à lire les Saintes Ecritures et y recueillir la Parole de Dieu. C’est en les lisant que chacun découvre progressivement, au rythme de l’Esprit, la vocation que Dieu lui donne. Le rapport à la parole de Dieu dans les Écritures n’est donc pas un rapport que l’on pourrait dire facultatif ou optionnel. Souvent, les jeunes disent : "Vous parlez souvent de la volonté de Dieu mais comment la découvrir, je n’entends pas Dieu parler." Et en discutant avec eux on se rend compte qu’ils ne lisent pas la Parole de Dieu. Le message du pape est en cela très puissant : Dieu appelle chacun en termes personnels et il révèle à chacun sa vocation et il le fait par sa parole ordinaire. Ça a l’air tout simple mais c’est capital. Pour trouver sa vocation et devenir saint, nous ne pouvons pas faire l’économie de la Parole de Dieu. Il faut qu’un dialogue naisse entre la personne et le Seigneur sinon on ne peut pas devenir saint.

les Dupont
© esprit-photo.com

Dans le paragraphe consacré aux prêtres (§ 80), deux choses me semblent importantes.
Tout d’abord, la première mission des prêtres est d’annoncer la Parole de Dieu, d’être les témoins et les prédicateurs de l’Évangile. C’est ce qu’a voulu mettre en avant le Concile Vatican II, confirmé par le pape Jean-Paul II et le pape Benoît XVI. Il y a quatre siècles, le Concile de Trente insistait davantage sur la mission sacramentelle des prêtres. On ne revient pas dessus car le prêtre est bien le ministre des sacrements mais encore plus profondément et auparavant il est ministre de la parole de Dieu chaque jour. Ceci est très important pour un temps comme le nôtre, que l’on appelle de ‘nouvelle évangélisation’. Pour entrer dans le mystère d’un sacrement, il y a toujours une prédication et une lecture de la parole de Dieu. Ensuite, le Pape dit qu’il ne suffit pas aux prêtres de connaître l’aspect linguistique ou exégétique mais accueillir la parole avec un "coeur docile et priant".

Le Pape insiste sur le fait qu’être un homme de la parole de Dieu pour le prêtre, n’est pas seulement étudier les Écritures Saintes avec rigueur en apprenant les langues, les genres littéraires, en apprenant à interpréter. Cette approche exégétique est nécessaire et non suffisante. Il faut aussi une approche que l’on appelle théologique, spirituelle.

Cela s’applique aux prêtres ordonnés parce que ce que sont les prêtres pour les fidèles en annonçant la parole de Dieu, les fidèles le sont pour le monde. Au séminaire, nous essayons d’immerger les séminaristes dans les Écritures afin que cette Parole devienne leur respiration. Il y a donc un grand mystère dans la vie des séminaristes et des prêtres qui est d’être tellement bien imbibés de cette Parole malgré nous et à travers nos attitudes.
A ce sujet, je citerai un très beau discours du cardinal Lustiger adressé aux séminaristes du Burundi qui avaient vécu des massacres : "Lisez les écritures, apprenez-les par coeur. Que ce soit votre nourriture chaque jour. Ce n’est plus vous qui interpréterez l’Évangile mais c’est l’Évangile qui parlera par vos lèvres."
Le Pape insiste sur cette association entre lecture priante et étude. Pour expliquer cette insistance, il faut voir que le Pape vient d’une génération marquée par certaines méthodes extrêmement sèches. C’est donc à la limite une étude qui aurait pu être menée par des gens qui n’ont pas la foi. D’ailleurs certains exégètes bien que catholiques mettent leur foi entre parenthèses lorsqu’ils étudient les Écritures. D’un côté, une lecture très sèche voire athée des Écritures Saintes et de l’autre, une méditation pieuse quitte à n’avoir pratiquement aucun contenu, aucune rigueur donc très affective qui n’aide pas. Il faut donc apprendre aux prêtres, aux séminaristes, à tout baptisé, à unir l’étude et la lecture priante pour instaurer un dialogue réciproque avec Dieu.

Extrait du §82 de l’Exhortation Verbum Domini concernant la la Parole de Dieu et les candidats à l’Ordination

"Les candidats au sacerdoce doivent apprendre à aimer la Parole de Dieu.
Que l’Écriture soit donc l’âme de leur formation théologique, en soulignant la circularité indispensable entre exégèse, théologie, spiritualité et mission".
Les aspirants au sacerdoce ministériel sont appelés à une profonde relation personnelle avec la Parole de Dieu, en particulier dans la Lectio divina, pour que leur vocation elle-même se nourrisse de cette relation : c’est dans la lumière et dans la force de la Parole de Dieu que chacun peut découvrir, comprendre, aimer et suivre sa vocation propre et accomplir sa mission, faisant grandir dans le coeur les pensées de Dieu, de sorte que la foi, en tant que réponse à la Parole, devienne le nouveau critère de jugement et d’évaluation des hommes et des choses, des événements et des problèmes. (...) Le Synode a recommandé que les séminaristes soient aidés concrètement à voir la relation entre l’étude biblique et la prière avec l’Écriture. Étudier les Écritures doit rendre plus conscient du Mystère de la Révélation divine et nourrir une attitude de réponse priante au Seigneur qui parle. De même, une authentique vie de prière ne pourra que faire grandir dans l’âme du candidat le désir de connaître toujours plus le Dieu qui s’est révélé dans sa Parole comme amour infini.


Pour soutenir
ou mieux connaître
l’Œuvre des Vocations :


Abonnez-vous à nos newsletters
ou au magazine Vocations
Suivez nos retraites en ligne
Faites un don
à l’Œuvre des Vocations

Merci pour votre attention et votre prière pour les vocations au cœur de l’Eglise
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.