Le prêtre, serviteur de la Parole

« Tout ce que le Seigneur a dit, nous le ferons et nous écouterons. »

(Exode 24, 7)

Faire la Parole pour une écoute

Cette parole du peuple de Dieu au Sinaï est étrange. Spontanément, on est tenté de l’inverser et de dire: « nous écouterons et nous ferons ». Que dit-elle si on la prend tel quel ? Que la Parole de Dieu est à faire ; que, dans ce faire, une écoute se donne. La Parole de Dieu n’existe pas par elle-même. Elle ne devient ce qu’elle est qu’à condition d’être intériorisée dans une mise en pratique. Alors, elle devient Parole de Dieu, i.e agir de Dieu dans un être qui peut s’écrier : « Dieu a parlé en moi et par moi».

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© Diocèse de Paris / Marie-Christine Bertin

Le prêtre lu par la Parole

Pour transmettre la Parole, tout prêtre doit commencer par la faire. Qu’est-elle pour lui ? En quoi la fait-il en actes et en paroles ? Que dit-elle pour sa foi ? Pour sa prière ? Pour sa propre conversion ? Pour être ce qu’il doit être dans le Peuple de Dieu, le prêtre doit moins lire la Parole que se laisser lire par elle ; travailler la Parole que laisser la Parole travailler son propre cœur et en faire un cœur selon Dieu. En tant qu’elle est pour l’action, l’écoute de la Parole selon Ex 24, 7 se donne dans un agir en référence à la Parole proclamée.

Le prêtre pour l’annonce de la Parole

Le prêtre est pour la Parole mais cette Parole est destinée à ceux à qui il est envoyé. Que signifie la transmettre pour lui? Il ne peut s’en servir au sens où elle se limiterait à illustrer son propos ou à donner de l’autorité à ses propres idées. Que signifie en être le serviteur ? Rendre les auditeurs de la Parole capables de la lire à leur tour et de découvrir dans sa lumière ce que Dieu attend d’eux. Au contact du prêtre, tout auditeur doit comprendre en quoi cette parole divine touche de profond dans sa condition humaine et dans sa fidélité au Dieu vivant. Cette intériorisation de la Parole par le destinataire suppose que le prêtre se demande : qui sont ceux à qui je dois transmettre la Parole ? Quelle est leur culture ? Qu’ont-ils dans la tête et dans le cœur au moment où je leur annonce la Parole ? Il ne s’agit pas pour le prêtre de tout dire sur un texte ou encore de manifester sa compréhension de la Parole mais de s’inscrire dans le sillage de Jésus lorsqu’il rencontre ses interlocuteurs :

« Il faut utiliser dans la manière de transmettre la Parole la pédagogie de cette parole elle-même. Autrement dit, il faut encore la faire travailler et lui laisser la liberté de travailler. Donc, ne pas donner des réponses prématurément, s’il y a une question ; mais permettre que la question soit entendue. La question souvent suffit à donner la réponse. Regardez un peu la manière dont s’instaurent les dialogues de Jésus avec ses différents interlocuteurs. (…) Il y a toute une manière par laquelle le Christ interpelle, pose des questions, provoque, aide à la conversion et laisse la puissance de Dieu toucher le cœur du pécheur, le cœur du croyant, des croyants. Il faut donc que dans la prédication vous enseigniez, vous transmettiez la Parole de Dieu à la manière dont la Parole fonctionne elle-même » (J-M Lustiger à des prêtres).


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