L'appel à devenir prêtre

L’imposition des mains et l’onction d’huile

Le geste de l’imposition des mains et l’onction d’huile sont des gestes forts, au coeur du sacrement de l’Ordre. Le Pape nous en redonne ici le sens profond

L’imposition des mains : «  Tu es sous la protection de mes mains »

Au centre, il y a le geste très ancien de l’imposition des mains, à travers lequel Il a pris possession de moi en me disant : "Tu m’appartiens". Mais à travers cela, il a également dit : "Tu es sous la protection de mes mains. Tu es sous la protection de mon cœur. Tu es préservé dans le creux de mes mains, et précisément ainsi, tu te trouves dans toute l’étendue de mon amour. Reste dans l’espace de mes mains et donne-moi les tiennes".

L’onction d’huile : mettre nos mains à sa disposition

Onction des mains pendant une ordination sacerdotale
© esprit-photo.com

Nous rappelons également que nos mains ont été ointes avec l’huile qui est le signe de l’Esprit Saint et de sa force. Pourquoi précisément les mains ? La main de l’homme est l’instrument de son action, c’est le symbole de sa capacité à affronter le monde, précisément de "le prendre en main". Le Seigneur nous a imposé les mains et veut à présent les nôtres afin qu’elles deviennent les siennes, dans le monde. Il veut qu’elles ne soient plus des instruments pour prendre les choses, les hommes, le monde pour nous-mêmes, pour en faire notre possession, mais qu’en revanche elles transmettent son toucher divin, en se mettant au service de son amour. Il veut qu’elles soient des instruments de service et donc une expression de la mission de la personne tout entière qui se porte garante de Lui et l’apporte aux hommes. Si les mains de l’homme représentent symboliquement ses facultés, et, plus généralement, la technique, comme pouvoir de disposer du monde, alors, les mains ointes doivent être le signe de sa capacité de donner, de sa créativité dans l’action de façonner le monde à travers l’amour, — et pour cela, nous avons besoin sans aucun doute de l’Esprit Saint.

Dans l’Ancien Testament, l’onction est le signe de la prise de service : le roi, le prophète, le prêtre fait et donne plus que ce qui découle de lui-même. D’une certaine façon, il est exproprié de lui-même en fonction d’un service dans lequel il se met à la disposition de quelqu’un de plus grand que lui. Si Jésus se présente aujourd’hui dans l’Evangile comme l’Oint de Dieu, le Christ, alors cela veut précisément dire qu’Il agit sur mission du Père et dans l’unité du Saint Esprit et que, de cette façon, il donne au monde une nouvelle royauté, un nouveau sacerdoce, une nouvelle façon d’être prophète, qui ne se cherche pas lui-même, mais qui vit pour Celui en vue duquel le monde a été créé. Nous mettons aujourd’hui à nouveau nos mains à sa disposition, et nous le prions de nous prendre toujours à nouveau par la main et de nous guider.

Il prend notre main et nous guide.

Dans le geste sacramentel de l’imposition des mains par l’évêque, c’est le Seigneur lui-même qui nous impose les mains. Ce signe sacramentel résume tout un parcours existentiel. Un jour, comme les premiers disciples, nous avons rencontré le Seigneur et nous avons entendu sa parole : "Suis-moi !". Sans doute au début l’avons-nous suivi de façon quelque peu incertaine, nous retournant et nous demandant si cette voie était vraiment la nôtre. Et, à un certain moment, sur le chemin, peut-être avons-nous fait l’expérience de Pierre, après la pêche miraculeuse, c’est-à-dire que nous avons été effrayés par sa grandeur, la grandeur de la tâche et l’insuffisance de notre pauvre personne, au point de vouloir nous retirer : "Eloigne-toi de moi Seigneur, car je suis un homme pécheur !" (Lc 5, 8). Mais Lui, ensuite, avec une grande bonté, nous a alors pris par la main, il nous a attirés à lui et nous a dit : "N’aie pas peur ! je suis avec toi. Je ne te quitte pas, et toi, ne me quitte pas !". Et il nous est peut-être arrivé à chacun, plus d’une fois, de vivre ce que Pierre a vécu, lorsque, marchant sur les eaux à la rencontre du Seigneur, il s’est soudain aperçu que l’eau ne le soutenait pas et qu’il allait se noyer. Et, comme Pierre, nous avons crié : "Seigneur, sauve-moi !" (Mt 14, 30). (…)

Imposition des mains pendant une ordination sacerdotale
© esprit-photo.com

Nous avons alors tourné le regard vers Lui… Et Il nous a pris par la main et nous a donné un nouveau "poids spécifique" : la légèreté qui découle de la foi et qui nous attire vers le haut. Puis il nous donne la main qui soutient et porte. Il nous soutient. Fixons sans cesse à nouveau notre regard sur Lui et tendons les mains vers Lui. Laissons-nous prendre par sa main et nous ne coulerons pas, mais nous servirons la vie qui est plus forte que la mort, et l’amour qui est plus fort que la haine. La foi en Jésus, Fils du Dieu vivant, est l’instrument grâce auquel nous reprenons toujours la main de Jésus et à travers lequel Il prend notre main et nous guide. (…)

Il s’est véritablement remis entre nos mains.

Le Seigneur a posé sa main sur nous. Il a exprimé la signification de ce geste dans les paroles : "Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître" (Jn 15, 15). Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis : dans ces paroles, on pourrait même voir l’institution du sacerdoce. Le Seigneur fait de nous ses amis : il nous confie tout ; il nous confie sa personne, afin que nous puissions parler en son nom — in persona Christi capitis. Quelle confiance ! Il s’est véritablement remis entre nos mains. Les signes essentiels de l’Ordination sacerdotale sont au fond tous des manifestations de cette parole : l’imposition des mains ; la remise du livre — de sa parole qu’il nous confie ; la remise de la coupe à travers laquelle il nous transmet son mystère le plus profond et personnel. Le pouvoir d’absolution fait également partie de tout cela : il nous fait également participer à sa conscience de la misère du péché et de toute l’obscurité du monde, et nous donne dans les mains la clé pour rouvrir la porte vers la maison du Père.

Extraits de l'homélie de la messe chrismale du Jeudi Saint en 2006 dans la Basilique Saint-Pierre
© Copyright du texte original en italien : Libreria Editrice Vaticana
Traduction réalisée par ZENIT.org


Pour soutenir
ou mieux connaître
l’Œuvre des Vocations :


Abonnez-vous à nos newsletters
ou au magazine Vocations
Suivez nos retraites en ligne
Faites un don
à l’Œuvre des Vocations

Merci pour votre attention et votre prière pour les vocations au cœur de l’Eglise
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.