Sœur Aude, Petite Sœur des Pauvres : « messagère de Dieu auprès des personnes âgées »

Donner sa vie à Dieu en servant les personnes âgées : c’est la vocation de Sœur Aude, au sein de la congrégation des Petites Sœurs des Pauvres. Leur fondatrice, Jeanne Jugan, a été canonisée pendant l’année sacerdotale (11 octobre 2009).

Soeur Aude avec une personne âgée
© Petites Soeurs des Pauvres

Sœur Aude est infirmière. A 39 ans, la jeune femme coordonne l’aspect médical de Ma Maison, une des résidences parisiennes de la congrégation des Petites Sœurs des Pauvres où sont accueillies 78 personnes âgées. Egalement assistante de la mère supérieure, elle la seconde dans l’organisation de la maison. Leur lieu de vie, situé au centre de Paris, rassemble une communauté au service des aînés : salariés, bénévoles et membres de l’association Jeanne Jugan, du nom de la fondatrice de la congrégation. De la préparation des repas à la buanderie, de la gestion administrative aux soins des malades, tous participent à la bonne marche de la maison. Pour Soeur Aude, le désir de servir les personnes les plus délaissées de la société est venu assez jeune.

Tout commence par une épreuve. A 17 ans, la jeune fille tombe malade. L’année de son baccalauréat, elle devient dépendante de tous. "Qu’il est douloureux et difficile de ne plus être en mesure de faire le premier pas vers l’autre ! Durant cette période j’ai mesuré l’importance du moindre geste d’attention : regard, petit mot, coup de téléphone…" Elle comprend alors l’importance d’aller à la rencontre des personnes qui ne peuvent faire le premier pas.
Après son rétablissement, elle rejoint le mouvement associatif des Petits Frères des Pauvres et passe déjà du temps auprès des personnes âgées. "Après le premier pas, on se retrouve d’égal à égal, dans une relation où chacun donne et reçoit", confie-t-elle. Elle découvre les richesses des personnes âgées qui ont le temps d’écouter, de transmettre leur expérience, d’aimer... Elle perçoit aussi que "la source du vrai bonheur est dans le don de soi".

Etudiante à Toulouse, sœur Aude reste ouverte à tout état de vie. Après un diplôme en droit médical, elle entre dans une école d’infirmières. Pour discerner l’appel de Dieu, elle frappe à la porte du service des vocations de Paris en 1994. Lors d’un week-end de retraite chez les Petites Sœurs des Pauvres, un passage de l’Ecriture la bouleverse : la parabole de l’enfant prodigue. Elle reçoit la certitude de l’amour de Dieu. Elle découvre "l’amour du Père, empli de respect, amour qui ne juge pas, attend, guette, se réjouit avec l’autre… une présence aimante". En retour elle décide de tout Lui donner. En 1998, à 28 ans, sœur Aude se met au service des personnes âgées comme religieuse au sein de la Congrégation des Petites Sœurs des Pauvres. Elle prononce ses vœux perpétuels en 2006, elle a alors 36 ans.

Messagère de Dieu

Dans les pas de sa fondatrice, sœur Aude explique que leur mission est "d’être messagère de la tendresse de Dieu auprès des personnes âgées". Ce qui l’attire dans leur règle de vie c’est le grand équilibre entre la prière et le service. "Nous passons en permanence de l’un à l’autre", précise-t-elle. "Comme tout est porté devant Dieu, la vie auprès des personnes âgées devient prière. Et prier, c’est aller à la source qui irrigue toutes les rencontres." Tout ce qu’elle reçoit dans la prière, c’est pour le redonner aux autres. "Devenir pauvre auprès des pauvres, c’est développer une capacité d’accueil de Dieu et de l’autre. Plus j’accueille et plus je me dépouille de moi."

Ainsi, la prière occupe une grande part de leur temps. Le matin, toute la communauté se retrouve à 6h30 dans la chapelle pour un temps d’oraison. Dans la journée, les sœurs chantent ensemble l’office divin. La messe les rassemble en fin de matinée. Elles récitent le chapelet, seules, auprès des malades ou réunies à la chapelle. Elles se rendent chaque jour devant le Saint Sacrement. "Là nous est donnée la force de l’Esprit Saint. Cela nous aide à répondre aux personnes avec davantage de douceur et de délicatesse. Nous demandons à l’Esprit Saint de devancer nos premières réactions qui peuvent ne pas toujours être les plus appropriées." Les sœurs puisent aussi leur énergie dans une vie communautaire très forte. Elles se retrouvent plusieurs fois par jour pour des temps d’échanges fraternels.

Accueillir l’autre

Pour une personne âgée, voir ses forces décliner est difficile à accepter. "La plupart des personnes âgées que nous accueillons ont eu des vies délicates, ont porté de lourds fardeaux", confie sœur Aude. Son vœu d’hospitalité l’engage, avec ses sœurs, à "accueillir l’autre tel qu’il est, à l’accompagner sur son chemin avec un infini respect". Tout commence par l’écoute qui crée un espace de confiance dans lequel la personne peut être elle-même.

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© D.R.

Sœur Aude témoigne qu’il suffit d’être là, de manifester par une qualité de regard et de présence que la vie de l’autre a toute sa richesse jusqu’au bout. Elle explique que le sommet de leur vocation est d’accompagner la personne lors du "grand passage".
La communauté se relaie 24h/24 auprès des personnes en fin de vie.

Sœur Aude est marquée par les paroles de leur fondatrice, Jeanne Jugan, qui disait : "Rendre les pauvres heureux, c’est tout." Pour la jeune sœur, cela signifie leur manifester au quotidien "combien chacun est digne de respect et d’estime. La valeur d’un être n’est pas dans ce qu’il fait mais dans sa capacité d’aimer, que rien ne peut détruire. Je me souviens de Mme X, alitée en permanence. Elle ne pouvait ni bouger, ni parler. Mais son sourire nous accueillait. Nous ressortions de sa chambre une grande paix dans le cœur et pressés de revenir auprès d’elle !"

Pour sœur Aude, il est important que la personne âgée soit "dans l’attente de quelque chose aujourd’hui et demain". Pour les aider, les petites sœurs restent attentives à leurs désirs. Elles essayent, quand cela est possible, aidées par des bénévoles, de les réaliser. Désirs tout simples - voir la Tour Eiffel illuminée - ou plus profonds - retourner dans le village de son enfance. Des temps de fêtes permettent de rompre avec le quotidien, créent des souvenirs et des moments de partage : "Nous fêtons les anniversaires, les évènements qui retentissent dans la ville tels que l’arrivée du beaujolais nouveau, les différentes cultures par des repas à thèmes." Des groupes extérieurs viennent aussi donner des spectacles.

"Un vrai et puissant esprit de famille lie tous les membres de Ma Maison", confie sœur Aude avec un sourire.

En savoir plus : http://petitessoeursdespauvres.org


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