Père Renaud de Dona Fredeville, aumônier militaire : « Veiller sur ceux qui veillent »

De retour d’Afghanistan, le « padre » Renaud de Dona-Fredeville revient sur sa vocation particulière et les liens très forts qui se créent sur le terrain.


Père de Dona-Fredeville

« On se faisait tirer dessus. Quelques instants avant, je discutais avec un militaire du rang. Alors que nous avions été plaqués au sol parce qu’il fallait se mettre aux abris, ce jeune m’a regardé en disant : “Padre, c’est quoi la Trinité ?” ».

Renaud de Dona-Fredeville est aumônier militaire. Il rentre de sept mois en Afghanistan, où il a accompagné des troupes françaises. La scène qu’il raconte se déroule à 60 km au nord-est de Kaboul. Ce jeune prêtre de 31 ans a été ordonné en avril 2009. Depuis, il est l’aumônier du quatrième régiment de chasseurs, basé à Gap (Hautes- Alpes). « On vit toute la semaine avec nos soldats, on vit avec les familles », explique-t-il.

Une vocation précoce

C’est vers l’âge de 6 ans que ce Lyonnais pense être appelé par le Seigneur. « À partir de 11 ans, j’avais un directeur spirituel qui m’a beaucoup accompagné ». À 18 ans, juste après son bac, il décide d’entrer au séminaire. Mais à l’époque, il n’est pas possible d’être directement formé par le diocèse aux Armées. Il part donc en Allemagne, où il étudie pendant trois ans.
Puis, après un passage par Nantes, il rejoint le séminaire de Paris pour achever sa formation. À celui qui s’étonne d’une vocation aussi précoce, le père de Dona- Fredeville explique : « Que ce soit la vocation sacerdotale ou le mariage, le fondement est toujours une histoire d’amour. Dans le sacerdoce, c’est une rencontre personnelle avec le Christ. Et cette rencontre personnelle trouve un écho assez indicible dans l’âme. On a la sensation d’avoir le coeur dilaté à la pensée d’être consacré au Seigneur ».

La volonté du père Renaud de servir dans l’armée est apparue à l’adolescence. Lorsqu’il avait 12 ans, il est frappé par un reportage télévisé sur l’armée. Expliquant son métier, l’un des soldats y explique : « J’aimerais dire aux gens : dormez tranquilles, on veille sur vous ». « Cette phrase a vraiment résonné dans mon âme et dans mon coeur », explique le prêtre. Avant de poursuivre : « Je me suis dit : “Mais qui va veiller sur ceux qui veillent ?” ».

Disponibilité et amitié

Chaque jour, l’aumônier fait le tour du régiment, qui compte 800 hommes. « Ce sont des temps importants. Les gens profitent d’une cigarette fumée dehors pour discuter, pour poser des questions, ou évoquer la préparation d’un baptême ou d’un mariage. Ils savent que je suis toujours disponible ».

Une occasion de discuter avec ceux qu’il appelle « mes soldats ». « J’en parle un peu comme un père parle de ses enfants, reconnaît-il. Le fait que l’on vive ensemble, au quotidien, crée des liens très forts. D’une certaine manière, l’aumônier fait un peu partie de la famille ».

La pastorale de l’aumônier militaire est, selon les mots du père Renaud, « radicalement différente » de celle d’une paroisse. « On vit une amitié, une proximité avec des personnes qui sont loin de l’Église au quotidien », explique-t-il.

Mais sur le fond, le sacerdoce est le même que pour tout autre prêtre. « Que l’on soit prêtre en paroisse ou aux armées, on va vraiment à la rencontre des âmes. Nous sommes au service de la personne humaine », juge cet homme de Dieu.

Une mission avec le Christ

De l’Afghanistan, il retire « une grande expérience spirituelle, humaine et intérieure ». Évoquant cette période, il se souvient de soldats vivant une grande expérience de foi, pleinement conscients de « l’humanité » de leurs camarades ou de la population locale. Mais il raconte aussi la beauté des paysages.

Il s’est beaucoup laissé porter par la figure de Charles de Foucauld. Le bienheureux fut, il y a 130 ans, membre du même régiment.

Père de Dona-Fredeville

Pour le père de Dona-Fredeville, ces sept mois en « Opex » – Opération extérieure, dans le jargon militaire – ont aussi été une occasion de se rapprocher du Christ. « Le dépouillement dans lequel nous vivions nous a vraiment placés dans une situation de pauvreté. On y trouve une force pour la vie spirituelle : on se rend compte que la véritable richesse est la richesse intérieure ».

Craintes, doutes, joies : sur le terrain, l’aumônier, surnommé « padre » par les militaires, recueille toutes les aspirations. « Les soldats se confient beaucoup. Bien sûr, il y a des moments où l’on se rend compte que la mission est trop lourde à porter », explique-t-il. Avant de souligner : « C’est justement dans ces moments-là que l’on comprend que ce n’est pas nous qui la portons, mais le Christ ». Le père profite alors de sa messe quotidienne pour remettre ce poids dans les mains du Seigneur. « Il n’y a que Lui qui est capable de tout porter », confirme le prêtre.


« Que l’on soit prêtre en paroisse ou aux armées, on va vraiment à la rencontre des âmes. »


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