Prêtres : deux itinéraires, une même joie

Deux ordinations : l’une en 1954, l’autre en 2008. Les Pères Étienne de Mesmay et Charles Formery ont tous deux été ordonnés à 27 ans, avec 54 ans d’écart. Portraits croisés.

Comment a germé en vous le désir d’être prêtre ?

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© D.R.

Étienne : Très jeune j’ai eu cette idée, autour de la première communion. Je me souviens avoir lu un livre sur Tarcisius enfant, qui m’a marqué. Puis le désir s’est entretenu. Je dois beaucoup au scoutisme. Je suis entré au séminaire à Issy-les-Moulineaux après une licence de droit.
Charles : Pendant une prière du matin, à l’école. J’étais en 3e, c’était au début d’un cours de maths. L’idée d’être prêtre m’est venue tout d’un coup et, avec elle, une grande joie et une grande paix qui ne m’ont laissé aucun doute. Merci Seigneur de nous appeler par le désir !

Quel souvenir avez-vous de votre ordination ?

Charles : Les bénédictions individuelles que me demandaient les fidèles à la fi n de la messe. Cela a duré plus de deux heures. C’était comme si la foule me disait : « Tu vois qu’on t’attend, qu’on a besoin, qu’on a soif... que tu es maintenant un homme mangé ». Les bénédictions étant reçues à genoux, je me suis levé le lendemain avec des courbatures dorsales que je ne connaissais pas, des courbatures sacerdotales ! Les mêmes que celles du Seigneur qui dit dans le livre d’Osée : « J’étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue » (Os 11,4).
Étienne : C’est très loin, en 1954… Je me souviens du chant du Te Deum qui terminait la cérémonie. J’avais choisi pour mon image d’ordination les mots suivants: « Donner Dieu aux hommes et donner les hommes à Dieu »…

Si vous n’aviez à garder qu’un moment de votre ministère, quel serait-il ?

Étienne : Recevoir la bénédiction de prêtres le jour de leur ordination, surtout ceux à la formation desquels j’ai participé. C’est un moment très fort. Là je perçois, je touche du doigt l’action de Dieu.
Charles : Mes séjours à Lourdes pour donner le sacrement de réconciliation. On est aux premières loges pour les miracles de libération, et c’est l’aventure pleine et entière : peine et joie sont exacerbées ! Peine de la recherche des brebis, joie de leur retour.

Qu’est-ce qui vous apporte le plus de joie dans votre vie de prêtre ?

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© D.R.

Charles : Persévérer dans le discernement de plus en plus complexe du bien et du mal et annoncer aux hommes le sacrement de réconciliation. « Il y a plus de joie au Ciel pour un seul pécheur qui se convertit » et le Ciel ne manque pas de nous faire participer à cette joie, nous les ministres de cette réconciliation. Ce sacrement, c’est aussi la joie de laisser l’Esprit Saint nous suggérer les paroles qui font du bien aux personnes.
Étienne
 : Célébrer la messe. Le Seigneur s’est débrouillé pour me faire aimer la messe. Avec les prières eucharistiques et particulièrement la deuxième, je suis inondé d’amour comme sous les chutes du Niagara. « Toi qui es source de sainteté, source d’amour… ».

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre ministère ?

Étienne : Il s’agit d’une difficulté personnelle, je ne sais pas demander quelque chose à quelqu’un, susciter un appel.
Charles : Les réunions qui pompent beaucoup d’énergie ! Difficulté à trouver l’équilibre entre la nécessité de se laisser manger et celle de se préserver pour pouvoir rester comestible.

Quelle recommandation donneriez-vous à un jeune qui commence sa journée ?

Charles : Lire l’évangile du jour et apprendre un verset par coeur (une ligne) pour pouvoir le ruminer dans la journée. Pour discerner sa vocation, explique le pape aux jeunes, il faut entrer en conversation avec Jésus, c’est-à-dire qu’il faut non seulement lui parler mais aussi l’écouter dans sa Parole.
Étienne : Si j’avais une recommandation à donner à un jeune ce serait, à la messe après la communion dans l’action de grâce, se demander : comment puis-je prévoir d’utiliser cette force pour aimer ?

Quel est le défi majeur pour l’Église de demain ?

Étienne : Les jeunes, mêmes les tout-petits. Proposer, inviter comme dans l’Évangile, pour établir un courant de confi ance et d’amitié entre Jésus et les jeunes. Ne pas s’appuyer sur nos actes mais sur la Parole de Dieu.
Charles : Évangéliser et aimer avec tendresse et en vérité, tel est le chemin du bonheur qu’il nous faut emprunter. Mais surtout, demeurer dans la confiance. C’est là que Jésus nous attend.


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