La vie consacrée, une surabondance de gratuité !

Extrait de "Vita Consecrata", exhortation apostolique post-synodale sur la vie consacrée du 25 mars 1996 (§ n° 104).

Aujourd’hui, beaucoup se montrent perplexes et s’interrogent : pourquoi la vie consacrée ? Pourquoi embrasser ce genre de vie, alors qu’il y a tant d’urgences, dans les domaines de la charité et de l’évangélisation elle-même, auxquelles on peut aussi répondre sans se charger des engagements particuliers de la vie consacrée ?

Religieuses Apostoliques
© esprit-photo.com

La vie consacrée n’est-elle pas une sorte de "gaspillage" d’énergie humaine utilisable suivant les critères de l’efficacité pour un bien plus grand au profit de l’humanité et de l’Église ? Ces questions reviennent plus fréquemment à notre époque, suscitées par une culture utilitariste et technocratique qui tend à évaluer l’importance des choses et même des personnes par rapport à leur "utilité" immédiate.

Mais de telles interrogations ont toujours existé, comme le montre bien l’épisode évangélique de l’onction à Béthanie : "Marie, prenant une livre d’un parfum de nard pur, de grand prix, oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux ; et la maison s’emplit de la senteur du parfum" (Jn 12, 3). À Judas qui se plaignait d’un tel gaspillage, prenant prétexte des besoins des pauvres, Jésus répondit : "Laisse-la faire" (Jn 12, 7). C’est la réponse toujours valable à la question que se posent tant de personnes, même de bonne foi, sur l’actualité de la vie consacrée : ne pourrait-on engager son existence de manière plus efficace et rationnelle pour l’amélioration de la société ? Voici la réponse de Jésus : "Laisse-la faire".

Pour qui reçoit le don inestimable de suivre de plus près le Seigneur Jésus, il paraît évident qu’Il peut et doit être aimé d’un cœur sans partage, que l’on peut Lui consacrer toute sa vie et pas seulement certains gestes, certains moments ou certaines activités. Le parfum précieux versé comme pur acte d’amour, et donc en dehors de toute considération "utilitaire", est signe d’une surabondance de gratuité, qui s’exprime dans une vie dépensée pour aimer et pour servir le Seigneur, pour se consacrer à sa personne et à son Corps mystique. Cette vie "répandue" sans compter diffuse un parfum qui remplit toute la maison. Aujourd’hui non moins qu’hier, la maison de Dieu, l’Église, est ornée et enrichie par la présence de la vie consacrée.

Religieuse Apostolique
© esprit-photo.com

Pour la personne captivée dans le secret de son cœur par la beauté et la bonté du Seigneur, ce qui peut paraître un gaspillage aux yeux des hommes est une réponse d’amour évidente, c’est une gratitude enthousiaste pour avoir été admise de manière toute spéciale à la connaissance du Fils et au partage de sa divine mission dans le monde.

"Qu’en serait-il du monde, s’il n’y avait les religieux ?" Au-delà des estimations superficielles en fonction de l’utilité, la vie consacrée est importante précisément parce qu’elle est surabondance de gratuité et d’amour, et elle l’est d’autant plus que ce monde risque d’être étouffé par le tourbillon de l’éphémère. "Sans ce signe concret, la charité de l’ensemble de l’Église risquerait de se refroidir, le paradoxe salvifique de l’Évangile de s’émousser, le "sel" de la foi de se diluer dans un monde en voie de sécularisation". La vie de l’Église et la société elle-même ont besoin de personnes capables de se consacrer totalement à Dieu et aux autres pour l’amour de Dieu.


Pour soutenir
ou mieux connaître
l’Œuvre des Vocations :


Abonnez-vous à nos newsletters
ou au magazine Vocations
Suivez nos retraites en ligne
Faites un don
à l’Œuvre des Vocations

Merci pour votre attention et votre prière pour les vocations au cœur de l’Eglise
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.