Histoire de la vie missionnaire

Baptême par un prêtre des missions étrangères de Paris, à Singapour
© P. Gilles Reithinger

L’Église n’a jamais cessé d’être missionnaire depuis deux mille ans, parce qu’elle est apostolique. Choisis parmi les disciples de Jésus, les apôtres sont des "envoyés". Recevoir son envoi en mission du Christ lui-même est sans doute le secret du courage et de l’audace extraordinaires des missionnaires à travers l’Histoire.

Histoire et mission ne forment malheureusement pas un ménage bien équitable, car la mémoire garde surtout le souvenir de certains épisodes missionnaires, le conquistador au XVIème siècle ou le Père Blanc du XIXème. Et nous ignorons presque tout des générations qui ont suivi celle des apôtres. Le livre des Actes des Apôtres révèle que la mission est constitutive de la vie de l’Église.
Comment, en quatre siècles, la foi d’une poignée de "hors la loi" pourchassés a-t-elle couvert l’Occident et l’Orient ?

Exception faite de quelques images d’Épinal comme les saintes Maries, le martyre de Blandine, Clovis ou saint Martin, que connaissons-nous de la conversion de la Gaule romaine, des Latins et des Barbares ? Aller "au loin", à l’époque, c’était avancer dans les pays et convertir les paysans (les "païens"). La mission était aussi interne, auprès des hérétiques (gnostiques, suiveurs d’Arius, Pélage ou Nestorius…). Elle consistait dans ce cas à combattre les doctrines contraires à ce que l’Évangile dit, par exemple, sur la nature du Christ, sur le salut ou sur le Saint Esprit.

Au Moyen Âge, la mission a souvent pris le visage militaire de la conquête (pays slaves, scandinaves et baltes) ou de la reconquête (espagnole). En Europe, la Lituanie, "fille benjamine de l’Église", sera, au XIVème siècle, la dernière nation évangélisée. Dès le grand voyage de Marco Polo, la mission a pris le visage du prêtre, du religieux, prédicateur autant qu’explorateur, parti à la rencontre de peuples indigènes inconnus au péril de sa vie.

Saint François-Xavier
© D.R.

A partir du XVème siècle, c’est le temps du Nouveau Monde, des Amériques et des Indes, du Japon et de la Chine. Des terres dont l’évangélisation se partage parfois comme on se répartirait les parts d’un commerce, avec des missionnaires dont le camp de base était souvent un nouveau comptoir commercial. C’est la grande affaire du monde espagnol et portugais où le droit de patronage soumet la vie des jeunes Églises aux autorités civiles coloniales. C’est aussi l’affaire de Rome.
Pour contrebalancer cette domination des intérêts temporels sur la mission spirituelle, le pape Grégoire XV fonde en 1622 la Congrégation pour la Propagation de la Foi. Plus tard, Rome se dotera de l’outil des OEuvres Pontificales Missionnaires dont beaucoup ont encore en mémoire "l’Enfance missionnaire", les opérations "un sou pour un Chinois" ou encore le journal "Terres lointaines".

La fondation des jésuites par Ignace de Loyola donne un nouvel élan à la mission. A la suite de François-Xavier, des milliers de jésuites partent en Asie mais aussi en Afrique et en Amérique.
En France, le XVIIème siècle a connu les deux aspects de la mission. Interne, d’une part, avec la "réévangélisation" des campagnes par François Régis, Jean Eudes ou Louis-Marie Grignion de Montfort et des populations dans la misère avec Vincent de Paul, par exemple. Mais aussi externe, avec - entre autres - l’implantation du christianisme en Amérique du Nord (Canada, Etats du Sud et Antilles) et dans l’Océan indien (Madagascar, Maurice, La Réunion). Pour la première fois, des femmes, à la suite de Marie de l’Incarnation, partent faire oeuvre d’éducation au milieu des Amérindiens. En 1669, la Société des Missions Étrangères de Paris est créée par François Pallu pour envoyer en Extrême-Orient des jeunes prêtres formés la mission.

Ce ne sera qu’après 1790 que des sociétés missionnaires protestantes se développeront et gagneront du terrain sur les missions catholiques. Elles connaissent aujourd’hui une descendance impressionnante avec les grandes actions et les moyens mis en oeuvre par les Églises évangéliques

Mère Thérésa
© D.R.

Pendant ce temps, l’élan missionnaire catholique a dû surmonter des crises liées aux luttes d’influences des congrégations entre elles, à la suppression momentanée de la Compagnie de Jésus et à la Révolution française. Cependant, de tels tourments ont aussi permis un sursaut et une diffusion sans précédent de la vocation missionnaire. Ainsi, l’exode hors de France des congrégations religieuses après 1905 favorisera leur implantation en de nombreux sites à l’étranger. Des centaines de fondations missionnaires datent du XIXème siècle, telles que les Soeurs de Saint Joseph de Cluny d’Anne-Marie Javouhey, la Propagation de la Foi de Pauline Jaricot, les Spiritains du P. Libermann ou les Pères Blancs du Cardinal Lavigerie. Cette histoire est liée à celle de l’histoire coloniale, notamment en Afrique noire.

Déjà, avec l’accession à l’indépendance des anciennes colonies, les termes de la mission ont changé et se sont rapprochés de ceux d’une coopération entre Églises. La nouvelle évangélisation a débordé d’imagination et de fondations notamment accessibles à tous les états de vie et à la jeunesse. En France on citera la Fidesco de la Communauté de l’Emmanuel, les Points Coeur, la Délégation Catholique pour la Coopération, l’Aide à l’Église en détresse, etc.

En fondant les Missionnaires de la Charité, c’est la source de toute mission que Mère Teresa va mettre en lumière à la face du monde. Il n’y a de mission acceptable que celle découlant de la charité. Avec Mère Teresa, Jean-Paul II et Benoît XVI, la mission prend le visage de l’amour et de la miséricorde, un visage tellement universel qu’il enseigne comment annoncer l’Évangile aussi bien à la dimension du foyer familial qu'à celle des peuples du monde.


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