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 Peut-on changer d'accompagnateur spirituel ? Etre guidé, n'est-ce pas perdre son indépendance?L'accompagnateur n'est pas un gourou!
Quelle place pour la Bible dans l’accompagnement?
Jésus est le Verbe de Dieu. Il est la Parole. Le connaître et l’aimer, c’est connaître et aimer l’Écriture. "Ignorer l’Écriture c'est ignorer le Christ", dit saint Jérôme. Ainsi, avoir une Bible, la lire avec passion, prier avec les paroles et les gestes du Christ, voir les questions brûlantes que la Parole de Dieu te pose dans ta vie : autant de points concrets du dialogue avec ton guide spirituel. La langue de la foi passe par la mémoire de l’histoire sainte qui devient la nôtre. Tu
acquiers dans la Bible les mots pour dire en vérité ton expérience spirituelle
et la partager. La Parole de Dieu structure vos échanges, les rend vrais, compréhensibles, vivants. Si tu veux "voir" Dieu, apprends à parler avec ses mots.
Etre guidé, n'est-ce pas perdre son indépendance ?
La liberté passe par les autres : seul celui qui peut
donner sa vie aux autres est vraiment libre. C'est donc "au nom de la liberté" que tu peux décider de suivre l'avis d'autrui, de t'en remettre à son conseil, de lui faire confiance au point parfois de suivre son avis plutôt que le tien. Tout est question de confiance.
Précisément, dans l’Église, nous suivons tous le Seigneur qui est le chemin, la vérité, la vie. Accepter
de dépendre des autres n’a de sens que dans l'amour et pour l'amour du Christ. Tout autre motif ne tient pas debout.
L'accompagnateur n'est pas un gourou !
Un gourou est séducteur ; il enchaîne celui qu’il dirige par divers liens affectifs. Il cherche à attirer vers son groupe celui qu’il prétend aider. Celui qui le suit perd alors sa clairvoyance et sa liberté : fasciné, il obéit sans décider par lui-même.
 © D.R. L’accompagnateur spirituel n’est pas un gourou. Il sait bien qu'il n'a pas toute la vérité. Il se
met au service du travail de Dieu dans les coeurs. Il soutient celui qu'il accompagne sur le chemin qui est le sien. "Ne compte pas sur moi pour te dire à ta place ce que tu dois faire !", telle est son attitude fondamentale. C'est le baptisé qui choisit dans le Seigneur et qui parcourt son chemin.
Peut-on changer d'accompagnateur spirituel ?
Bien sûr ! La liberté de chacun est entière.
Comme Jean Baptiste, l'accompagnateur spirituel s'efface devant le Seigneur et devant son action en nous. Il respecte celui ou celle qui veut trouver lumière et force avec un autre frère.
Mais qui dit liberté dit responsabilité. On ne change pas par caprice. On ne cherche pas à en avoir plusieurs. Tout changement doit faire l'objet d'une réflexion et d'une prière. Des difficultés ne signifient pas nécessairement qu’il faut changer : elles peuvent être le signe d'un combat spirituel. Il ne faut pas oublier de "tabler sur le temps" pour voir les fruits d'un accompagnement.
Que penser de l’amitié dans l’accompagnement?
Le plus souvent, ce n’est pas un ami que tu choisis au début de la relation. Tu fais connaissance et tu te confies à telle personne dans l’Église. L’amitié peut naître mais elle n’est jamais automatique. Le respect, l’estime, l’admiration, la confiance vont surgir et imprégner vos rencontres. S’apprivoiser et respecter la mission l’un de l’autre deviennent des chemins d’amitié. "Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis", dit Jésus à ses disciples. Pourquoi ? Parce qu’il leur communique ce qui vient du Père. Ainsi l’amitié peut-elle fleurir dans l’accompagnement quand ce qui est partagé vient de Dieu et reste en lui. Ce chemin peut faire de vous des "amis dans le Seigneur".
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