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Après sa conversion, il y a douze ans, Paul a ressenti le besoin d’aller parler à un prêtre. Pour progresser dans sa vie spirituelle.
"Il me décentre de moi-même"
Pour moi, l'accompagnement spirituel me paraît indispensable.
Je pense qu'il est dangereux de vouloir répondre seul à ses questions. Dans
mon chemin à la suite du Christ, il est fondamental d’être
accompagné par quelqu’un
de confiance qui m’aiguille. Nous nous rencontrons tous les mois : cela dépend s’il y a urgence ! En période de turbulences, je peux voir mon accompagnateur toutes les semaines. Il m’apporte l’éclairage de la Tradition de l’Église et le sien, en fonction de son expérience de pasteur. Par exemple, même si au coeur du combat spirituel je suis tout seul, il
m’éclaire car il connaît déjà les pièges du démon : Satan se fait passer pour l’ange de lumière, on peut donc facilement se leurrer…
Je suis mauvais juge pour moi-même, à cause de mon affectivité,
de mes émotions. Cette personne extérieure m’aide à discerner
mes limites, à orienter mon regard, à me regarder avec objectivité.
C’est une mise à distance : il me décentre de moi-même.
Cela m’aide à grandir.
Grâce à cet accompagnement, c’est par mes défauts que je progresse, par tout ce qui en moi n’est pas ouvert à la grâce : en en parlant à quelqu’un, cela créé une ouverture de coeur par laquelle la grâce entre en moi.
Un acte d'humilité
 © D.R. A chaque entretien, nous vérifions ensemble si je suis toujours sur
la bonne route. Je ne lui raconte pas ma vie : je sélectionne quelques
points sur lesquels je ressens le besoin de travailler, d’être éclairé.
Et nous parlons des grandes questions que je me pose à ce moment : il
me donne son avis. Il m’aide aussi à prendre des décisions.
Tous les domaines de ma vie sont concernés par le regard de
Dieu et
donc par l’accompagnement. Et s’il
y a un aspect que je voudrais cacher, c’est justement que
j’ai besoin de la lumière de Dieu sur ce point ! Rien n’est
exclu du discernement de l'accompagnateur : même les actes quotidiens les
plus banals peuvent être révélateurs d’un état
de vie spirituel. En fait, c’est un acte d’humilité d’être
guidé. Mais si l’objectif de notre vie de chrétien est la
sainteté, il faut s’en donner les moyens ! Ce qui me motive, c’est
de devenir le plus transparent possible à l’amour de Dieu, afin
que ce ne soit pas ma volonté - mais la sienne - qui guide ma vie. Il
est vrai que c'est un effort et que ce n’est pas toujours facile. Mais
même si parfois j’y vais à reculons, j’en ressors toujours
grandi.
Au début, mon accompagnateur a vérifié si ma vie
sacramentelle et ma vie de prière correspondaient à mes besoins.
En me donnant des conseils dans ce domaine, il m’a donné les bons
moyens pour gouverner ma vie chrétienne. Depuis, il vérifie régulièrement
où j'en suis : la vie n’est pas lisse ! Dès qu’il y
a un problème, il y a souvent un relâchement dans la vie de prière.
Il est là pour m’aider à repartir.
Depuis le début,
il ne m’a jamais mis en garde ou interdit de faire quelque chose. Parfois
j’aurais préféré plus de fermeté, cela m’aurait évité des
erreurs… Mais il a un trop grand respect de ma
liberté.
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