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Page 4 sur 4 Si tout cela fait ”Tilt”... Supposons que tu ressentes un certain nombre de ces éléments et que tu te dises ”Je ne les cacherai pas.” Que faire alors ? - Céder à l’attrait de la prière et du silence
Planifie dans ta vie des moments de réflexion, de méditation, d’oraison ; profite de ce qui t’est offert, mais mets-toi aussi en recherche ; passe un jour dans une abbaye, participe à des sessions bibliques ; arrête-toi et brise le rythme travail-loisirs-repos. Cet appel ne peut pas mourir dans l’armoire.
- S’exposer à l’Évangile
Prends l’Évangile et lis-en une page ou deux ; ou simplement, ouvre-le et lis ne fût-ce qu’une ligne ou deux. Tu peux te rendre vulnérable à la parole de Dieu durant l’eucharistie, à l’église ou n’importe où. Remue une phrase et expose-toi.
- Fréquenter les sacrements et s’engager
Fréquente l’eucharistie et va confesser tes péchés. Ensuite, engage-toi sur le plan social et évangélique. Fais plus que la normale, le raisonnable, le convenable. Dis-toi à tout instant : ”Je veux faire quelque chose de plus, il faut que cela déborde.” L’Évangile parle d’une justice surabondante. Jésus dit : ”Si tu ne fais pas ce que tout le monde fait, les païens le font aussi. Où se situe alors ce qui t’est propre ?” Au lieu de ne pardonner que les fautes d’inadvertance commises envers toi - une porte restée ouverte qui t’a coûté un rhume - pardonne les vraies fautes intentionnelles. Jésus dirait : ”Fais ce que tous ne font pas.” Si tu dis : ”Je ferais juste ce qu’il faut”, alors tu mets ta vocation dans le placard.
- Rejoindre d’autres
 © esprit-photo.com Rejoins d’autres personnes qui regardent les mêmes étoiles au firmament pour se guider, qui ont une même sensibilité. Si tu restes seul avec ta lampe à huile allumée, elle va s’éteindre. On a raison de dire qu’un chrétien qui est seul aujourd’hui est en danger de mort. Que ceux qui ont une vocation, quelle qu’elle soit, se regroupent ; qu’ils se rassemblent pour prier, réfléchir, lire l’Évangile ensemble, s’encourager mutuellement et vivre l’eucharistie. Nous sommes si isolés dans le monde dès que nous nous intéressons à Dieu et à l’Évangile, que, seuls, nous ne pouvons tenir. Heureux ceux qui ont un ami, une amie ou des amis à qui ils peuvent parler de ces choses.
- Parler à quelqu’un
Cherche de l’aide chez quelqu’un de plus âgé qui peut t’aider. Il ne faut pas nécessairement que ce soit un prêtre. Ce peut l’être, et peut-être de préférence, non pas parce que le prêtre est plus saint, mais parce qu’il a été formé pour aider les autres. Personne n’est juge dans son propre cas. Pour savoir ce que Dieu veut de toi, parle à quelqu’un. Si tu ne parles qu’à toi-même, tu seras toujours d’accord avec toi-même. Ou bien tu te décourageras : ”Je suis seul à me poser les questions et à me donner les réponses.” Un interlocuteur peut t’aider et te répondre de façon plus objective. C’est important et c’est une preuve de générosité.
Beaucoup portent en eux-mêmes une vocation, mais n’en parlent jamais. C’est que le fruit n’est pas mûr. Une fois qu’on a le courage d’en parler, c’est un signe que le fruit a mûri : la pomme tombe de l’arbre dès qu’elle a pris assez de poids. Ce n’est qu’à partir du moment où une chose a été discutée avec quelqu’un qu’elle est authentique. Il en va de même dans l’aveu. Aussi longtemps qu’on pense : ”Je n’aurais pas dû faire cela, je le regrette”, on n’est pas encore parvenu à maturité. Mais lorsqu’on dit à quelqu’un : ”Je l’ai fait et je le confesse”, alors on se reconnaît coupable et on est mûr. Ne pas parler veut dire : ”Ce n’est pas encore né, même si c’est vrai.” Ce n’est qu’en l’exprimant que cela naît. - Se mouiller
Si tu trouves en toi tout ce dont je viens de parler, et si tu en as parlé à quelqu’un, tu ne peux savoir si tu as la vocation que quand tu oses sauter dans le noir : ”J’entre dans ce mode de vie avec intuition et j’essaie...” Il faut vraiment l’expérimenter. Tu ne pourras jamais vérifier une vocation par correspondance !
- Aller voir
 © esprit-photo.com Quand Jésus appelle ses premiers disciples, il prend l’initiative : ”Que cherchez-vous ?” Ils lui répondent : ”Maître, où habites-tu ? Donne-nous ton adresse.” Jésus dit : ”Venez et voyez !” Mais il ne donne ni adresse, ni explication. Il appelle. Ils allèrent et regardèrent, dit l’Évangile. Et ils restèrent un jour. Voilà la vocation qui t’attend : ”Viens et vois !” Dix lignes plus loin dans le même Évangile, Philippe rencontre Nathanaël et dit : ”J’ai trouvé Jésus, le fils de Joseph de Nazareth.” Il décline sa carte d’identité : son nom, celui de son père, sa résidence.
Et que dit Nathanaël ? ”Rien de bon ne peut sortir de Nazareth ! Cela n’ira pas.” Que fait alors Philippe ? Il reprend la méthode de Jésus : ”Viens voir !” Nathanaël va et regarde. Jésus lui dit : ”Je te voyais assis sous le figuier avant que Philippe ne t’appelle.” - ”Comment as-tu pu me voir sous le figuier ?” - ”Je t’ai vu, dit Jésus, tu es un vrai Israélite, tu ne t’en laisses pas conter !” Nathanaël abandonne la partie et dit : ”Seigneur, tu es le Fils de Dieu, le roi d’Israël” (Jn 1, 49). C’est la plus grande confession jamais faite. Il me semble alors que le seul moyen de savoir si tu as une vocation, c'est de venir voir. Le reste n'est que préparation. Si tu y vas, des feux brilleront. Lettre ouverte aux jeunes, pastoralia Mai 1996. Cardinal Godfried Danneels archevêque de Malines
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