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Si c’est Dieu qui t’appelle, tu le
reconnaîtras. Dans ce monde dans
lequel nous vivons, un monde
calciné et pétrifié par la misère et
le silence, monde ravagé où Dieu
semble absent, en ton cœur
habitera le buisson ardent de la
flamme de Dieu et tu reconnaîtras
sa voix, non seulement pour toi,
mais pour tes frères. Cette présence
fera résonner la symphonie de
l’univers : non un désert perdu,
un monde sans signification,
mais un monde rempli de beauté.
 © esprit-photo.com
Tu verras que ce monde parle et
chante la louange de Dieu,
l’univers en sa splendeur matérielle
et spirituelle, la multitude des
hommes et des peuples en
leur histoire passionnante.
Tu reconnaîtras dans
ce monde une symphonie
secrète ; et celui qui la
joue, Dieu, créateur de
toutes choses, sans cesse
t’associe à son chant.
Ta vie chantera d’amour
et tu sauras prier, et tu
voudras prier. Au point que
tu voudras donner ta vie
pour lui. Ce don de ton
existence ne t’apparaîtra
pas comme une perte,
mais comme le plus grand
bonheur de ta vie. Si Dieu
t’appelle, tu reconnaîtras celui qui
t’appelle.
Si Dieu t’appelle, tu ne te révolteras
plus avec amertume quand tu
verras la sottise, la haine, le
malheur ou l’injustice qui semblent
triompher. Tu ne seras plus
accablé quand tu verras des
hommes tuer des hommes. Tu ne
seras plus désespéré quand tu
verras la misère en écraser
d’autres. Tu ne te boucheras plus
les oreilles quand tu entendras
les cris des révoltés, les cris des
agonisants, les cris des enfants qui
meurent. Tu ne frapperas plus de
rage sur toi-même quand tu
percevras le mensonge et l’insulte. Tu ne te diras plus : "A quoi
bon ?" Tu n’auras plus envie de
mourir ou de partir. Pourquoi ?
Si Dieu t’appelle, tu reconnaîtras
le visage du Christ, toute
compassion, tout amour et toute
bonté. Tu reconnaîtras la tendresse
sans mesure de Dieu qui prend sur
lui-même, dans cette compassion
du Christ, l’homme perdu pour le
retrouver, l’homme mort pour le
faire vivre et tu auras envie de
suivre le Seigneur Jésus Christ,
le Messie souffrant, jusqu’en son
abandon, pour que l’homme ne
soit pas abandonné.
Si Dieu t’appelle, la croix
t’apparaîtra une splendeur de vie et non l’échec suprême du monde.
La croix t’apparaîtra comme
l’arbre de vie et non le gibet de
la mort. La croix t’apparaîtra
comme le chiffre et la clé qui
permettent de comprendre ce
monde. Si Dieu t’appelle, tu
voudras suivre le Christ en sa
Passion pour le salut de tes frères
et tu n’auras pas peur.
 © esprit-photo.com Si Dieu t’appelle, ne crains pas.
Si Dieu t’appelle, de tes pauvres
lèvres muettes pourra jaillir la voix
du Christ que les hommes
reconnaîtront. Si Dieu t’appelle,
tu seras pardonné de tes péchés et tu oseras donner le pardon de
Dieu alors que tu t’en sens
indigne. Si Dieu t’appelle, tu seras
le ministre et le serviteur de ce
corps brisé et livré, pain de vie,
pour que les hommes en soient
nourris. Si Dieu t’appelle, tu
recevras l’insulte, on dira du mal
de toi, tu ne seras pas compris,
mais tu sauras que tu partages le
sort du Christ. Lui qui, insulté, ne
rendait pas l’insulte, mais
pardonnait. Lui qui, abandonné,
rétablissait la communion des
hommes perdus avec l’amour de
son Père et notre Père. Si Dieu
t’appelle, tu n’auras pas peur de
livrer ta vie, car ta vie livrée est
unie à la vie donnée du Christ.
Si Dieu t’appelle, ton cœur va
s’ouvrir à une dimension d’amour
que tu ne soupçonnais pas. Tu vas
aimer ce peuple. Non seulement
comme le compagnonnage que
tout homme recherche. Non
seulement comme la fraternité
dans laquelle nous retrouvons
enfin des hommes disponibles à
l’amitié pour exorciser la solitude
d’un cœur qui erre sans cesse,
ne sachant où trouver la chaleur
d’une communion. Non ! Tu vas
aimer à fonds perdus tous les
hommes. Car en tout homme tu
reconnaîtras un frère qui t’est
donné, une richesse nouvelle et
insoupçonnée. Tu vas aimer ce
peuple que le Christ lui-même
rassemble et pour lequel tu seras
la figure du berger. Tu vas aimer
ce peuple qui va te porter ; même
s’il te donne des coups, il sera ton
soutien et ta force : ce peuple,
l’Église entière en sa fonction
maternelle toute d’amour et de paix, qui prie, rend grâce et bénit
Dieu, ce peuple par qui le salut
entre dans le monde.
Si Dieu t’appelle, n’aie pas peur :
tu reconnaîtras sa voix, suis-le.
Si Dieu t’appelle, n’aie pas peur :
l’Esprit est ta vie.
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