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Comment devenir saints ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Monseigneur Vingt-Trois   
Sommaire de l'article
Saint de Dieu, ami de Dieu
Vouloir se laisser faire
Désir et liberté
Discerner ce que Dieu désire

Je voudrais maintenant développer ce chemin de sainteté. Nous aurons quatre repères.

Le premier repère, c’est le désir de sainteté.

Il faut que nous partagions l’ambition de Dieu, que nous soyons capables de redevenir des enfants qui espèrent : "Je veux devenir saint !"

La sainteté est d’abord un désir avant d’être un programme : je veux devenir saint, je veux que s’accomplisse en moi l’ambition de Dieu, je veux vivre de la plénitude de Son amour et dans la plénitude de la charité avec mes frères. Il n’est pas temps encore de considérer les conditions. Il faut que nos désirs soient parfois irréfléchis, que nous soyons capables d’une passion pour l’Amour de Dieu, que notre cœur aspire à plus de bonheur, de paix et de joie, il faut que nous rêvions de la sainteté !

Nous sommes bien capables de porter des rêves moins importants et parfois même de les réaliser ! Heureusement d’ailleurs, car si le cœur de l’homme n’était pas traversé par des rêves, il serait complètement enfoui, amorphe. C’est l’ambition humaine, le désir de réaliser, le désir de progresser, de posséder qui dynamisent le cœur de l’homme. Qui n’a rêvé d’un voyage, d’une maison, d’un avion, d’un bateau, d’une voiture… ? Qui n’a rêvé de vacances ? Il faut rêver, il faut désirer, il faut souhaiter, il faut demander de devenir saint. Il faut supplier que s’accomplisse en nous le commandement du Christ : que nous devenions parfaits comme notre Père Céleste est parfait.

Deuxième condition : la purification de notre liberté.

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© esprit-photo.com
Reprenons le dialogue entre Jésus et le jeune homme riche, car il s’agit précisément de répondre à la question que nous nous posons.

Voilà un jeune homme bien sous tous rapports qui demande au Christ : "Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ?" (voir Mc 9, 17-22). En voilà un qui désire la sainteté, il est habité d’une saine ambition : il veut posséder la vie éternelle. Quoi de plus légitime et quoi de plus beau ?

Et Jésus posa son regard sur lui et l’aima. Eh oui ! Il est vraiment admirable, il veut posséder la vie éternelle.

"Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements." Premier niveau, première marche : mener une vie droite. Il n’y a pas de sainteté là où il n’y a pas de jugement entre le bien et le mal, si l’on est pas prêt à choisir le bien et à refuser le mal.

Alors le jeune homme lui dit : "Tout cela, je l’ai gardé, j’ai mené une vie droite, alors que me manque-t-il encore ?" Que me faut-il de plus que d’être un honnête homme ?

Jésus lui répond alors : "Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel puis viens et suis-moi."

Là, on dépasse la première marche de la vie droite et on passe à la deuxième marche, qui est la marche de la gratuité, de la grâce de l’Amour, du supplément de la générosité, du davantage. C’est la purification de la liberté.

Il y a un bon désir dans son cœur, il veut être saint et il demande ce qu’il faut faire. Y a-t-il de meilleures dispositions ?

Et Jésus lui dit ce qu’il faut faire. Le jeune homme s’en alla contristé, car il avait de grands biens. Il n’était pas prêt pour la purification de la liberté, il voulait bien devenir saint mais il voulait tout garder, à la manière de la possession de ce monde qui veut à la fois la sainteté et les satisfactions d’une vie confortable, la générosité et ne pas se priver de quelque chose, la richesse de la relation avec les autres, de l’amour fraternel et la tranquillité de la solitude, un travail intéressant, bien payé, qui donne des satisfactions à l’esprit et en même temps ne pas trop se fatiguer, être tout à fait donné et se garder complètement.

C’est ce qu’on appelle une contradiction logique, c’est-à-dire qu’on ne peut pas à la fois être blanc et noir, vouloir plus et vouloir moins, être riche et pauvre, en bonne santé et malade. Eh bien ! On ne peut pas à la fois être saint et en refuser les moyens. La purification de la liberté, c’est commencer à entrer dans ce chemin de dépossession, de dépouillement, d’abandon, de don total à la personne du Christ. Et c’est de cela que Jésus dit que c’est impossible aux hommes mais que c’est possible à Dieu : "En vérité je vous le dis, il sera difficile à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux. Oui, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux."


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