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Dans votre Message pour la XXIe Journée mondiale de la Jeunesse, vous nous avez dit qu'il "est urgent que naisse une nouvelle génération d'apôtres enracinés dans la Parole du Christ". Ce sont des paroles si fortes et si exigeantes qu'elles font presque peur. Bien sûr, nous aussi, nous voudrions être de nouveaux apôtres mais voulez-vous nous expliquer plus précisément ce que sont, d'après vous, les principaux défis à affronter à notre époque, et comment vous imaginez vous-même ces nouveaux Apôtres ? En d'autres termes : qu'attendez-vous de nous, Sainteté ?
Nous nous demandons tous ce que le Seigneur attend de nous. Il me semble que le grand défi de notre temps — c'est ce que me disent également les évêques en visite "ad limina", ceux d'Afrique par exemple — soit la sécularisation : c'est-à-dire une façon de vivre et de présenter le monde comme si "Deus non daretur", c'est-à-dire comme si Dieu n'existait pas. On veut réduire Dieu à la sphère du privé, à un sentiment, comme s'Il n'était pas une réalité objective et ainsi, chacun forme son propre projet de vie. Mais cette vision qui se présente comme si elle était scientifique, n'accepte comme valable que ce qui peut être vérifié par l'expérience. Avec un Dieu qui ne se prête pas à l'expérience immédiate, cette vision finit par déchirer la société également : le résultat est en effet que chacun fait son propre projet et à la fin, tous s'opposent les uns aux autres. Une situation, comme on le voit, absolument invivable. Nous devons rendre Dieu à nouveau présent dans nos sociétés. Cela me semble être la première nécessité : que Dieu soit à nouveau présent dans notre vie, que nous ne vivions pas comme si nous étions autonomes, autorisés à inventer ce que sont la liberté et la vie. Nous devons prendre acte du fait que nous sommes des créatures, constater qu'il y a un Dieu qui nous a créés et que demeurer dans sa volonté n'est pas une dépendance, mais un don d'amour qui nous fait vivre. Le premier point est donc de connaître Dieu, de le connaître toujours mieux, de reconnaître dans ma vie que Dieu est là, et que Dieu y joue un rôle.  © esprit-photo.com Le second point — si nous reconnaissons que Dieu est là, que notre liberté est une liberté partagée avec les autres et qu'il doit donc y avoir un paramètre commun pour construire une réalité commune — le second point, disais-je, soulève la question : quel Dieu ? Il existe en effet tant de fausses images de Dieu, d'un Dieu violent, etc. La deuxième question est donc : reconnaître le Dieu qui nous a montré son visage en Jésus, qui a souffert pour nous, qui nous a aimés jusqu'à la mort et ainsi, a vaincu la violence. Il faut rendre présent, avant tout dans notre "propre vie", le Dieu vivant, le Dieu qui n'est pas un inconnu, un Dieu inventé, un Dieu uniquement pensé, mais un Dieu qui s'est montré, qui s'est révélé, et qui a révélé son visage. Ce n'est qu'ainsi que notre vie devient vraie, véritablement humaine et ce n’est qu’ainsi également, que les critères du véritable humanisme deviennent présents dans la société. Ici aussi vaut le principe selon lequel, comme je l'avais dit dans la première réponse, nous ne pouvons pas construire seuls cette vie juste et droite, mais nous devons marcher en compagnie d'amis justes et droits, de compagnons avec lesquels nous pouvons faire l'expérience que Dieu existe et qu'il est beau de marcher avec Dieu. Et marcher dans la grande communauté de l'Eglise, qui nous présente au fil des siècles la présence du Dieu qui parle, qui agit, qui nous accompagne. Je dirais donc : trouver Dieu, trouver le Dieu qui s'est révélé en Jésus Christ, marcher en compagnie de sa grande famille, avec nos frères et sœurs qui sont la famille de Dieu, cela me semble être le contenu essentiel de cet apostolat dont j'ai parlé. Cette question a été poséé au St Père lors d'une rencontre avec les jeunes de Rome pour préparer les Journées Mondiales de la Jeunesse 2006 dans les diocèses © Copyright du texte original en italien : Libreria Editrice Vaticana Traduction réalisée par ZENIT.org |