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Très Saint Père, face aux préoccupations, aux incertitudes quant à l'avenir, ou encore lorsque je me retrouve simplement face à la routine quotidienne, je ressens moi aussi le besoin de me nourrir de la Parole de Dieu et de mieux connaître le Christ, afin de trouver des réponses à mes questions.
Je me demande souvent ce que ferait Jésus s'il était à ma place dans une situation précise, mais je n'arrive pas toujours à comprendre ce que me dit la Bible. De plus, je sais que les livres de la Bible ont été écrits par des personnes différentes, à des époques différentes, toutes très éloignées de moi. Comment puis-je reconnaître que ce que je lis est la Parole de Dieu qui interpelle ma vie ? Merci.  © esprit-photo.com
- Je réponds en soulignant déjà un premier point : il faut dire avant tout que les Saintes Ecritures n’est pas à lire pas comme un livre d'histoire quelconque, comme nous lisons, par exemple, Homère, Ovide, Horace; il faut la lire réellement comme la Parole de Dieu, c'est-à-dire en instaurant un dialogue avec Dieu. Il faut avant tout prier, parler avec le Seigneur : "Ouvre-moi la porte". C'est ce que dit souvent saint Augustin dans ses homélies : "J'ai frappé à la porte de la Parole pour trouver finalement ce que le Seigneur veut me dire". Cela me semble un point très important. On ne lit pas les Ecritures selon les méthodes de l’université, mais en priant et en disant au Seigneur: "Aide-moi à comprendre ta Parole, ce que tu veux me dire dans cette page".
- Un second point est : les Saintes Ecritures introduisent à la communion avec la famille de Dieu. On ne peut donc pas lire seul les Saintes Ecritures. Certes, il est toujours important de lire la Bible de façon très personnelle, dans un dialogue personnel avec Dieu, mais en même temps, il est important de la lire en compagnie des personnes avec lesquelles on chemine, se laisser aider par les grands maîtres de la "Lectio divina".
Nous avons, par exemple, tant de beaux livres du cardinal Martini, un véritable maître de la "Lectio divina", qui aide à entrer dans le vif des Saintes Ecritures. Il connaît bien toutes les circonstances historiques, tous les éléments caractéristiques du passé, mais il cherche toujours à ouvrir également la porte pour montrer que des paroles appartenant apparemment au passé sont également des paroles du présent. Ces maîtres nous aident à mieux comprendre et également à apprendre comment bien lire les Saintes Ecritures. Il est ensuite généralement opportun de la lire en compagnie des amis qui cheminent avec nous et qui cherchent, avec nous, comment vivre avec le Christ, quelle est la vie qui nous vient de la Parole de Dieu.
 © esprit-photo.com Troisième point : s'il est important de lire les Saintes Ecritures aidés par les maîtres, accompagnés par les amis, les compagnons de route, il est important en particulier de la lire en compagnie du Peuple de Dieu en pèlerinage, c'est-à-dire dans l'Eglise. Les Saintes Ecritures ont deux sujets. Tout d'abord le sujet divin : c'est Dieu qui parle. Mais Dieu a voulu faire participer l'homme à sa Parole. Alors que les musulmans sont convaincus que le Coran est inspiré oralement par Dieu, nous croyons que pour les Saintes Ecritures, la synergie, comme le disent les théologiens, est caractéristique; la collaboration de Dieu avec l'homme. Celui-ci implique son peuple à travers sa Parole et ainsi, le deuxième sujet — le premier sujet étant, comme je l'ai dit, Dieu — est humain. Il y a des écrivains individuels, mais la continuité d'un sujet permanent, le Peuple de Dieu qui marche avec la Parole de Dieu et qui est en dialogue avec Dieu. En écoutant Dieu, on apprend à écouter la Parole de Dieu et puis également à l'interpréter. Et ainsi, la Parole de Dieu devient présente, car les personnes individuelles meurent, mais le sujet vital, le Peuple de Dieu, est toujours vivant, et est identique au fil des millénaires : c'est toujours le même sujet vivant, dans lequel vit la Parole.
Ainsi s'expliquent également de nombreuses structures des Saintes Ecritures, en particulier ce que l'on appelle la "relecture". Un texte ancien est relu dans un autre livre, par exemple cent ans plus tard, et alors, on comprend pleinement ce qui n'était pas encore perceptible à cette époque, même si cela était déjà contenu dans le texte précédent. Et il est relu encore une nouvelle fois, plus tard, et une fois de plus, on comprend d'autres aspects, d'autres dimensions de la Parole.
 © esprit-photo.com C'est ainsi, dans cette relecture et réécriture dans le cadre d'une continuité profonde, tandis que se succédaient les temps de l'attente, que se dont développées les Saintes Ecritures. Enfin, avec la venue du Christ et l'expérience des apôtres, la parole est devenue définitive, de sorte qu'il n'y a plus de réécritures, mais des approfondissements de notre compréhension continuent d'être nécessaires. Le Seigneur a dit : "L'Esprit Saint vous introduira dans une profondeur que vous ne pouvez pas comprendre à présent". La communion de l'Eglise est donc le sujet vivant des Ecritures. Mais à présent également, le sujet principal est le Seigneur lui-même, qui continue à parler dans les Ecritures qui sont entre nos mains. Je pense que nous devons apprendre ces trois éléments: lire dans un dialogue personnel avec le Seigneur; lire accompagnés par des maîtres qui ont l'expérience de la foi, qui sont entrés dans les Saintes Ecritures; lire au sein de la grande communauté de l'Eglise, dans la Liturgie de laquelle ces événements deviennent toujours à nouveau présents, dans laquelle le Seigneur parle à présent avec nous, afin que nous entrions toujours plus dans les Saintes Ecritures, dans lesquelles Dieu parle réellement avec nous aujourd'hui. Cette question a été poséé au St Père lors d'une rencontre avec les jeunes de Rome pour préparer les Journées Mondiales de la Jeunesse 2006 dans les diocèses © Copyright du texte original en italien : Libreria Editrice Vaticana Traduction réalisée par ZENIT.org |