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Chaque croyant est invité à découvrir ou à dépoussiérer le sens profond de la messe : si l’eucharistie nourrit la foi, elle est avant tout signe et ferment de la communion du peuple de Dieu.
 © Esprit-photo Aujourd'hui c'est dimanche !
Repos dominical. Je sens bien que
le travail, les études ne sont pas
l'unique but de ma vie – je ne
souhaite pas qu'ils le soient – et,
surtout, je sais que Jésus compte
sur ma présence. Il me le fait
savoir par une communauté
précise, petit groupe d'aumônerie
de jeunes ou d'étudiants, paroisse
de mon quartier, unité scoute.
J'irai à la messe pour vivre un
temps de fraternité avec ces
compagnons de foi, et répondre
à l'appel du Christ qui se rend
présent lorsque quelques-uns se
réunissent en son nom.Si j'ai pris le temps de lire un peu
avant, dans la semaine, la veille ou
le matin même, les lectures de ce
jour, je sais que je serai plus
réceptif à la Parole. Les mots me
seront moins étrangers : ce que
Dieu veut me dire fera son chemin
tout simplement dans mon coeur. En arrivant à l'église je retrouve
des connaissances, des amis
parfois, et puis certains me sont
inconnus. Mais tous sont mes
frères pour ce moment que nous
allons vivre ensemble. Dieu parle
toujours d'un peuple : j'y suis dans
ce peuple, j'en suis membre. Participer à la messe m'ouvre une
perspective bien plus large que ma
seule relation personnelle avec
Dieu. Cela, c'est pour la prière
dans ma chambre à n'importe
quel moment. Le dimanche je suis
invité à prendre part à un cercle
plus vaste, celui de la liturgie. Je
ne vais pas choisir la chaise la plus
isolée, tout au fond, je vais faire
corps avec ceux que je connais et
ceux que je ne connais pas, mais
qui sont tout simplement là,
fidèles comme moi à ce rendez-vous
hebdomadaire. Une prière d’assemblée  © Esprit-photo Certaines prières sont dites à voix haute, d'autres sous forme de
dialogue attendent ma réponse,
les chants appellent ma
participation active. Avec ma voix,
ajoutée à celle des autres, c'est
une prière d'assemblée qui monte
vers Dieu, correspondant aux mots
prononcés : « Fais de nous,
Seigneur, une éternelle offrande
à ta gloire ».Pendant la prière universelle
j'ajoute toujours mentalement
quelques intentions personnelles
car je pense à tel ou tel qui est
isolé ou malade, en révolte, en
difficulté ou devant un choix
important. Je les incorpore à la
prière de la communauté et j'aime
que le célébrant mentionne
« pour toutes ces intentions et
celles qui sont présentes dans
l'intimité de nos coeurs ». Dans le panier de la quête qui
passe devant moi je mets mon
offrande, petite part de mon
travail qui est au même instant
présentée par le prêtre sur l'autel
sous la forme du pain et du vin,
« fruits de la terre et du travail des
hommes ». Dieu veut recueillir jusqu'à la plus petite miette de ce
que nous produisons et
partageons afin de nous donner
sa vie en plénitude. J'écoute avec attention et j'essaie
d'intérioriser les paroles de la
prière eucharistique que le prêtre
dit à voix haute. Je me sens
profondément associé au
mouvement d'élévation qui
représente tout notre désir de
peuple de Dieu d'être uni au
Christ qui, lui, s'offre au Père dans
le seul sacrifice qui lui est
agréable. Lorsque nous sommes invités à
dire « Notre Père », je sens bien
que nous entrons plus avant dans
le mystère de communion : c'est
une prière commune adressée à
notre Dieu qui nous enveloppe de
tendresse paternelle. Il fait de
nous ses enfants et de l'assemblée
un peuple de frères. Chacun est
responsable de l'autre, comme
dans une famille, et si parfois
l'initiative est lancée de nous
donner la main, cela fait ressortir
encore plus fortement le lien qui
nous unit. La paix de Dieu  © Esprit-photo Le geste de paix vient nous aider
à témoigner et appeler la
communion qui s’établit. Cette
paix que Dieu veut établir entre
tous les hommes nous est confiée
et partagée, pour que nous la
portions nous aussi, en nous et
au-delà de nous. C’est une
communion plus large que mon
propre sentiment. Par toute ma vie
je veux répondre à l’invitation du
Christ : va, porte au monde cette
paix qui n’est ni quiétude ni
confort, mais la paix des disciples
qui témoignent du Ressuscité.
Bien sûr il y a des réticences, des gens qui disent platement
"bonjour", des regards un peu
fuyants, mais c'est un de ces
moments où le Seigneur nous
attend au tournant : « Que
partages-tu avec les hommes, tes
frères, est-ce que la paix n'est
qu'un mot pour toi ou un travail
de chaque jour ? »Une grâce
vitale Je me lève pour communier au
Corps et au Sang du Christ, pain
unique fractionné pour tous. Je ne
suis pas invité à une relation
seulement « de toi à moi » avec le
Seigneur, mais, en recevant sa vie,
à m'unir à mes frères présents qui
communient comme moi. Certains
recevront l'eucharistie chez eux,
dans leur lit de malade, elle leur
sera portée par un membre de la
communauté qui signifie alors
l'union avec tous. Et si je rendais
ce service à mon tour ? Après une prière silencieuse et un
dernier chant « de communion »,
nous sommes tous envoyés en
mission pour que, là où nous
vivons, la grâce reçue durant cette
heure liturgique consacrée à Dieu
porte ses fruits : Dieu veut être
connu, il m'a choisi pour cela,
pour que son évangile soit
proclamé, que son amour pour
tous les hommes ne soit pas
bafoué, que sa vie soit le ferment
de nos existences. Quelque chose
lève dans mon coeur.
Oui, c’est une joie de découvrir
dans sa vie la place de
l’eucharistie : elle n’est plus vécue
comme une convocation pesante
et répétitive, mais comme une
grâce vitale. |