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L'Eucharistie est au coeur de la vocation des futurs prêtres : elle a souvent été le lieu de la découverte de leur vocation, elle les a accompagnés tout au long de leur discernement, comme elle est maintenant le centre de leur journée.
C'est l'eucharistie qui donne la force de vivre sa vocation de chrétien. C'est elle aussi qui permet de découvrir à quelle place le Christ nous appelle dans son Corps qui est l'Église. Nous le savons, l’eucharistie est
la source et le sommet de la vie
chrétienne. Cela est
particulièrement vrai pour toute
vocation. En effet, l’eucharistie est
un sacrement, c’est-à-dire un signe
efficace de la grâce de Dieu. Cette
grâce est multiple : de façon réelle,
entre autres, elle rend présent le
Christ lui-même, dans tout son
mystère pascal ; elle construit
l’Église et son unité ; elle nous fait
aimer l’Église, corps du Christ ;
elle nous fait goûter la Parole,
par laquelle nous connaissons le
Christ… Comment alors ne pas
être certain que l’eucharistie puisse
permettre à quelqu’un de découvrir
et d’approfondir sa vocation ?  © esprit-photo Celui qui se sent appelé à être prêtre,
diacre, religieux ou religieuse devra
suivre le Christ en lui donnant sa
vie. Or, il est impossible de suivre
quelqu’un qu’on ne connaît pas.
L’eucharistie nous fait entrer dans
l’intimité de celui qui est à la
source de tout appel.
Le mystère pascal qu’elle rend
présent est aussi ce qui est vécu et
signifié par toute vocation consacrée,
dans le service de l’Église.
Jean Paul II, dans sa lettre apostolique
Mane nobiscum Domine de 2004,
parle de l’eucharistie comme
« principe et projet de mission »(annexe 4, 24-28). Et toute vocation est mission.
Enfin, pour une vocation sacerdotale,
l’eucharistie met le futur prêtre en
contact avec ce qu’il célèbrera et
qui sera le centre de ses journées. Tout cela est vrai à la fois pour la
participation à la liturgie de la
messe et pour l’adoration
eucharistique. Car il nous faut
comprendre que nous, chrétiens, ne
sommes pas appelés à simplement
célébrer l’eucharistie, mais à vivre
de façon eucharistique, c’est-à-dire
à avoir une vie en forme du Christ,
suivant le Christ. L’eucharistie est
principe de vie chrétienne, elle
contient la totalité de ce que nous
sommes appelés à vivre, elle nous
donne tout le programme d’une
vie chrétienne. Cela est vrai a
fortiori pour toute vocation. Cher jeune qui te poses la question
de la vocation, je te souhaite
d’avoir une profonde vie
eucharistique. Indispensable à la
vie de l’Église, l’eucharistie t’est
indispensable pour discerner ta
vocation. Tu y retrouveras celui qui
t’appelle parce qu’il t’aime. Elle te
fera aimer l’Église qu’il te
demande de servir. Par grâce,
dans notre pays, elle est à ta
portée, facilement accessible. Sans
doute demandes-tu conseil à
quelqu’un de confiance pour
discerner si tu es appelé. Le Christ,
ton meilleur ami, le « merveilleux
Conseiller » comme l’appelle le
prophète Isaïe (9, 5), est le
premier à qui tu dois le demander.
Et où peux-tu mieux le rencontrer
que dans l’eucharistie, le don de
lui-même qu’il a fait
à son Église ?
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"Pour moi (...) la messe est le coeur de ma vie. Elle relève plus d’une expérience
extraordinaire que d’un savoir, d’une explication. J’aimerais en parler davantage
en témoin qu’en enseignant, en amoureux qu’en professeur. Car on n’explique
pas ses amours, on essaie de les faire comprendre, ce qui est tout différent.
(...) Quand je fais visiter la cathédrale d’Evry, j’essaie toujours de placer mon
interlocuteur à l’endroit où le silence jaillit et où il se trouve renvoyé à lui-même.
J’aimerais trouver le point de vue qui permette une réflexion sur ce qu’est la
messe (…) mais d’abord en en faisant comprendre la profondeur.
Avant toute chose, pour mesurer celle-ci, il faut oser plonger en soi, entrer
dans son silence intérieur. C’est un préalable indispensable. Si vous visitez une
cathédrale en demandant combien elle a coûté, combien de tonnes de ferraille
soutiennent le toit ou combien de briques composent les murs, vous disposez
certes d’informations exactes, mais vous n’accueillerez jamais l’esprit du
monument. Comprendre requiert du silence, de la simplicité, voire dépend de la
qualité du coeur, de sa capacité d’accueil, de sa liberté intérieure. Personne ne
comprendra jamais la messe s’il est absent de lui-même. (…)
Je ne voudrais parler de la messe qu’en fonction du bonheur. Du bonheur d’être
aimé, du bonheur de porter l’amour à toute la terre, au nom de Dieu,
bien au-delà de nos propres forces."
Mgr Michel Dubost – L’Eucharistie, DDB 2005 p.9 à 11 |
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