 Situation apparemment anormale pour le monde, le célibat n'est pas toujours bien compris. Pourtant, dans la suite du Christ, Fils incarné, le célibat a un sens. 2 prêtres nous expliquent le sens du célibat. Nous ne devons jamais cesser de nous étonner de la chose suivante : lorsque le Fils de Dieu vient dans notre monde, se faisant semblable à l’homme en toute chose, il aurait pu fonder une famille, or il choisit de ne pas se marier.
Mais maintenant, constatons une autre chose : à aucun moment dans l’Évangile il n’est dit que Jésus est célibataire, par contre, à plusieurs reprises, il est dit explicitement être l’Époux. Voilà qui mérite d’être contemplé. En demeurant dans cet état de célibat, Jésus choisit de se rapprocher de l’homme blessé par la vie, dénué de reconnaissance. Pourtant, ses proches ne le voient pas comme un homme affaibli, un être en manque. Ils le voient comme l’homme accompli par excellence et ils disent que c’est lui l’Époux véritable. (Mc 2, 19-20 ; Jn 3, 29 ; Jn 15, 11 ; Jn 16, 24 ; Jn 17, 13) Jésus est demeuré célibataire dans un don absolu au Père d’une part, et aux hommes d’autre part. Sa mère, Marie, dès avant l’Annonciation, a reçu un appel de Dieu à se consacrer à lui dans la virginité. Dans les décennies qui ont suivi la vie terrestre de Jésus, des chrétiens voudront le suivre et l’imiter de façon radicale, jusqu’à choisir la même forme de vie. La virginité et le martyre sont alors les deux façons de se porter témoins de la Résurrection, les deux grandes preuves d’amour pour le Christ. Jésus a-t-il conseillé à ses disciples ce mode de vie ? Lorsqu’il parle à ses disciples de l’indissolubilité du mariage et qu’il voit la difficulté de certains à admettre une telle radicalité, il ajoute que "certains choisissent de ne pas se marier à cause du Royaume des cieux". Et face à la perplexité de certains devant ses propos, il dit encore : "Ce n’est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais ceux à qui Dieu l’a révélée" (Mt 19, 11). par le Père R. de Dinechin
 © Carmel de Montmartre L’histoire chrétienne est remplie d’hommes et de femmes qui ont consacré leur existence à Dieu en choisissant de ne pas se marier. Le célibat pour le Royaume
habite l’Église depuis le fondement,
depuis Jésus lui-même. Quelle
force de témoignage, quand on y
pense ! À travers leur vie originale,
ces chrétiens nous disent combien
Dieu comble entièrement ceux qui
s’abandonnent à lui. Souvent, tel
prêtre, telle femme consacrée, tels
religieux ou religieuse nous ont
touchés. Leur célibat ressemble à
un voile léger qui laisse paraître
une grâce intérieure. Leurs coeurs,
nécessairement ouverts, sont à
notre écoute. Ces témoins de Jésus
portent la prière vivante en leur
chair, ils sont prêts à aimer
inconditionnellement tous les
pauvres d’amour.
Qui renoncerait au bonheur ? Oui, mais après le premier
émerveillement, le célibat apparaît
à nos yeux comme une carapace
difficile à porter ! Nous connaissons
suffisamment le désir d’unir notre
vie à un être bien-aimé, d’épanouir
notre condition physique d’homme
et de femme et de fonder une
famille. Notre chair peut être
prière, elle peut être aussi force
insatiable de plaisir et d’amour.
Et qui renoncerait à ce bonheur ? Pourtant, le Christ appelle certains
à se consacrer dans le célibat
"pour le Royaume" (Mt 19, 12).
"Qui peut comprendre, qu’il
comprenne", ajoute-t-il ! Alors,
nous avons à comprendre, nous
autres, et ce n’est pas un court
chemin. Car, de fait, ce fameux
Royaume est situé avant tout au
ciel, avec la communion
bienheureuse de l’homme et de
Dieu. Pour le moment, nos désirs
nous appellent un peu partout.
Il faut choisir. Il faut saisir le sens.
Faire un choix Tout appel de Dieu est une grâce.
Celle du célibat pour le Royaume
est grande : c’est la consécration
d’une relation personnelle avec le
Seigneur Jésus, c’est l’expérience
d’une pauvreté comblée par le
Père, c’est l’appel de l’Esprit à
s’ouvrir à l’amour universel. Cette
proposition de vie spirituelle est un
don de Dieu. Celui qui y répond
expérimente alors un bonheur qu’il
ne soupçonnait pas, une joie qui
vient même contenter sa condition
corporelle.
par le Père B. Maës |