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Ordonné en 2002, Stéphane Duteurtre a passé six ans au Séminaire de Paris. "Lorsque j’ai commencé mon ministère en paroisse, la méditation systématiquement rafraîchissante de la Parole de Dieu m’a beaucoup aidé. Je me suis dit : "Avec la Parole de Dieu, je peux tenir 40 ans".
C’est pendant mes années de Séminaire que j’en ai pris le goût. Avant le Séminaire, j’avais très peu étudié la Bible. Autre point d’appui, la prière quotidienne. Si elle n’avait pas été ancrée dans ma vie par de nombreuses années au Séminaire, il aurait parfois été tentant de l’écourter. Surtout dans le ministère en paroisse, qui nous laisse peu de temps… Au Séminaire, nous étudions bien sûr la théologie, qui charpente la foi. Je regrette de ne pas avoir davantage travaillé certains points, comme la théologie du salut, l’épître aux Romains… Ou plutôt de ne pas les avoir suffisamment "assimilés". Un bon test pour le savoir, c’est le catéchisme : si je fais le singe savant qui répète, les enfants ne comprennent pas. Si je suis simple dans mes explications – c’est le cas lorsque j’ai bien "assimilé" la question – ça marche. Les prêtres plus âgés ont une aisance que je n’ai pas. Ils savent parler plus simplement et plus en profondeur. Humainement aussi, j’ai beaucoup appris, notamment dans la vie communautaire en "Maison". Je suis d’un caractère facile, cette vie ne m’a donc pas trop pesé. Mais il faut savoir que ce n’est pas une colonie de vacances. La vie en Maison, c’est comme la vie de famille : il y a de vraies tensions. Mais dans cette vie, prêtres et séminaristes ont pour moi été des exemples déterminants.
 Le Père Duteurtre (à droite) avec l'équipe des prêtres de N.D. de l'Assomption (16è) © D.R. Sur le plan spirituel, nous nous préparons à nous en remettre au Christ et à l’Eglise. Chaque année, certains de nos camarades quittent le Séminaire. Difficile de les voir partir… Difficile d’étudier et de se convertir pour le Royaume, sans savoir par quel chemin le Seigneur va me conduire. Aujourd’hui, ma vie de prêtre est à la fois identique à celle du séminariste – vie de prière, service des autres… – et radicalement différente. Car tout ce que je fais, je le vis comme prêtre. Ce changement doit être un peu comparable à celui du mariage. Il y a chez le prêtre, comme chez la personne qui se marie, une différence d’être, qu’on ne peut anticiper, qui ne peut que s’accueillir. C’est la raison pour laquelle il m’a paru heureux, après l’ordination, de poursuivre les études pendant un an pour m’habituer à être avant de faire. Des critiques au Séminaire ? On entend parfois dire qu’il "formate" les personnes. Venez passer une demi-journée au Séminaire et vous verrez la diversité des personnes qui y entrent. Venez à une rencontre avec les anciens du Séminaire de Paris dans les paroisses et les aumôneries… Cette diversité est fondamentale. Car on voit que le Christ rassemble des personnes de tous horizons. Un trait commun, peut-être, aux anciens séminaristes de Paris : le goût pour l’Ecriture Sainte. Nous avons une confiance d’enfant dans la Parole de Dieu."
avec l'autorisation de Paris Notre Dame (N°1107) |