L'art n’a pas de secret pour lui : ancien élève de l’Ecole du Louvre, Vincent Thiallier a aussi découvert durant ses études sa vocation… sacerdotale ! A l’entendre raconter sa vie d’étudiant, on pourrait croire qu'il en retient surtout les discussions entre les cours. Certes il y a les arts, les civilisations, la création contemporaine, les églises de Paris qu’il arpente une par une. Mais Vincent Thiallier en revient toujours à ces échanges entre amis : c’est là que tout s’est joué. Lui, qui n’avait jamais eu de rupture avec la foi et la pratique religieuse dans son Auvergne natale, le voici confronté à des étudiants incroyants. Incroyants mais très au fait de la Bible, sachant décrypter l’iconographie religieuse d’un tableau ou d’une statue. "Ils m’ont stimulé ! Ma culture chrétienne était réduite. J’ai décidé de mieux connaître les Ecritures, d’en approfondir ma lecture personnelle." Un soir "Avec un ami de l’école, nous étions allés loin dans notre échange sur la foi. J’en étais sorti très mécontent de moi, car je n’avais pas su témoigner du plus important. Ensuite, en y réfléchissant, deux choses me paraissaient essentielles dans ma vie de catholique : la messe, où le Christ s’offre à nous, et la confession où Dieu donne son pardon. J’ai alors réalisé que ces deux sacrements étaient donnés par le prêtre. La question m’est venue subitement : pour témoigner du Christ, devais-je envisager de pouvoir moi aussi donner ces sacrements ? J’ai trouvé immédiatement tous les arguments contraires car je pensais fonder une famille et faire une carrière dans le monde de la culture."
Père spi Finalement, Vincent se confie à un prêtre,"pour résoudre la question, m’en débarrasser, espérant qu’il me jugerait incapable d’être prêtre et que surtout, il ne me mettrait pas le grappin dessus. Il a été mon père spirituel et, pendant presque un an, nous n’avons pas abordé la question du sacerdoce. A la fin, c’est moi qui l’ai évoquée. Mais cette fois dans la paix et la joie. Je suis entré au séminaire deux ans plus tard, à 25 ans, après mon service militaire." Bon saint patron Selon Vincent, le 24 juin est un bon jour pour être ordonné. C’est en effet la Saint Jean-Baptiste. Le geste du prophète qui désigne le Christ de l’index – tant représenté par les artistes – est significatif pour Vincent. D’ailleurs, il a choisi les mots de Jean- Baptiste pour sa phrase d’ordination : "Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde" (Jn 1, 29). "Je crois que Jean-Baptiste est un bon saint patron pour le prêtre. Il s’efface pour dévoiler le Christ. S’effacer, c’est facile à dire, mais j’ignore encore comment le vivre. Beaucoup de prêtres le font différemment : dans leur manière de célébrer la messe, de parler aux gens en les renvoyant à ce que dit la Parole de Dieu. A moi de trouver comment permettre aux chrétiens de “m'oublier” pour “voir” le Christ !" De Claire Folscheid, avec l'aimable autorisation de Paris Notre Dame Légende de la photo : Dans la forêt de Fontainebleau avec les séminaristes de la Maison Saint-Bernard, en mai 2006. (assis au premier rang) | REPÈRES Naissance : le 22 avril 1974 à Pontaumur (Puy de Dôme) Ordination diaconale : le 15 janvier 2006 à Ste-Jeanne de Chantal (16e)Phrase d'ordination : "Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde." (Jn 1, 29)1ère messe : le dimanche 25 juin, à 11h, à Ste-Jeanne de Chantal (16e) |
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