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Très tôt, j’ai voulu être missionnaire. Dès que j’ai su lire, j’ai fréquenté les vies de saints, surtout des missionnaires. J’étais frappé par les changements qu’apporte la lumière du Christ : à la peur, à l’idolâtrie, aux superstitions, je voyais succéder la joie, la liberté, l’espérance.
Un terreau familial
Je suis né dans une famille catholique où l’on priait chaque jour, et cela a compté au-delà de tout ce qu’on peut dire. J’ai grandi dans un climat de foi fervente intégrée au quotidien, qui très tôt m’a permis de rencontrer Dieu comme une personne, de le reconnaître comme vivant et agissant dans ma vie et dans le monde. Cette certitude, acquise durant mon enfance, n’a jamais disparu. Vite elle s’est accompagnée du désir d’être prêtre ; mais elle est aussi passée par des moments plus troubles. Entre autres, mes études d’ingénieur à Lille furent un temps de grandes parenthèses pour la croissance de ma foi, pendant lequel la vocation est passée vraiment au second plan. Je pensais bien y revenir – je l’espérais – mais je la repoussais tout autant. Au fond, la croix me faisait peur. Ma foi était bien soutenue par ma famille, le scoutisme et des temps de retraite, mais elleétait pleine de compromis aussi ; je menais un peu une "double vie". Je repoussais le moment d’une vraie fidélité au Christ. Mais Dieu était là. Je savais que c’était sur Lui que je voulais fonder ma vie, que je ne pourrais pas être heureux sans Lui. J’avais ce désir au fond de moi, sans me donner les moyens de le vivre vraiment
Tout quitter pour Dieu
Après mes études j’ai décidé de rompre avec le rythme de la vie étudiante, de tout quitter, de recommencer du neuf avec le Christ. Il fallait faire le ménage dans mes habitudes, condition à mes yeux pour bâtir mon avenir affectif, professionnel, spirituel. A la suite d’un an d’école d’évangélisation avec la communauté de l’Emmanuel, où j’ai beaucoup reçu, la question du sacerdoce est revenue, s’imposant peu à peu parce qu’elle éclairait mon histoire, en lui donnant sens et cohérence. Après un an de mûrissement, pendant lequel j’avais choisi une activité professionnelle retirée pour discerner posément, je suis entré au séminaire. Là j’ai appris peu à peu à me donner tel que j’étais. Ces sept ans permettent de voir que l’appel pour chacun des séminaristes est particulier, que Dieu attend de chacun de nous des choses différentes, selon un chemin propre. C’est cela l’Eglise, et lire la Parole de Dieu nous aide à le découvrir : une même Parole est source de choses si différentes !
Se laisser transformer
Pour moi, le séminaire fut une chance, un temps de formation extraordinaire. Je ne comprends plus le monde aujourd’hui comme je le comprenais avant. J’ai découvert qu’en parlant au coeur de l’homme et en (res)suscitant sa liberté, Dieu prend corps dans l’histoire.
Saint Paul fut pour moi un maître. Il sait quel homme il fut : au rang des meurtriers ; il voit quel homme il est devenu : apôtre crucifié avec le Christ livré. Dans cette transformation, il est témoin véridique de la Résurrection. Au séminaire, j’ai eu la grande joie de découvrir peu à peu que Dieu agit aussi dans mon histoire. J’ai essayé d’apprendre à vouloir me laisser transformer, "eucharistier". C’est à cette condition seulement que le monde change. Nous avons à être source de vie les uns pour les autres. Le Christ a donné sa vie pour tous les hommes, et pour moi en particulier. Aujourd'hui il me donne de pouvoir donner ma vie, par Lui avec Lui et en Lui. Je lui rends grâce pour ce cadeau magnifique et le supplie d’y être fidèle.
De Claire Folscheid, avec l'aimable autorisation de Paris Notre Dame >>> Pour vous abonner à Paris Notre Dame >>>
Légende de la photo : Croisière en famille (2003),
avec sa mère, ses 5 frères et soeurs et ses 2 beaux-frères.
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REPÈRES
Naissance : le 22 octobre 1975 à Hesdin (Pas de Calais).
Ordination diaconale : 10 septembre 2006 à Ste-Clotilde (7ème).
Phrase d'ordination : "Pour la gloire de Dieu et
le salut du monde" (liturgie de la messe).
1ère messe : le dimanche 24 juin, à 11h, à N.-D. de la Nativité de Bercy (12ème).
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