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Des gestes simples
Ma mère m’apprenant le signe de croix et le “Je vous salue Marie”. Tel est
mon plus ancien souvenir d’enfant. J’ai passé mon enfance dans un petit village très catholique du nord du Vietnam, à la campagne. Mes parents sont agriculteurs et mon père est également charpentier.
Comme j’étais le plus grand des cinq enfants, avec trois soeurs et un frère, j’étais le seul que ma mère emmenait parfois avec elle à la prière du soir avec les villageois, alors que je ne comprenais pas encore grand-chose. Ma vie chrétienne a ainsi commencé avec des gestes très
simples.
L’amour de Dieu
Après mon bac, je suis parti étudier en école d’informatique à Hanoi, à 120 km de chez nous. C’est là qu’un oncle, très croyant, également étudiant à Hanoi, m’a fait connaître la communauté des Pères rédemptoristes, en 1995. Le père supérieur de la communauté m’a accueilli dans un groupe de jeunes étudiants. Tout en suivant chacun nos études, nous vivions ensemble dans la foi et partagions des cours d’Écriture, deux fois par semaine. Le but de cette vie fraternelle était d’aider chacun à trouver sa vocation, quelle qu’elle soit. Alors que la question de la prêtrise ne m’était jamais venue au cours de mes deux premières années d’étude, je fus interpellé par une homélie du père supérieur de la communauté, en 1998. Il évoquait l’amour de Dieu pour chacun. J’ai alors soudainement ressenti l’amour immense de mes parents pour moi et y ai reconnu l’Amour de Dieu se manifestant dans l’histoire des hommes. Je commençai à m’interroger sur ma vocation, et confiai au père supérieur, quinze jours après
cette homélie, mon désir de devenir prêtre. Un mois plus tard, je me décidai à braver mon appréhension pour annoncer cet appel à mes parents. Au Vietnam, l’aîné est très important
car il joue un rôle de pilier quand le père de famille devient âgé. La descendance
est aussi cruciale. J’ai parlé à ma mère en premier. Elle m’a dit, heureuse : "Cela fait si longtemps que je prie pour ta vocation." J’ai pleuré. Quel amour fou elle a pour moi ! Pour mon
père, cela a été plus difficile à accepter.
Suivre le Christ
Après quatre ans et demi d’école à Hanoi, en 2001,
je suis parti en France pour entrer au séminaire à Paris. Mon intégration en France n’a
pas été une chose aisée. Je ne comprenais pas le français. Pendant les deux premières années, je ne pouvais pas prendre de notes. Les autres séminaristes, après les cours, me réexpliquaient tout et me prêtaient les leurs. Il y avait des décalages culturels aussi. Mon tuteur d’études, Gérard Pelletier, m’a dit après mes deux premières années : "Tu as progressé, avant tu disais tout le temps oui mais tu n’agissais pas. Maintenant, ton oui est un oui et ton non est un
non." Dans la culture vietnamienne, il faut toujours répondre "oui" pour montrer qu’on a écouté la personne qui vous parle, ce qui ne veut pas dire que l’on va agir ! Malgré cela, je ne peux pas dire que le séminaire a été "dur" pour moi. L’Esprit Saint a agi et il m’a confirmé dans ma vocation. Suivre le Christ comme modèle, c’est ce qui m’attire le plus dans le sacerdoce.
De Louise d’Orglandes, avec l'aimable autorisation de Paris Notre Dame >>> Pour vous abonner à Paris Notre Dame >>>
Légende de la photo : Vincent Van Bao Maï
est entouré, à sa droite, de sa soeur qui porte un de ses enfants, et, à sa gauche, de ses parents et d’une autre petite soeur. Devant eux, des neveux de Vincent.
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REPÈRES
Naissance : le 19
janvier 1976.
Ordination diaconale : le 24 septembre
2006.
Phrase d'ordination :
"Comment rendrai-je au
Seigneur tout le bien qu'il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut. J’invoquerai le Nom du Seigneur" (Ps 115, 12-13)
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1ère messe : le dimanche
24 juin, à 10h30, à St-Michel des Batignolles.
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