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Tu as choisi de te donner gratuitement pour aider les plus jeunes à grandir dans le scoutisme. Tu découvres que les garçons et les filles que leurs parents te confient projettent parfois sur toi et sur la maîtrise à laquelle tu appartiens, aumônier y compris, un regard admiratif et qui cherche à imiter. N’aie pas peur ! Tu peux être un exemple pour les plus jeunes, malgré tes faiblesses ; les jeunes te font confiance et peuvent aller jusqu’à voir en toi l’adulte qu’ils voudraient devenir.
Pense à Jean Baptiste et ne te
prends pas pour le messie !
Montre aux autres le Christ, sans
arrêter à toi le regard des plus
jeunes.
Tu ne cherches pas à te faire
servir, ni à être glorifié, mais tu
veux servir, c’est-à-dire être utile à
ceux qui sont sous ta responsabilité
de chef et de cheftaine.
Tu connais la méthode scoute,
qui est un chemin évangélique de progression et d’engagement.
Tu veux vivre toi-même selon les
grands principes du scoutisme.
Quelles sont les grandes intuitions
des fondateurs du scoutisme, sur
lesquelles tu peux t’appuyer dans
ton service des plus jeunes, fournissant ainsi l’éveil de leur
vocation personnelle ?
Trois facettes du scoutisme
m’apparaissent particulièrement
favorables à l’éclosion d’une
vocation et à la réponse commençante
qui peut être donnée.
Chez les enfants et les adolescents,
avec des moyens pédagogiques
appropriés à chaque âge,
le scoutisme stimule et développe
les qualités d’observation et
d’écoute. L’observation attentionnée
et réelle du monde naturel, l’écoute
active de ce qui est demandé,
sont des qualités importantes pour
le développement harmonieux
d’une liberté. Comment pourraiton
engager un vrai oui sans une
présence réconciliée à soi-même
et aux autres ?
Une seconde facette est
l’importance des responsabilités
confiées à chaque étape de la
progression scoute. Du louveteau
au compagnon ou au routier, de
la jeannette à la guide aînée,
chaque garçon et chaque fille se
voit confier une responsabilité
proportionnée à son âge,
notamment envers les plus jeunes.
Et quand un jeune devient ainsi
le grand frère ou la grande soeur
d’un autre jeune, il se passe ceci :
la découverte, en germe, de ce
qui sera plus tard la paternité et la
maternité, y compris spirituelle.
Car un chef d’équipe ou de
patrouille, un assistant de maîtrise,
un chef ou une cheftaine n’engage
pas seulement des actes et des
paroles d’autorité qui font grandir
les autres dans leurs aptitudes à
connaître et à jouer ; il est aussi un entraîneur dans la foi, quand il
anime par exemple un temps de
prière ou un temps de réflexion.
Très jeune, dans le scoutisme, on
apprend à servir les autres dans
toutes les dimensions de leurs
personnes créées à l’image et
ressemblance de Dieu.
Enfin, une troisième facette doit être mentionnée : le climat du
scoutisme. C’est le climat d’une éducation intégrale de la personne
humaine. C’est un milieu qui
favorise et génère des échanges
vrais dans lesquels, comme disent
les jeunes, "on ne se prend pas la
tête". Combien de dialogues
simples et vrais se sont déroulés
pendant une marche, à l’heure
de la sieste, ou le soir autour d’un
feu ! Je me souviens de m’être
ouvert pendant un camp d’été en
Corrèze à l’aumônier scout de la
89ème rangers de Paris pour lui
dire mon désir de devenir prêtre.
Toi qui es chef, fais en sorte que
ton dialogue avec un jeune soit
suffisamment porté par la vie scoute
bien concrète, pour ne pas être un
dialogue en l’air mais un dialogue
vrai et responsable qui engage
déjà la liberté progressivement
adulte d’un enfant.
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