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Page 2 sur 4 Quelques indices  Cardinal Danneels © Archevêché de Malines-Bruxelles Si tu ne retrouves pas en toi tous les éléments que je vais évoquer, il ne faut pas croire que tu es anormal. Ce sont quelques indices qui m’ont frappé. Je les ai retrouvés aussi chez d’autres.- Avoir une certaine sensibilité pour des choses qui laissent les autres indifférents. Par exemple, un goût pour la fraîcheur des paroles de Jésus. Certaines de ses paroles ne te quittent plus. Tu les réentends toujours. ”Personne n’a un plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis.” De tels passages, qui ne disent pas grand chose à d’autres, te touchent. Quand tu t’en aperçois, il faut y prêter attention. - Avoir un penchant pour l’intériorité, une tendresse particulière qui se vit en silence. Il se peut que parfois tu n’en aies pas envie, mais au plus profond de toi, cet appel revient : ”Arrête-toi un instant, réfléchis ! Ne laisse pas passer le temps dans la dispersion.” Puis tu te dis : ”Si je suivais une session biblique ? Si j’allais dans une abbaye ?” Subjugué par le Christ, tu t’inscris sans être sûr d’y aller. Et finalement, tu y vas. - Avoir envie de regarder plus longtemps, de rester tranquille, de prêter attention à certaines choses et de donner du temps, par exemple, à une formation. Tu es content d’entendre parler quelqu’un, de lire, d’entendre à la radio ou à la télévision quelque chose de profond. ”Voilà ce que je dois écouter”, penses-tu. Si cette envie te prend, fais attention, car il se passe quelque chose.  © esprit-photo.com - Découvrir en soi un profond sentiment de ”compassion” : ne pouvoir accepter que des gens soient dans le malheur ou la misère ; les aider, souvent dans le plus grand secret... Tout en étant même un peu honteux à l’idée qu’on puisse le savoir parce qu’on pourrait te prendre pour un naïf, un inadapté à ce monde-ci...Cette compassion peut s’étendre à ceux qui sont psychiquement malades, qui ont du mal à rester debout dans la vie, qui perdent l’espoir. Pouvoir les écouter durant des heures, au point que tes amis te disent : ”Tu perds ton temps ! Il n’y a rien à faire.” Avoir une certaine délicatesse envers les enfants, les petits et les faibles, les handicapés, envers ceux qui ne peuvent pas suivre et sont exclus. Enfin - et c’est l’élément le plus profond - pouvoir compatir avec ceux qui sont ancrés dans le mal, qui sont esclaves de la drogue, de la sexualité non contrôlée ; qui mènent une vie superficielle, parmi les bêtises et l’argent. Alors que les autres les trouvent bêtes et prédisent une issue fatale, tu te dis : ”Je ne puis manquer de compassion.” Si tu as ces trois formes de compassion, avec ceux qui souffrent, avec les ”petits” et avec les pécheurs, elles sont des indices que Dieu a quelque projet sur toi.
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