 Sœur Louise, Fille de la Charité du Sacré Cœur de Jésus, est en mission d'évangélisation dans un lycée de la banlieue parisienne. Sa mission: partager un trésor!
"Il ne s'agit pas d'inventer un nouveau programme. Le programme existe déjà : c'est celui de toujours, tiré de l'Évangile et de la Tradition vivante. Il est centré en dernière analyse sur le Christ lui-même qu'il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en Lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l'histoire jusqu'à son achèvement dans la Jérusalem céleste." (Jean-Paul II, Lettre apostolique pour le troisième millénaire n°29). Cette phrase, sœur Louise la connaît par cœur et en vit ! Cette religieuse débordante de vie et d'humour voit dans ces quelques lignes une définition de la mission qu'elle partage avec sœur Dominique. "Nous sommes chargées de cette transformation de l'histoire", affirme-t-elle, et elle s'empresse d'ajouter en riant : "mais non pas seules… avec le Christ ! Et c'est à inventer chaque jour…" Sœur Louise appartient à la Communauté des Filles de la Charité du Sacré Cœur de Jésus, communauté fondée en vue de l'enseignement en milieu rural. Après avoir été longtemps directrice d'une école angevine, elle est désormais en mission d'évangélisation au sein du lycée Fénelon, à Vaujours (93). 7 h 40. Traversant la cour de récréation, sœur Louise se rend à la chapelle pour réciter les laudes en compagnie du chef d'établissement, de quelques membres de la communauté éducative, et parfois de quelques élèves. "Nous ne chantons pas, car nous sommes limités dans le temps : juste un petit quart d'heure avant le début des cours !" Mais quelle que soit sa durée, ce temps de prière liturgique permet de placer l'activité éducative sous le regard du Christ et de "donner ainsi du sens à la finalité voulue pour l'établissement. C'est très important". Ce temps de prière communautaire est ainsi "le lieu où les forces se rechargent auprès de Dieu". Avant que ne retentisse la sonnerie annonçant le début des cours, chacun gagne le lieu où son devoir l'appelle. Seules sœur Louise et sœur Dominique restent à la chapelle pour prier en silence, tel Moïse priant pour soutenir les efforts des fils d'Israël. Puis, comme les disciples envoyés aux foules après avoir reçu la force de l'Esprit Saint, sœur Louise retournera auprès de "son peuple", les élèves et professeurs. Ces derniers, "ce sont mes complices dans la façon d'annoncer l'Évangile", s'exclame-t-elle. "Nous tâchons de nous associer le plus possible de gens pour nous aider à transformer l'histoire avec Jésus. On les met dans le bain de l'Évangile." Mais, bien évidemment, pour pouvoir y plonger les autres, il faut y être immergé soi-même ! Aussi, après avoir, dans le cœur à cœur de l'oraison, rencontré le Christ, il s'agit de Le scruter, lui le Verbe de Dieu, dans la Bonne Nouvelle qu'il nous a donnée. Comment nourrir les autres, si nous-mêmes ne sommes pas pétris de cette Parole ? "Car si vous voulez une définition de notre mission, affirme avec conviction sœur Louise, ce serait de partager un trésor. Dieu est un trésor, et mon désir est de le faire connaître, de le faire aimer. Et je veux partager ce trésor avec le plus grand nombre de personnes possible !" Une nouvelle sonnerie retentit au lycée Fénelon. L'heure de la mission sonne ! Il est en effet temps pour sœur Louise de devenir hérault de la Bonne Nouvelle. Et cela par l'animation d'un groupe de réflexion composé d'élèves de seconde. Cet ancien professeur de lettres qui brûle de l'amour du Christ va déployer ses talents de pédagogue pour développer chez les jeunes qui lui sont confiés la connaissance du Christ : dotée d'une âme d'artiste, sœur Louise a réalisé avec l'aide de sœur Dominique, des livrets où iconographie et texte sacré se répondent. Partir de l'illustration permet certes de donner un peu de culture aux élèves, mais surtout de les faire pénétrer progressivement dans la profondeur du texte, ce qui est le but ultime. "Ces groupes veulent leur donner le goût de la Parole. C'est tellement important : c'est cela qui va les amener à Jésus. Or Jésus est celui qui nous inclut dans la vie trinitaire !" C'est pourquoi, en leur remettant le livret, sœur Louise s'empresse de préciser : "Attention ! Ce livret n'est pas pour les souris du grenier... Il sera dans votre chambre et vous l'ouvrirez de temps en temps, ne serait-ce que par amitié pour nous !" A midi, sœur Louise déjeune dans leur petit studio : "Je ne déjeune pas avec les professeurs. D'abord, je ne saurais pas à côté de qui me mettre parce que je les aime tous. Et puis, je les aime tellement que je ne penserais plus à manger !". Mais dès le début de l'après-midi, toujours au gré des sonneries qui rythment la vie d'un établissement scolaire, sœur Louise accueille les enseignants qui ont en charge un groupe de réflexion. "C'est l'occasion de leur donner les moyens d'être un peu plus à l'aise dans la Parole de Dieu." Nouvelle sonnerie annonçant cette fois la récréation. Ce moment de liberté permet à quelques élèves de venir faire une petite visite à sœur Louise. La magnifique icône de la Trinité de Roublev qui accueille les visiteurs est l'occasion de faire un peu de catéchèse de manière informelle. "Toute la catéchèse est là : l'Ancien et le Nouveau Testament, tout entier. Et puis, c'est beau en plus !" Avant que ne sonne la reprise des cours, une demande s'élève : "Vous prierez pour nous, sœur Louise ?" Et la réponse fuse : "Vous savez bien que je suis là pour prier et vous aimer !" Quand l'heure des vêpres arrive, en fin d'après-midi, toutes les personnes rencontrées sont confiées au Seigneur. L'attention à chacun, à chaque détail est important aux yeux de sœur Louise : "Tout est marquant, car tout est beau quand c'est accroché à Jésus !" A la fin du dîner, l'écoute du journal de vingt heures permet à nos deux religieuses d'être très en lien avec le monde. "C'est très important pour notre vie personnelle et pour les échanges que nous pouvons avoir." Le temps de prière qui succède aux informations permet à sœur Louise d'intercéder pour ses contemporains et de replacer sa vie sous le regard de Celui à qui elle s'est consacrée. "Nous avons tous la même vocation : la sainteté. Nous sommes tous consacrés à Dieu par le baptême. L'originalité profonde de la vie religieuse est de prendre davantage conscience de cette consécration baptismale." Au cœur de toute vie, la plus ordinaire soit-elle, l'essentiel, nous dit sœur Louise, est de "renouveler notre attention au Christ". Différents apostolats de la Congrégation des Filles de la Charité du Sacré Coeur de Jésus La congrégation des Filles de la Charité du Sacré Coeur de Jésus est implantée dans 13 diocèses français mais aussi en Amérique (Canada et Etats-Unis), Afrique (Bénin, Togo, Lesotho, République Sud africaine), Brésil, Madagascar, Tahiti.  Catéchisme en paroisse © FCSCJ  Bénévole dans une ludothèque © FCSCJ  Concert à but humanitaire © FCSCJ  La communion distribuée en maison de retraite © FCSCJ  Enseignante en collège : travail informatique © FCSCJ |