discerner1.jpg
J’ai plus de 30 ans et je m’interroge toujours sur une vie sacerdotale. Je me demande si j’ai les aptitudes requises pour être prêtre.
››› Lire la réponse
 
Contacter le Service des vocations :: Faire un don maintenant :: Rechercher :: Toutes vos questions...
Vous êtes ici : Accueil arrow Discerner ma vocation arrow Me repérer arrow Diacres deux mille ans de service
Diacres deux mille ans de service Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Bertrand Dumas   

Ils ont décuplé en dix ans. Rares sont aujourd’hui les paroisses qui ne comptent pas au moins un diacre permanent. Mais que savons-nous de ce service, devenu ministère ordonné depuis Vatican II, si ce n’est qu’un diacre porte l’étole en écharpe ?

Image
Fresque sur la vie du saint diacre Laurent
Au cœur de la Cité du Vatican, sur les murs de la chapelle de Nicolas V, une œuvre de Fra Angelico raconte, telle une bande dessinée, les scènes de la vie d’un diacre, saint Laurent. Sous le pinceau du bienheureux artiste, nous pouvons voir quelle place le Moyen Âge accordait au diacre. Deux épisodes seulement : le martyre de Laurent et, avant, la scène majeure où le diacre reçoit sa mission de son évêque, l’évêque de Rome et pape, Sixte II, sur le seuil d’une basilique. C’est-à-dire là où l’Église s’ouvre sur le monde. Là où elle s’ouvre au risque d’elle même, où elle s’expose.

Le premier diacre de l’Église, saint Étienne, est fêté le 26 décembre, au lendemain de la fête de l’Incarnation, acte d’amour par lequel Dieu célèbre son union avec l’humanité jusqu’à épouser sa condition mortelle. Et ce premier diacre est aussi son premier martyr. Le diaconat est au cœur du mystère de l’amour. Aimer jusqu’à donner sa vie pour ceux qu’on aime.

"Le peuple de Dieu t’a choisi"

Image
Saint Etienne en habit de diacre
En France, nous comptons actuellement près de 2 000 diacres permanents en charge d’un ministère (ils étaient précisément 1976 en avril 2006). En 1980, ils n’étaient pas encore 100 et il a fallu onze ans pour atteindre ce chiffre. Dans cette progression, la France n’a pas été la plus rapide. Les Églises dans le monde en totalisaient déjà 13 544, fin 1986 ; principalement aux Etats-Unis et en Allemagne.

La réapparition du diaconat permanent dans les diocèses ne doit pas être regardée comme le retour à une tradition ancienne, voire antique. Mais bien comme un signe de l’aggiornamento de Vatican II, autrement dit, en français, de la "mise en lumière" de tout ce que contient l’Église pour répondre à la modernité. L’Église aurait-elle donc un besoin particulier de voir le service et l’amour manifestés par des vies ordonnées ? "Serviteur de Jésus-Christ, l’amour est ta victoire" dit l’office de la fête de saint Laurent. Ou bien encore : "Le peuple de Dieu t’a choisi et toi tu choisis de le servir […] Tu as reconnu dans les pauvres le trésor de l’Église". Saint Laurent fut martyrisé parce que, sommé de dévoiler les richesses de l’Église, il a désigné les pauvres de la ville.

Le "service des tables"

Dès la première Église, au temps des Douze, les diacres sont apparus dans l’organisation de la communauté. Pour rester disponibles à la prédication extérieure, les disciples se sont adjoint un collège d’anciens (presbuteroi, en grec, d’où le mot prêtres). Puis, pour venir en aide aux veuves et aux pauvres, ils ont institué une communauté de sept serviteurs (diakonoi), notamment pour le "service des tables". Etienne était l’un d’eux.

Aux besoins de chaque époque, l’Église est venue apporter une réponse spécifique. L’Église a toujours connu des moines et des ermites abandonnés à la Providence ; pourtant, tous les ordres mendiants sont apparus au début du XIIIe siècle. L’évangélisation a toujours été au cœur de la vie chrétienne ; pourtant les grandes congrégations missionnaires sont presque toutes apparues au même moment. Revenir sur l’histoire des diacres permanents au cours de ces deux derniers millénaires, c’est mieux comprendre ce que leur retour nous dit des besoins de notre Église contemporaine.

Pastoral et non sacerdotal

N’est-ce pas, par exemple, le temps d’une Église plus diocésaine ? Appelé et missionné par l’évêque, le diacre garde un lien très fort avec son évêque. D’une Église de charité, de serviteurs ? Si le ministère du diacre n’est pas sacerdotal, il est pastoral, et sa pastorale est la charité. D’une Église de la famille ? La majorité des diacres permanents actuels sont des pères de famille et leur ministère se nourrit d’un amour conjugal et familial. D’une Église des petits ? En effet, les diacres reçoivent comme nom attaché à leur ordre un nom général, qui pourrait convenir à n’importe quel membre actif de l’Église ; Jésus est diacre, le Pape aussi, l’évêque, le prêtre, etc. Le ministère commun à tous, servir et aimer son prochain, est aujourd’hui de plus en plus présent à l’autel.

Autrefois l’aide qu’apportaient les diacres à l’évêque était si grande que le premier collaborateur de celui-ci était nommé "archidiacre". C’était l’ancêtre de nos vicaires épiscopaux. Au fil des siècles, l’Église a gardé le discret souvenir de quelques diacres saints comme le persan saint Benjamin, l’africain saint Césaire, l’irlandais Colman McRoy, le bienheureux Gonzalve Henriquez, portugais mort au XVIe siècle, ou bien encore saint Romain le mélode, syrien du VIe siècle, qui composait des chants sacrés. L’histoire profane des provinces se souvient aussi des quelques-uns de ces apôtres de la charité, comme le diacre Mauffret, en Morbihan.

Non plus simples acolytes

Image
Saint Ephrem, diacre et docteur de l'Eglise
Quand le concile Vatican II l’a rétabli comme un état permanent, le diaconat n’était plus, depuis longtemps, que l’ultime étape avant l’ordination sacerdotale. Sur cette voie des ordres majeurs, il y avait même l’étape du sous-diaconat. Le concile a tranché la question en ne reconnaissant comme participant au sacrement de l’Ordre que l’épiscopat (plénitude du sacerdoce), la prêtrise (participation au sacerdoce) et le diaconat (participation au ministère). Dans la foulée, on institua aussi les fonctions de lecteur et d’acolyte sous forme, non plus d’ordre, mais de "ministères institués".

Si le diaconat est devenu désormais une réalité visible dans les paroisses, l’Église, cependant, semble prendre son temps pour mettre des mots sur cet ordre. Les retrouvailles entre un héritage ancien et les besoins d’aujourd’hui sont récentes. Le diaconat permanent, par exemple, n’est pas le sujet de nombreux textes. Comme s’il fallait attendre un peu de voir comment l’Esprit Saint se manifeste sur cette vocation, avant de savoir en parler en vérité.


 
Lettre d'information :: Contacts :: Liens :: Logo :: Webmestres :: Plan du site ::
Haut de page     
Site réalisé par le Service des Vocations de Paris en lien avec l' Œuvre des Vocations des diocèses de Paris, Créteil, Nanterre et Saint-Denis
Crédits photos et Mentions légales
Ce site participe à la lutte contre les spams