Le désert dans l’Ecriture

Dans nos vies agitées, la perspective de « faire une journée de désert » est bien séduisante. Enfin, prendre le temps de faire le point, de retrouver le Seigneur seul à seul ! Mais nous avons parfois une vision idéalisée du désert. Dans l’Écriture, le désert est une réalité ambivalente, plus complexe que nous l’imaginons…

Le désert est avant tout un lieu où aucune plante ne pousse. De ce point de vue, il n’est pas béni par Dieu (cf. Is 6,8-11) et il ressemble au chaos primitif. En cette terre infertile, habitent les démons (cf. Lv 16,10) et les bêtes malfaisantes (cf. Is 13,21 ; So 2,13). Le désert s’oppose à la terre habitée comme la malédiction à la bénédiction.

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© D.R.

La traversée du désert par le peuple d’Israël

Dieu a voulu faire passer son peuple par cette terre redoutable (cf. Dt 1,19). Le désert n’est pas un lieu où on s’établit mais un lieu qu’il faut traverser pour aller vers la Terre promise, où coulent le lait et le miel. Dès lors le désert prend une autre signification : il est le lieu de naissance du peuple de Dieu. Temps d’épreuve pour le peuple, et même d’apostasie, mais aussi temps de gloire et de victoire pour le Seigneur où son alliance s’accomplit avec les hommes et où il peut livrer ses confidences à ses amis. « J’établirai ma demeure au milieu de vous et je ne vous rejetterai pas. Je vivrai au milieu de vous, je serai pour vous un Dieu et vous serez pour moi un peuple » (Lv 26, 11-12).

Ce chemin d’Alliance est un temps de libération progressive. Les Hébreux sont invités au dépouillement : pas d’eau, pas de viande et une Terre promise qui semble bien lointaine. Ils apprennent dans le désert à tout attendre de Dieu, situation tout à fait inconfortable lorsque l’on a été habitué aux sécurités de la servitude en Égypte… Aussi murmurent-ils contre Dieu.

Le désert révèle le cœur de l’homme

Au peuple qui murmure, Dieu répond en lui donnant eau et nourriture merveilleuses. Le dessein de Dieu bon et libérateur s’accomplira quand même : Josué fera entrer le peuple en Terre promise, miséricordieuse fidélité de Dieu.
Le désert est en effet le lieu par excellence de l’épreuve de la foi et du combat spirituel. Jésus lui-même en sortira victorieux après une confrontation intense avec le démon pendant quarante jours (cf. Lc 4, 1-13). Il assume et domine les tentations qui sont les mêmes que celles connues par Israël au désert :
« Ordonne à cette pierre de se changer en pain » fait référence au don de la manne. « Prosterne-toi devant moi » renvoie à l’adoration du veau d’or et « Jette-toi en bas » au miracle accompli aux sources de Massa (cf. Ex 17).

L’appel du désert

Pour Jésus, le désert est aussi un refuge face à la foule (cf. Mt 14,13 ; Mc 1,45 ; 6, 31) où il peut se retirer pour prier. Car le désert n’est pas qu’aridité, une source y est cachée. On y trouve Dieu dans la simplicité du cœur. « À des amants il faut la solitude, un cœur à cœur qui dure nuit et jour » écrit sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Celui qui cherche Dieu entend l’appel du désert, il sait que pour le trouver il lui faut quitter son quotidien et prendre un temps de solitude et de silence. « C’est après avoir cheminé pendant quarante jours dans le désert que, sur le mont désolé de l’Horeb, Elie perçut le souffle léger qui décelait la présence divine » expliquait le père Marie-Eugène.
Nous aussi, nous avons besoin de temps de désert pour rencontrer Dieu plus profondément, pour l’écouter et pour lui parler. Dieu peut ainsi agir en nous sans interférences. C’est au désert que Dieu a conduit et formé les grands contemplatifs et apôtres.
Étonnant et fascinant désert où dans le rien on trouve Celui qui est le Tout de notre vie…


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