La sobre ivresse de l’Esprit

Le Père Roger Tardy est directeur au Séminaire de Paris. Depuis plusieurs années, il donne les Exercices spirituels à des séminaristes et des laïcs.

« Ils sont pleins de vin doux ! » (Ac 2,13) Qui n’a tressailli au détour d’une retraite d’une joie vive, proche de l’état amoureux ? Qui n’a pas ressenti aussi le dégrisement amer qui accompagne parfois le retour sur le chemin caillouteux du quotidien ?

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© D.R.

S’exposer à Dieu

Les Exercices spirituels donnent d’y rencontrer Dieu, d’une manière particulièrement réaliste. En énoncer les fruits possibles est difficile, car Dieu est libre et ses dons imprévisibles. S’exposer à Dieu pendant huit ou trente jours, avec tout ce que l’on est, déceptions, lâchetés et beauté comprises, par le biais de l’Écriture… Cela ne laisse pas indemne.

Depuis que je donne les Exercices, j’ai eu la chance de croiser des retraitants très variés : un père de famille, soucieux de profiter de l’âge de la retraite pour faire un pas assez radical vers le Christ et les pauvres ; des religieux, désirant prendre un nouveau départ ; des jeunes étudiants cherchant à mettre de l’ordre dans leurs aspirations contradictoires ; des séminaristes, etc. Tous n’ont pas un choix à soupeser, mais tous ont un pas à faire.

Recevoir la paix

C’est un vrai bonheur, comme prêtre, d’être le témoin de ce travail conjoint de l’Esprit de Dieu et de la persévérance fragile d’un baptisé. Certes, le retraitant reçoit quelque enseignement de la sagesse de l’Église, mais ce n’est pas d’abord ce nouveau savoir que l’on emporte avec soi. C’est un regard renouvelé, humble et durable. C’est une paix joyeuse et libre : serait-ce là la sobre ivresse de l’Esprit ?

Retour au fondement

Après une dizaine d’années de sacerdoce et des ministères variés, j’ai éprouvé la nécessité de refaire cet été trente jours d’Exercices spirituels de saint Ignace.

Je sentais en effet que la richesse du ministère, son rythme, ses joies et ses difficultés pouvaient paradoxalement m’éloigner d’une relation d’union au Christ, vitale pour tout apostolat. Désireux de ne pas courir en vain, je cherchais une clarté dans le discernement des décisions à prendre, clarté qui ne pouvait qu’être le fruit d’un appel renouvelé du Christ auquel j’espérais répondre dans une offrande de moi-même plus entière.

Les trente jours m’ont permis de vivre cela d’une manière évidemment surprenante puisque Dieu était aux commandes : la grâce reçue d’entendre plus profondément l’appel initial m’a confirmé dans mon existence de prêtre et permis d’y répondre avec plus de confiance et de joie. De surcroît, au long des jours d’une solitude durement éprouvée, dans une aridité souvent crucifiante, le Seigneur me travaillait de manière cachée. Plus dépouillé, j’apprenais à peiner avec lui et à me réjouir de sa joie et de celle de l’Église. Je commence seulement à en mesurer les fruits.

P. Antoine Vidalin


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