Eduquer dans la foi

Entretien avec deux mères de famille, Geneviève Guilhem-Ducléon et Christine Souchet, engagées dans la catéchèse et l’aumônerie à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).

Donner une éducation chrétienne à des enfants, c’est accepter qu’ils ne soient pas exactement comme les autres. Cette différence n’est pas recherchée pour elle-même mais elle est induite par différents aspects de la vie chrétienne. Comment aide-t-on des enfants à vivre cette particularité en paix ?

Geneviève Ducléon : Il faut arriver à ce que des enfants n’aient pas peur de cette différence. Ils l’éprouvent à l’extérieur dans la confrontation aux autres ainsi qu’au sein même de leur famille. Comme parents, nous sommes confrontés à de telles différences entre des enfants. Nous devons les aider à entrer dans le don d’eux-mêmes aux autres. Ce don est possible parce que le Christ s’est donné à nous.

Eduquer dans la foi
© D.R.

Tout en éprouvant sa différence, un enfant découvre aussi dans le Christ la possibilité et la joie de se donner.

Christine Souchet : En ce sens, en tant que parents, nous jouons souvent un rôle de médiation. Nous essayons de susciter un dialogue : "Tu reproches cela à ton frère ou à ta soeur, parles-en directement avec elle ou avec lui".

Une famille est une réalité en devenir comme ses membres. Par ailleurs, la charge d’éducation est portée par les deux parents. Comment vivez-vous avec vos maris cette oeuvre commune ?

Christine Souchet : Un père et une mère ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde. Les enfants le perçoivent. En même temps, ils voient également le chemin que mon mari et moi nous parcourons avec eux. Ils sont interpellés par les changements qu’ils constatent, en particulier dans notre vie de foi.

Geneviève Ducléon : Avec mon mari, nous avons des façons différentes d’intervenir dans des domaines différents mais nous ressentons le besoin d’être deux. Pour des questions qui engagent directement la foi, il arrive que nous manquions de mots pour répondre à nos enfants. Enfin, dans un domaine comme l’éducation à la pudeur, je désire parfois son intervention. Un regard ou une phrase d’un père ou d’une mère, ce n’est pas la même chose.

Adoration - Mission théresienne
© esprit-photo.com

Le concile Vatican II affirme que notre vocation c’est la sainteté à laquelle tous les membres de l’Église sont appelés. Comment vivez-vous ensemble cet appel et la réponse à donner ?

Geneviève Ducléon : Je suis impressionnée par les différences entre nos enfants. Comme mère, j’essaie que Dieu ait une place dans leur vie. Après cela, je le laisse agir et je suis placée comme tout parent devant le mystère de la vocation. Nos enfants ont des dons multiples ; ils se demandent ce qu’ils vont en faire. Je leur dis : "Tu n’es pour rien dans ces dons mais tu as eu la grâce de les recevoir et tu peux maintenant en faire profiter les autres".

Christine Souchet : Je constate que mes enfants ont besoin de se projeter dans l’avenir. J’essaie de leur manifester différentes facettes de cet avenir. Ils ont également besoin de temps. Les coups de foudre arrivent. Certains prêtres ont à un moment de leur vie la certitude d’être appelé par Dieu mais il a fallu que cet appel mûrisse. Toute vocation s’impose comme une évidence avec le temps.

Geneviève Ducléon : Je sens que nos enfants, mon mari et moi-même, nous n’avons pas seulement besoin de réponses théoriques mais aussi de l’expérience d’une proximité, de contacts vivants. Pour choisir telle ou telle voie, il faut la connaître. Mes enfants voient des prêtres à la maison. De mon côté, je vis des moments simples avec une amie religieuse. Ces temps ensemble sont précieux pour nous tous.


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