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Page 3 sur 4 Pour une création La réponse que nous allons donner à Dieu n’est inscrite nulle part, ni dans le livre de vie, ni même dans le cœur de Dieu, sinon comme une attente et une espérance. L’espérance de ce que Dieu ne voit pas encore et auquel nous allons, nous, donner forme et visage. C’est la grandeur et le risque de nos vies d’être ainsi appelées à éveiller la joie de Dieu par la qualité et la générosité de notre réponse. Les choix que nous faisons alors ne sont pas des créations à partir de rien. Nous les préparons avec ces matériaux que sont nos conditionnements humains : notre tempérament et notre histoire. Nous ne pouvons pas tout mais nous pouvons donner sens et visage à ce qui ne serait qu’un destin. Dans cet effort de création personnelle en réponse à l’appel de Dieu, l’Esprit nous rejoint, non comme une force extérieure qui s’imposerait à nous, mais comme une énergie intérieure suscitée en nous par l’accueil de la parole de Dieu et la participation à la vie de l’Eglise. L’Evangile ne nous dictera pas le choix, mais il ouvrira à notre désir des horizons : " Il a été dit ...moi je vous dis…cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice (Mt 5,26-6, 33). Là où je suis, je veux que vous soyez aussi... La volonté de mon Père c’est que vous portiez fruit et un fruit qui demeure ". (Jn 14, 3-15, 16). L’Evangile ne nous dira pas ce qu’il faut faire, mais il nous appellera en toutes choses à la perfection de la charité : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait...aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés...celui qui ne pardonne pas à son frère de tout son cœur..." (Mt 5,48 ; Jn 15,12; Mt 18,35).  © esprit-photo.com L’Eglise pourra, elle aussi, nous adresser des appels...aux ministères, à la vie consacrée, à telle ou telle forme de service, mais quelles que soient ses nécessités, elle n’engagera jamais quelqu’un dans une voie particulière sans s’assurer de son libre consentement. Pour nous aider dans notre réponse, elle nous relie à une foule immense de témoins où elle nous apprend à reconnaître des frères. Leurs vies, leurs choix sont là, devant nous, comme autant d’appels non à les imiter, mais à les suivre. François d’Assise, Ignace, Thérèse... sont uniques et inimitables, mais leurs vies sont pour nous autant d’invitations à inventer à notre tour la réponse qui viendra glorifier Dieu. Et si nous nous efforçons de retrouver ce qu’ils ont vécu, nous verrons qu’il n’y a rien de moins prévisible et programmé que leur vie.Ils ont cherché la volonté de Dieu de tout leur cœur, ils ont eu une conscience très vive d’avoir été prévenus, devancés, par l’amour de Dieu, un amour qu’ils n’en finissaient pas de reconnaître dans l’action de grâce. Dans leur choix, ils ont tâtonné, hésité, parfois douté pour finalement se confier à l’Esprit qui les guidait vers le Royaume. Des événements les plus divers, ils ont su faire des grâces, glorifiant Dieu dans l’épreuve, comme dans le succès. La continuité, la cohérence que nous admirons dans leur vie ne se sont souvent révélées qu’après coup, lorsqu’on a pu embrasser d’un seul regard un cheminement bien tâtonnant. Que l’on pense par exemple aux choix successifs qui ont marqué l’itinéraire spirituel de Charles de Foucauld. Beaucoup plus qu’une programmation rigoureuse, ce qui caractérise la vie des saints, c’est la qualité d’une réaction spirituelle aux événements quels qu’ils soient, fussent-ils les plus inattendus. On n’a pas toujours bien compris la phrase de Pascal : "Les événements sont des maîtres que Dieu nous donne pour nous aider à le servir". Ne lui faisons pas dire plus qu’elle ne veut dire. Les événements ne sont pas un cadre où Dieu nous enferme; ce ne sont pas les événements qui font le saint. Ils sont le matériau qui nous est donné pour construire notre réponse. La réponse portera la marque du matériau utilisé, mais plus encore celle de l’architecte que nous sommes et qui en a la responsabilité. On ne peut pas tout faire avec tout, mais on peut toujours faire une œuvre d’une vie. L’amour peut faire jaillir la sainteté dans les pires contextes humains : le témoignage de ceux qui ont consacré leur vie à l’amitié des marginaux, des déshérités, des exclus ne cesse de nous le rappeler. Nous nous demandons si l’on peut parler d’une volonté particulière de Dieu sur chacun de nous. L’Eglise en nous faisant vivre la communion des saints nous rappelle qu’il serait plus exact de parler d’une réponse personnelle de chacun de nous au désir de Dieu.
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