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Page 3 sur 4 Les objections adressées à Dieu : une prise au sérieux de la vocation Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les objections ne signifient pas de manière immédiate un refus de la vocation ou un péché, même s’il est vrai que les objections de certains personnages de la Bible comme Saül les ont parfois conduits à refuser leur vocation. Si le moment des objections fait partie intégrante du récit de vocation, c’est qu’il correspond à une expérience faite par tous ceux que Dieu appelle. Même dans le récit de la vocation de la Vierge Marie, on trouve ce moment lorsqu’elle réagit à la parole de l’ange en demandant une précision sur la conception de l’enfant à naître (Lc 1, 34).  © esprit-photo.com Les objections formulées par l’appelé révèlent sa prise au sérieux de la vocation. Celui-ci constate l’écart entre la mission qu’il comprend comme étant pour ici et maintenant et sa propre vie, entre ce que Dieu lui demande de faire et ce qu’il est. Et il exprime cet écart à Dieu. Le champion des objections est sans doute Moïse. A Dieu qui lui demande de faire sortir les Hébreux d’Egypte, il formule toutes les objections imaginables : Qui suis-je pour faire de telles choses ? Et toi qui es-tu ? Que ferai-je si les Hébreux ne me croient pas ? Et puis comment ferai-je tout cela puisque je ne sais pas parler ? (Ex 3-4) Mais la nature des objections dépend évidemment de la personnalité propre à chaque appelé. Isaïe, quant à lui, a pour seule objection son propre péché : "Je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au sein d’un peuple aux lèvres impures" (Is 6, 5). C’est une bonne chose de formuler ses objections car cela permet à Dieu d’en dire davantage, de révéler un peu plus de la richesse insondable de la mission en vue de laquelle il appelle. Dans l’épisode du buisson ardent, Dieu manifeste d’une certaine manière à Moïse que celui-ci a raison de lui soumettre ses objections. Il se sert en effet de chacune pour développer la mission qu’il lui donne : il révèle son propre nom ("Je suis qui je suis"), donne à Moïse la capacité de faire des signes pour gagner la confiance de ceux vers qui il est envoyé et lui révèle que lui, Dieu, est le créateur de la parole et qu’il lui indiquera ce qu’il aura à dire. Dieu a attendu pour donner ces nouveaux éléments que Moïse prenne à cœur l'appel qu'il a entendu. A l’issue de ce dialogue, Dieu a vraiment renouvelé l’énoncé initial de la mission. Avec Isaïe qui objectait son propre péché, Dieu montre sa capacité à pardonner les péchés, et Isaïe dit "Me voici" avant même que Dieu développe la mission. Avec la Vierge Marie enfin, qui exprime le caractère humainement incompatible de sa virginité et de la conception de l’enfant à naître, Dieu montre jusqu’où va sa puissance, qui a la capacité de faire surgir dans l’humanité quelqu’un qui n’est pas issu d’un homme. Dans tous ces récits et dans bien d’autres encore, la formulation des objections et les compléments d’information apportés par Dieu pour y répondre permettent à la mission de prendre une forme concrète, enracinée dans l’expérience de celui que Dieu appelle.
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