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Page 4 sur 4 L’engagement de l’appelé : le commencement d’une alliance La richesse d’une mission confiée par Dieu dépasse infiniment ce que l’homme est capable de comprendre. Les objections de l’appelé manifestent un peu de cette richesse qui dépasse les raisonnements humains. Mais les récits de vocation nous indiquent que, pour que cette richesse se révèle en plénitude, l’engagement de l’appelé est à un certain stade une nécessité. Lorsque Dieu appelle quelqu’un, Dieu lui donne tout ce qu’il faut pour qu’il soit en mesure de répondre et d’engager sa liberté. Les étapes du récit de vocation, et notamment les objections, permettent en effet à la liberté de mûrir. Cependant, il serait illusoire de penser que Dieu donne tous les éléments de compréhension de la mission. Au contraire, Dieu donne seulement les éléments nécessaires pour que celui qu’il appelle puisse y adhérer et s’engager pleinement. Par exemple, lorsque Dieu considère que Moïse en sait assez sur sa mission, il met lui-même fin au dialogue et le presse de s’engager. En outre, celui qui est appelé a en lui la force de Dieu qui lui donne la capacité d’acquiescer. Toute la richesse d’une vocation et d’une mission ne peut en fait apparaître que dans une alliance, une relation entre Dieu et celui qu’il appelle. Cette alliance nécessite de la part de celui-ci un engagement, c’est-à-dire un acquiescement à la vocation, alors même que la richesse de la mission est encore à découvrir. Au moment de l’engagement de la Vierge Marie à l’Annonciation – "Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole !" (Lc 1, 38) – tout l'Évangile est encore à découvrir pour elle. Sans un tel engagement, Dieu ne peut pas révéler davantage, et l’appelé ne peut pas avancer dans sa vocation. En effet, ce n’est que dans l’accomplissement de sa mission que l’appelé peut découvrir la vérité et la richesse de celle-ci. Ce n’est qu’en marchant en présence de Dieu que Moïse découvrira de plus en plus qui est Dieu et qui il est lui-même.
En outre, l’engagement de l’appelé crée en lui la capacité de répondre favorablement à Dieu lorsqu’un obstacle ou une exigence nouvelle va se présenter. Jésus par exemple n’explicite pas d’emblée devant ses apôtres qu’il a à souffrir et que son disciple doit le suivre. Mais quand Jésus leur parle clairement à ce sujet (Lc 9), les apôtres découvrent que ce à quoi Jésus les appelle maintenant était déjà présent dans leur premier appel, et dans les paraboles, et qu’ils y ont répondu. Ce premier temps de "semence" de l’Évangile les a préparés à acquiescer à la Croix. Dans tout appel de Dieu, tous les développements sont déjà présents d’une certaine manière, mais il faut entrer dans la réalisation du projet de Dieu par un engagement de sa liberté et une alliance avec lui pour leur donner de porter du fruit et d'être ainsi visibles. Grégoire Froissart, d’après l’enseignement du P. Michel Gueguen
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