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Page 2 sur 2 Le troisième rôle du prêtre, c'est de présider la communauté. Mais il y a des laïcs qui peuvent présider une assemblée avec plus de savoir faire. Où est la différence ? Ce n'est pas que le prêtre ait plus d'impact, plus d'expérience des hommes, plus de savoir faire face à des groupes... Le prêtre n'est pas un chef, mais un pasteur. Un pasteur réunit les gens pour les conduire vers l'amour de Dieu et du prochain. Il a du cœur pour ses paroissiens et il donne sa vie. Un animateur ne doit pas donner sa vie pour le groupe, un maire ne doit pas donner sa vie pour sa commune. Cela n'appartient pas à sa tâche. Le pasteur, lui, doit donner sa vie. Bref : le prêtre annonce, célèbre et conduit la communauté d'une manière différente de celle de l'orateur, de l'animateur et du chef. Cette différence est liée à l'ordination. Si tu me demandes de le prouver, je dois confesser que je ne le puis. Sans la foi, on ne peut comprendre le prêtre. C'est le drame de notre temps. Nous sommes rivés à la psychologie, à la sociologie, à l'anthropologie... Et nous sommes peu capables de regarder à travers les phénomènes vers la profondeur de la foi. (...) Se donner totalement et pour toujours  © Paris Notre Dame Le prêtre, c'est celui qui, au nom de Jésus, avec lui et en lui, et pas seulement en son nom, est délégué. Jésus parle en lui, célèbre en lui et guide en lui. Il est donc important que le prêtre se rende compte que le Christ l'habite d'une manière toute particulière : comme la Tête de son Église.Le sacerdoce est une vocation, non un métier. Il est demandé au prêtre de se donner entièrement et pour toujours, totalement et en tout. Cela n'est pas demandé à tout le monde. Pourquoi à lui ? Si vraiment il parle au nom de Jésus, célèbre en sa personne et préside en sa personne par amour de la communauté entière, alors il ne s'agit pas d'un contrat à durée limitée, mais d'un don pour toujours. Il ne s'agit pas d'une association temporaire en vue de la construction d'un pont ou d'une autoroute. Quand il s'agit d'une vocation au service de Dieu, la collaboration n'est pas passagère ; elle est pour toujours. A ce niveau de profondeur, il n'y a pas d'autre issue que l'engagement définitif. Je ne peux donc pas me représenter un sacerdoce temporaire. L'engagement d'une chorale n'est pas définitif, celui du président d'un conseil pastoral non plus, ni celui des catéchistes. Mais je ne peux m'imaginer la tâche d'un pasteur qui agit au nom du Christ comme un engagement à terme : le Christ l'habite et le tient pour toujours. Il est donc possible que le prêtre soit moins bon qu'un laïc sur le plan de l'animation, car il n'est pas un animateur, mais un célébrant. Ses paroles et ses gestes dans le sacrement de la réconciliation, dans l'eucharistie, dans l'onction des malades, dans la confirmation, sont identiques à l'action de Jésus. Ils ont la même efficacité et la même force.
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