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La vocation de prêtre n’est-elle pas réservée à des garçons qui ont fait pas mal d’études ?
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Consacrer sa vie au Seigneur ? Tout ce que vous voudriez savoir Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par mavocation.org   

Quelques questions, quelques réponses sur un sujet aussi vaste que vital. Vous pouvez compléter cet article en nous envoyant les plus belles lumières découvertes au gré de vos lectures !

 

1) On dit que consacrer sa vie au Seigneur c’est répondre à un appel de Dieu… Mais comment cet appel se manifeste-t-il dans notre vie ? Entendons-nous une voix ? Lire la réponse du père Conrad de Meester (carme) >>>

2) Est-ce que l’on choisit un jour de devenir prêtre ou religieux comme on choisit une orientation professionnelle ? ou bien ce choix surgit-il d’un autre genre de questionnement intérieur ? Lire la réponse du père Jérôme >>>

3) Ne peut-on pas consacrer sa vie au Seigneur tout en poursuivant nos projets, nos désirs ? Faut-il vraiment être prêts à tout quitter ? Lire les réponses du Cardinal Martini, des Papes Benoît XVI et Jean-Paul II >>>

4) Si Dieu m’appelle puis-je aussi avoir le sentiment d’en être indigne, de ne pas être à la hauteur ? Lire la réponse du Cardinal Daniélou >>>

5) Est-il possible de se consacrer pour toujours ? Lire la réponse du Cardinal Daniélou >>>

6) Pourquoi consacrer sa vie au Seigneur, revient-il à prononcer des vœux de chasteté, pauvreté et obéissance ? Lire la réponse du Pape Jean-Paul II >>>

7) Est-ce que l’obéissance n’est pas infantilisante ? Lire la réponse du Cardinal Saliège >>>


1) On dit que consacrer sa vie au Seigneur c’est répondre à un appel de Dieu… Mais comment cet appel se manifeste-t-il dans notre vie ? Entendons-nous une voix ?

"C’est un mystère… Un très grand mystère. On appelle cela une vocation. C’est un appel de Dieu. Il te voit, il te prend… Au plus profond de ton âme tu devines qu’il aimerait que tu dises oui… C’est comme une voix, mais sans aucune parole, on ne l’entend pas parler tout haut. Lui appartenir tout entier, cela apparaît d’abord comme une possibilité et tout de suite tu entrevois que ce serait une chance inouïe pour toi, et au plus profond de ton cœur il te semble impossible de refuser, à lui et à toi-même. Cela peut mûrir aussi lentement. Tu sais que Jésus t’invite de cette façon : lui appartenir le plus directement possible, corps et âme. C’est une question d’amour."
P Conrad De Meester, revue Présence du Seigneur, n° 55

2) Est-ce que l’on choisit un jour de devenir prêtre ou religieux comme on choisit une orientation professionnelle ? ou bien ce choix surgit-il d’un autre genre de questionnement intérieur ?

"Au moment de choisir une orientation, tout jeune homme a devant soi le civil ou le militaire, le commerce ou l’industrie, ou la science. N’importe quelle profession est, de soi, noble et belle. Mais quelques-uns se disent : "Pourra-t-elle me suffire ? Le mariage pourra-t-il me suffire ?" C’est le cœur qui se pose cette question ; et s’il la pose, n’est-il pas déjà inquiet ? Aussi vague que soit d’abord cette question, elle introduit le mystérieux problème. Souvent la brèche est déjà faite ; on a entrevu autre chose, l’appel divin. Et puisque beaucoup de jeunes gens ont déjà entendu cet appel, et que d’autres encore l’entendront, il est donc bien une réalité."
Père Jérôme, Vigilant dans la nuit, p 125

3) Ne peut-on pas consacrer sa vie au Seigneur tout en poursuivant nos projets, nos désirs ? Faut-il vraiment être prêts à tout quitter ?

"Nous avons des désirs, des projets, des espérances auxquels nous nous accrochons avec beaucoup de passion, négligeant parfois de considérer qu’il existe un projet de Dieu plus grand que nos pensées, mais justement à cause de cela plus beau, plus utile pour nous, plus enthousiasmant, plus capable de donner souffle et espérance."
Cardinal Martini, S’ouvrir à la Parole du Christ, Collection Foi vivante, p 31

"Le Seigneur nous montre comment nous pouvons choisir la vie. "Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera. Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?" (Lc 9,24s). La croix n’a rien à voir avec une négation de la vie, avec la négation de la joie et de la plénitude de l’humanité. Au contraire, elle nous montre exactement la voie vraie pour trouver la vie.
Celui qui se garde lui-même et veut s’emparer de la vie, passe à côté de la vie. Seule la perte de soi-même est le chemin pour se trouver soi-même et trouver la vie. Plus les hommes ont été hardis dans cette aventure de la perte d’eux-mêmes, dans le don de soi total, et l’oubli d’eux-mêmes, plus leur vie est devenue grande et riche – pensons seulement à François d’Assise, à Vincent de Paul, au Curé d’Ars, à Maximilien Kolbe : tous sont des images de la sequela, qui nous montrent le chemin qui mène à la vie, parce qu’elles nous montrent le Christ. Nous pouvons apprendre d’eux à choisir Dieu, à choisir le Christ et à choisir par conséquent la vie".
Benoît XVI Chemins vers Jésus, Parole et silence, 2004, p 104

"Tendre vers la sainteté: voilà en bref le programme de toute vie consacrée, également dans la perspective de son renouveau au seuil du troisième millénaire. Le point de départ de ce programme se trouve dans le fait de tout quitter pour le Christ (cf. Mt 4,18-22; Mt 19,21; Mt 19,27; Lc 5,11), Le préférant à tout, afin de pouvoir participer pleinement au Mystère pascal. Saint Paul l'avait bien compris, lui qui s'écriait: "Je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus (...). Le connaître, Lui, avec la puissance de sa résurrection" (Ph 3,8; Ph 3,10)."
Jean-Paul II, encyclique sur la vie consacrée, § 93

4) Si Dieu m’appelle puis-je aussi avoir le sentiment d’en être indigne, de ne pas être à la hauteur ?

"Non seulement l’élection n’est pas conditionnée par des mérites antérieurs, mais elle n’est pas empêchée par les limites humaines. Aussi bien est-elle toujours au-dessus des forces humaines. Et c’est la grâce de celui qui appelle qui donne aussi pouvoir d’accomplir ce à quoi il appelle : "C’est dans ma misère que je me glorifie", dira saint Paul."
Cardinal Daniélou, Jean-Baptiste, témoin de l’Agneau, édition Desclée de Brouwer, 1993, p 13

5) Est-il possible de se consacrer pour toujours ?

"En prenant un engagement définitif avec les servitudes qu’il implique "c’est la valeur des vœux religieux" j’ai voulu mettre ma décision fondamentale à l’abri de ce que pouvaient être ultérieurement les inévitables vicissitudes de mon intelligence et de ma sensibilité. Je crois en l’engagement définitif. (…) La véritable sincérité ne consiste pas à mettre ses comportements à la merci des fluctuations de sa sensibilité, mais à garantir ses fidélités fondamentales par rapport à elles."
Cardinal Daniélou, Et qui est mon prochain ?, Stock, 1974, p 249

6) Pourquoi consacrer sa vie au Seigneur, revient-il à prononcer des vœux de chasteté, pauvreté et obéissance ?

"Dans la vie consacrée, il ne s'agit donc pas seulement de suivre le Christ de tout son coeur, en l'aimant "plus que son père ou que sa mère, plus que son fils ou que sa fille" (cf. Mt 10,37), comme il est demandé à chaque disciple, mais de vivre et d'exprimer cela par une adhésion qui est "configuration" de toute l'existence au Christ, dans une orientation radicale qui anticipe la perfection eschatologique, selon les différents charismes et pour autant qu'il est possible d'y parvenir dans le temps. En effet, à travers la profession des conseils, la personne consacrée ne se contente pas de faire du Christ le sens de sa vie, mais elle cherche à reproduire en elle-même, dans la mesure du possible, "la forme de vie que le Fils de Dieu a prise en entrant dans le monde". Embrassant la virginité, elle fait sien l'amour virginal du Christ et affirme au monde qu'Il est Fils unique, un avec le Père (cf. Jn 10,30; Jn 14,11) ; imitant sa pauvreté, elle Le reconnaît comme Fils qui reçoit tout du Père et lui rend tout par amour (cf. Jn 17,7; Jn 17,10) ; adhérant par le sacrifice de sa liberté au mystère de son obéissance filiale, elle Le reconnaît comme infiniment aimé et aimant, comme Celui qui ne se complaît que dans la volonté du Père (cf. Jn 4,34), auquel Il est parfaitement uni et dont Il dépend tout entier."
Jean-Paul II, encyclique sur la vie consacrée, § 16

7) Est-ce que l’obéissance n’est pas infantilisante ?

"Obéir est pacifiant. L’obéissance enlève les troubles et les hésitations du vouloir, donne l’assurance qu’on veut avec Dieu, et qu’on ne sera jamais confondu.
La vie chrétienne est activité. Ce n’est pas en dormant que le Christ a obéit à son Père ; ce n’est pas en s’abstenant qu’on s’unit à la volonté du Sauveur. L’obéissance est le comble de l’activité, puisqu’elle est la communion à l’opération de Dieu et du Christ.
Obéir, c’est donc aimer, c’est unir, c’est agir ; c’est se livrer à la conduite du Christ et de la façon qu’il approuve. (…) Quelle force dans l’obéissance ! On se sent les coudes avec Dieu, avec Jésus-Christ. L’âme qui obéit est intrépide et joyeuse au travail, confiante et décidée. Rien qui virilise une âme comme l’obéissance."
Cardinal Saliège, Ecrits spirituels du Cardinal Saliège, aux Editions Grasset, 1960, p 62-63

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