
Mgr Pierre d’Ornellas, évêque coadjuteur de Rennes, accompagnait les diacres du diocèse de Paris (alors qu'il était évêque auxiliaire de ce diocèse) et suivait, au nom des évêques d’Ile-de-France, le diaconat pour cette région. Il nous présente ici l’originalité de cette vocation.
Si le diaconat est une des richesses du sacrement de l’Ordre au service du peuple chrétien, que peut-on attendre des diacres permanents pour la vie de l’Église ?
Les diacres ont à dessiner le visage propre du ministère "en vue du service". Ils le feront en "s’efforçant de vivre selon l’Esprit", comme le suggère la liturgie d’ordination. Leur écoute mutuelle
et fraternelle, leur secrète prière et leur méditation de la Parole de Dieu les rendront dociles à l’Esprit pour mettre en œuvre ce beau ministère du service, à la fois ancien et
nouveau.
Chrétiens et prêtres ont acquis depuis longtemps l’habitude de vivre ensemble. Les communautés chrétiennes et leurs prêtres doivent apprendre à recevoir les diacres, sans attendre d’eux qu’ils agissent comme les prêtres et sans les considérer comme des laïcs qui seraient devenus des chefs ou des hommes corvéables à merci !
Bien sûr, surtout face à la raréfaction des prêtres, il est normal que le diacre prépare et célèbre baptêmes,
mariages, funérailles et accomplisse d’autres tâches de la vie d’une
paroisse. Mais comment les diacres sont-ils aidés à ne pas se considérer seulement comme des nouveaux venus, heureusement arrivés pour boucher les trous quand les prêtres manquent ?
Pour la plupart des
diacres, le métier et la vie de famille donnent une couleur particulière à leur ministère.
Ils sont des hommes ordonnés dans l’état de vie où ils se trouvent.
Quelques-uns sont célibataires et le demeureront après l’ordination.
La plupart sont mariés et pères de famille. Le sacrement de mariage et le devoir paternel restent essentiels.
Ils ont leurs exigences que le ministère diaconal ne peut supprimer.
L’expérience au sein de leur profession et/ou de leur famille donne aux
diacres un regard particulier qui,
souvent, enrichit le regard pastoral
du prêtre. Avec l’arrivée des diacres, les prêtres apprennent peu à peu cet
enrichissement, et les communautés chrétiennes s’en réjouissent.
L’enrichissement sera d’autant plus fécond que les diacres seront
eux-mêmes. C’est-à-dire des serviteurs au nom du Christ. Ils ne sont pas appelés à rendre des services plus que d’autres. L’équilibre entre ministère, famille et profession serait vite rompu !
Le diacre n’est pas appelé à "faire" plus mais à "être" autrement !
"Je suis au milieu de vous comme celui qui sert", dit Jésus. Ordonné, le diacre a la mission d’en être la figure et d’entraîner ainsi les disciples de Jésus dans la belle attitude du service. Diacre en partageant le pain de la Parole, en facilitant l’entrée dans la prière de l’eucharistie, en suscitant la charité pour les plus démunis.
Notons au passage combien l’épouse du diacre est une aide précieuse dans son ministère. À sa place de laïque, son amour évangélique pour autrui tout à la fois s’élargit à l’aune du service accompli par son mari et le soutient dans sa mission diaconale. C’est par l’amour évangélique qui le presse, que le diacre devient de plus en plus serviteur.
L’ordination dispose et convie à agir au nom du Christ pour "ses frères", comme le dit la préface de l’ordination. Le diacre les sert au sein de la communauté chrétienne, dans le quartier ou le village où elle est implantée, dans son travail qui le place au milieu de ses collègues qu’il regarde alors comme frères et sœurs du Christ. C’est bien dans "son amour pour ses frères" que le Christ choisit des hommes qui participent à son ministère. Bénissons-le pour le choix de nos amis diacres.
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