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J’ai entendu adolescent l’appel à être prêtre. Maintenant, arrivé à l’âge adulte, je ne sais plus si Dieu m’appelle
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Homélie de Mgr Daucourt pour l'ordination d'Olivier Foulon Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Mgr Gérard Daucourt, évêque de Nanterre   

"Tu trouveras ta joie en offrant ta propre vie à Dieu, pour qu’elle soit toute donnée aux autres."
Dans une homélie pleine de foi et d'espérance Mgr Daucourt engage le nouveau Père Foulon sur les routes du sacerdoce, à la suite de la Vierge Marie.

Sa mère gardait tous ces événements dans son cœur. C’est bien sûr en raison de ce verset que l’évangile de cette fête du Cœur Immaculé de Marie est celui que nous venons d’entendre. Il y a d’ailleurs un verset semblable que saint Luc nous donne après la visite des bergers à l’enfant de Bethléem  : Marie cependant retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.

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Au jour de l’Annonciation, Marie avait dit son oui à Dieu qui l’appelait. Ainsi, elle avait pris le beau risque de la foi. Fille de la lignée d’Abraham, première en chemin vers la nouvelle Alliance, elle ne savait pas exactement où elle allait. Mais elle savait qui l’avait appelée et qui lui indiquait la route. Elle lui faisait confiance. Elle allait connaître l’ordinaire de la vie familiale et de village à Nazareth. Elle allait connaître l’extraordinaire de sa grossesse, l’extraordinaire d’une visite de bergers venus adorer son enfant, l’extraordinaire de le retrouver au milieu des docteurs de la Loi et de l’entendre dire  : Je dois être aux affaires de mon Père. Puis ce sera Cana, puis l’enthousiasme ou l’opposition que suscitera la mission de son Fils, puis le Calvaire et la Résurrection. Il fallait qu’elle retienne tous ces événements, les médite dans son cœur, pour qu’un jour elle puisse en discerner tout le sens lorsque le Saint Esprit, qu’elle aura attendu en prière au Cénacle avec les Apôtres, sera donné à l’Eglise et fera son œuvre.

Aujourd'hui les hommes et les femmes qui choisissent de suivre le Christ, de devenir chrétiens, ont à dire comme Marie le beau oui du risque de la foi, mais ils n’ont pas à attendre comme elle la venue de l’Esprit qui éclaire et qui guide. Il est donné au Baptême et à la Confirmation et, par lui, le chrétien qui médite les événements peut discerner la volonté de Dieu. Il comprend, en s’appuyant sur la Parole de Dieu, comment le Seigneur lui parle par les autres et à travers les événements et par les désirs qu’il suscite en lui.

C’est ainsi que naît et se fortifie une vocation chrétienne comme celle de ces 128 hommes et femmes qui ont reçu cette année le Baptême dans notre diocèse. C’est ainsi que naît et se fortifie toute vocation chrétienne particulière, donc aussi celle du prêtre.

Olivier a dû retenir et méditer les événements de sa vie pour comprendre comment le Saint Esprit lui indiquait la route. Les événements de la vie familiale et paroissiale, de la vie au collège et au lycée, de la vie étudiante et de la vie en entreprise, de la vie au séminaire et au service des communautés de Vanves, Saint-Cloud et Suresnes.

Et ce n’est pas fini  ! Devenu prêtre, Olivier, tu seras appelé à retenir et à méditer les événements de ta vie et les événements de la vie des hommes et des femmes de notre temps, surtout de ceux que tu côtoieras de plus près dans l’Eglise et hors de l’Eglise. Je sais que tu en as le souci. Pour demander l’ordination diaconale, tu m’avais écrit  : "Il faudra encore renouveler mon regard, mon jugement et mes actions devant les joies, espérances, tristesses, angoisses spirituelles et physiques si nombreuses des hommes de notre temps et auxquelles je me sensibilise progressivement  : dans notre diocèse, que de situations diverses souvent cachées de solitude, de maladie, de pauvreté, de violence, de haine, d’injustice, de détresse spirituelle, psychologique et matérielle  !"

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Cette méditation, cette prière avec la vie des gens et avec ta vie n’empêche pas mais au contraire nécessite la rencontre dans le silence et l’adoration avec le Seigneur. Je pense évidemment en particulier à l’adoration eucharistique, à condition qu’elle soit le prolongement et l’intériorisation des grâces de la célébration et du rassemblement qu’est l’Eucharistie. Il n’est jamais possible de rencontrer Jésus seul depuis qu’il s’est incarné et s’est en quelque sorte uni à tout homme (cf. Gaudium et Spes, n°22). Dans l’Eucharistie, il donne sa vie pour la multitude. C’est l’humanité entière que tu offriras au Père en célébrant le sacrifice du Christ. C’est pour les hommes que tu imiteras dans ta vie ce que tu accompliras dans les rites liturgiques et que tu te conformeras ainsi à la Croix du Christ, c'est-à-dire que tu trouveras ta joie en offrant ta propre vie à Dieu, pour qu’elle soit toute donnée aux autres.

Avant-hier, le pape Benoît XVI a écrit une lettre à tous les prêtres pour l’ouverture de l’Année du prêtre en nous proposant comme modèle saint Jean-Marie Vianney, Curé d’Ars. Les situations dans lesquelles s’est trouvé ce saint prêtre, les événements qu’il a vécus et qu’il a dû lui aussi méditer dans son cœur étaient tous très différents de ce qu’un prêtre peut connaître aujourd'hui dans les Hauts-de-Seine. Mais le Pape nous le propose en modèle pour susciter en nous un renouveau généreux de ces idéaux de donation totale au Christ et à l’Eglise qui ont inspiré la pensée et l’action du Curé d’Ars. (Lettre de Benoît XVI, 18 juin 2009) Je renvoie Olivier et tous les prêtres à la lettre du Saint Père.

On connaît les pratiques ascétiques du Curé d’Ars, les pénitences qu’il s’infligeait. On sait que le Curé d’Ars se donnait la discipline. Eh bien j’invite Olivier et tous les prêtres à profiter de cette année pour se donner la discipline  : pour se donner une discipline de vie exigeante. Dans la vie que vous menez aujourd'hui, l’ascèse n’est-elle pas d’abord et avant tout celle qui consiste à prendre les moyens spirituels et humains pour rester en forme afin de pouvoir servir persévéramment le Seigneur et vos frères  ? Donnez-vous, donnons-nous une discipline qui nous garde fidèles à la célébration de l’Eucharistie et de la Réconciliation, à la liturgie des Heures, à l’oraison, à la lectio divina et en même temps au repos, à la détente, à des temps pour nous cultiver, nous former. Acceptons de ne pas tout faire, sachons dire non et rappelons-nous qu’après notre mort, il y aura encore de quoi faire  !

Chers frères et sœurs, laïcs et diacres, pour qu’Olivier, pour que nous prêtres, nous sachions toujours prendre les moyens pour vivre l’essentiel qu’est l’amour de Dieu et l’amour des gens, aidez-nous par vos prières, par votre amitié, par votre collaboration.

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Je confie Olivier au presbyterium, aux diacres et à tout le peuple de Dieu, en particulier aux communautés de Rueil, puisque, comme on le sait déjà, c’est là qu’il exercera son premier ministère sacerdotal. A certains je dis  : ne l’éloignez pas de vous avec des a priori, parce que nous n’auriez pas immédiatement des atomes crochus avec lui. A d’autres je dis  : ne l’enfermez pas dans des cercles d’intimes, parce que son style vous convient bien et que vous le préférez au style de tel ou tel autre prêtre. Vivons la communion entre prêtres, diacres et laïcs dans la diversité et la complémentarité. C’est souvent exigeant, mais c’est possible puisque cette communion a sa source et son sommet dans l’Eucharistie.

Olivier, dans un instant, le Christ te donnera la grande, belle, exigeante et aussi mystérieuse mission du prêtre. Mystérieuse au sens que sa compréhension nous dépasse. Le Curé d’Ars le savait bien  ! Mystérieuse parce que son sens profond est bien au-delà de celui d’un généreux service. Tu vas agir au nom du Christ Pasteur et Tête de son Peuple. Tu vas donner sa Vie. Comme nous l’a dit saint Paul dans la première lecture, ce ministère est un trésor que nous portons dans des vases d’argile, ainsi on voit bien que tout ce qu’il peut produire ne vient pas de nous, mais de Dieu. Nous ne sommes que les serviteurs de nos frères à cause de Jésus. Confiance donc  ! Confiance en Dieu à la suite de la Vierge Marie, confiance en ceux et celles avec lesquels tu collaboreras, surtout confiance en tes frères prêtres et en ton évêque, confiance en toi, puisque c’est toi que le Christ appelle et envoie  !

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