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"Tu trouveras ta joie en offrant ta propre vie à Dieu, pour qu’elle soit toute donnée aux autres." Dans une homélie pleine de foi et d'espérance Mgr Daucourt engage le nouveau Père Foulon sur les routes du sacerdoce, à la suite de la Vierge Marie.
Sa mère gardait tous ces événements dans son cœur. C’est
bien sûr en raison de ce verset que l’évangile de cette
fête du Cœur Immaculé de Marie est celui que nous venons
d’entendre. Il y a d’ailleurs un verset semblable que saint Luc
nous donne après la visite des bergers à l’enfant de Bethléem : Marie
cependant retenait tous ces événements et les méditait
dans son cœur.
 © esprit-photo.com Au jour de l’Annonciation, Marie avait dit son oui à Dieu qui
l’appelait. Ainsi, elle avait pris le beau risque
de la foi. Fille de
la lignée d’Abraham, première en chemin vers la nouvelle
Alliance, elle ne savait pas exactement où elle allait. Mais elle savait
qui l’avait appelée et qui lui indiquait la route. Elle lui faisait
confiance. Elle allait connaître l’ordinaire de la vie familiale
et de village à Nazareth. Elle allait connaître l’extraordinaire
de sa grossesse, l’extraordinaire d’une visite de bergers venus
adorer son enfant, l’extraordinaire de le retrouver au milieu des docteurs
de la Loi et de l’entendre dire : Je dois être aux
affaires de mon Père. Puis ce sera Cana, puis l’enthousiasme
ou l’opposition que suscitera la mission de son Fils, puis le Calvaire
et la Résurrection. Il fallait qu’elle retienne tous ces événements,
les médite dans son cœur, pour qu’un jour elle puisse en
discerner tout le sens lorsque le Saint Esprit, qu’elle aura attendu
en prière au Cénacle avec les Apôtres, sera donné à l’Eglise
et fera son œuvre.
Aujourd'hui les hommes et les femmes qui choisissent de suivre le Christ,
de devenir chrétiens, ont à dire comme Marie le beau oui du risque
de la foi, mais ils n’ont pas à attendre comme elle la venue de
l’Esprit qui éclaire et qui guide. Il est donné au Baptême
et à la Confirmation et, par lui, le chrétien qui médite
les événements peut discerner la volonté de Dieu. Il comprend,
en s’appuyant sur la Parole de Dieu, comment le
Seigneur lui parle par les autres et à travers les événements et par les désirs
qu’il suscite en lui.
C’est ainsi que naît et se fortifie une vocation chrétienne
comme celle de ces 128 hommes et femmes qui ont reçu cette année
le Baptême dans notre diocèse. C’est ainsi que naît
et se fortifie toute vocation chrétienne particulière, donc aussi
celle du prêtre.
Olivier a dû retenir et méditer les événements
de sa vie pour comprendre comment le Saint Esprit lui indiquait la route. Les événements
de la vie familiale et paroissiale, de la vie au collège et au lycée,
de la vie étudiante et de la vie en entreprise, de la vie au séminaire
et au service des communautés de Vanves, Saint-Cloud et Suresnes.
Et ce n’est pas fini ! Devenu prêtre, Olivier, tu
seras appelé à retenir et à méditer les événements
de ta vie et les événements de la vie des hommes et des femmes
de notre temps, surtout de ceux que tu côtoieras de plus près
dans l’Eglise et hors de l’Eglise. Je sais que tu en as le souci.
Pour demander l’ordination diaconale, tu m’avais écrit :
"Il faudra encore renouveler mon regard, mon jugement et mes actions devant
les joies, espérances, tristesses, angoisses spirituelles et physiques
si nombreuses des hommes de notre temps et auxquelles je me sensibilise progressivement :
dans notre diocèse, que de situations diverses souvent cachées
de solitude, de maladie, de pauvreté, de violence, de haine, d’injustice,
de détresse spirituelle, psychologique et matérielle !"
 © esprit-photo.com Cette méditation, cette prière avec la vie des gens et avec
ta vie n’empêche pas mais au contraire nécessite la rencontre
dans le silence et l’adoration avec le Seigneur. Je pense évidemment
en particulier à l’adoration eucharistique, à condition
qu’elle soit le prolongement et l’intériorisation des grâces
de la célébration et du rassemblement qu’est l’Eucharistie.
Il n’est jamais possible de rencontrer Jésus seul depuis qu’il
s’est incarné et s’est en quelque sorte uni à tout
homme (cf. Gaudium et Spes, n°22). Dans l’Eucharistie, il
donne sa vie pour la multitude. C’est l’humanité entière
que tu offriras au Père en célébrant le sacrifice du Christ.
C’est pour les hommes que tu imiteras dans ta vie ce que tu accompliras
dans les rites liturgiques et que tu te conformeras ainsi à la Croix
du Christ, c'est-à-dire que tu trouveras ta joie
en offrant ta propre vie à Dieu, pour qu’elle soit toute donnée
aux autres.
Avant-hier, le pape Benoît XVI a écrit une lettre à tous
les prêtres pour l’ouverture de l’Année du prêtre
en nous proposant comme modèle saint Jean-Marie Vianney, Curé d’Ars.
Les situations dans lesquelles s’est trouvé ce saint prêtre,
les événements qu’il a vécus et qu’il a dû lui
aussi méditer dans son cœur étaient tous très
différents de ce qu’un prêtre peut connaître aujourd'hui
dans les Hauts-de-Seine. Mais le Pape nous le propose en modèle pour
susciter en nous un renouveau généreux de ces idéaux
de donation totale au Christ et à l’Eglise qui ont inspiré la
pensée et l’action du Curé d’Ars. (Lettre de
Benoît XVI, 18 juin 2009) Je renvoie Olivier et tous les prêtres à la
lettre du Saint Père.
On connaît les pratiques ascétiques du Curé d’Ars,
les pénitences qu’il s’infligeait. On sait que le Curé d’Ars
se donnait la discipline. Eh bien j’invite Olivier et tous les prêtres à profiter
de cette année pour se donner la discipline : pour se
donner une discipline de vie exigeante. Dans la vie que vous menez aujourd'hui, l’ascèse
n’est-elle pas d’abord et avant tout celle qui consiste à prendre
les moyens spirituels et humains pour rester en forme afin de pouvoir servir
persévéramment le Seigneur et vos frères ?
Donnez-vous, donnons-nous une discipline qui nous garde fidèles à la
célébration de l’Eucharistie et de la Réconciliation, à la
liturgie des Heures, à l’oraison, à la lectio divina et
en même temps au repos, à la détente, à des temps
pour nous cultiver, nous former. Acceptons de ne pas tout
faire, sachons dire non et rappelons-nous qu’après notre mort, il y aura encore de
quoi faire !
Chers frères et sœurs, laïcs et diacres, pour qu’Olivier,
pour que nous prêtres, nous sachions toujours prendre les moyens pour
vivre l’essentiel qu’est l’amour de Dieu et l’amour
des gens, aidez-nous par vos prières, par votre amitié,
par votre collaboration.
 © esprit-photo.com Je confie Olivier au presbyterium, aux diacres et à tout le peuple
de Dieu, en particulier aux communautés de Rueil, puisque, comme on
le sait déjà, c’est là qu’il exercera son
premier ministère sacerdotal. A certains je dis : ne l’éloignez
pas de vous avec des a priori, parce que nous n’auriez pas immédiatement
des atomes crochus avec lui. A d’autres je dis : ne l’enfermez
pas dans des cercles d’intimes, parce que son style vous convient bien
et que vous le préférez au style de tel ou tel autre prêtre.
Vivons la communion entre prêtres, diacres et laïcs dans la diversité et
la complémentarité. C’est souvent exigeant, mais c’est
possible puisque cette communion a sa source et son sommet dans l’Eucharistie.
Olivier, dans un instant, le Christ te donnera la grande,
belle, exigeante et aussi mystérieuse mission du prêtre. Mystérieuse au
sens que sa compréhension nous dépasse. Le Curé d’Ars
le savait bien ! Mystérieuse parce que son sens profond est
bien au-delà de celui d’un généreux service. Tu
vas agir au nom du Christ Pasteur et Tête de son Peuple. Tu vas donner
sa Vie. Comme nous l’a dit saint Paul dans la première lecture,
ce ministère est un trésor que nous portons dans des vases
d’argile, ainsi on voit bien que tout ce qu’il peut produire ne
vient pas de nous, mais de Dieu. Nous ne sommes que les serviteurs de
nos frères à cause de Jésus. Confiance
donc ! Confiance en Dieu à la suite de la Vierge Marie, confiance en ceux et
celles avec lesquels tu collaboreras, surtout confiance en tes frères
prêtres et en ton évêque, confiance en toi, puisque c’est
toi que le Christ appelle et envoie !
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