Pendant leurs années de formation au Séminaire de Paris, les séminaristes prennent part à un voyage d'études d'un mois en Israël pour lire la Bible sur le terrain. Quels sont les enjeux profonds de cette expérience ?
Une immersion dans la Bible !
C’est en Terre Sainte qu’il a découvert la Bible dans toute sa saveur. Depuis des années, le Père Henry de Villefranche, enseignant à la Faculté Notre-Dame, guide des dizaines de personnes sur les chemins dans cette belle aventure à travers La Bible sur le terrain.
L ’étude de la Bible m’a ennuyé pendant des années et un jour… je suis allé en Terre Sainte ! Cette expérience m’a bouleversé et a changé complètement mon regard. La Bible me devenait soudain compréhensible, interprétable et familière. (…)
Ouvrir sa Bible, c’est partir à l’aventure de l’Esprit Saint dont on ne sait d’où il vient ni où il va. Il nous conduit à l’Amour par des seuils qui ne sont pas à notre mesure et l’homme a bien souvent peur de cette « mesure » divine. (…)
Chez les Juifs, on entend : « Quand deux ou trois sont assidus à la lecture de la Torah, la présence de Dieu est au milieu d’eux. » De même qu’on n’est pas chrétien tout seul, on ne lit pas la Bible seul. (…) Quand des personnes ayant reçu une formation se retrouvent pour le faire, elles en goûtent ensemble les fruits. Elles s’aperçoivent qu’elles sont capables de lire la Bible à la fois avec un engagement subjectif et une rencontre objective avec le texte. (…)
Souvent, on se contente de travailler « sur » la Bible. Or, la Bible suppose une immersion ! De plus, elle est à saisir comme un tout : ce n’est pas simplement une bibliothèque ! Elle est à lire à la fois dans son sens littéral et dans son sens spirituel ; à la fois comme un livre singulier et dans sa dimension universelle, etc.
Père Henry de Villefranche, enseignant à la Faculté Notre-Dame
Propos recueillis par Laurence Meurville
Extraits d’un article paru dans la revue « Il est vivant »
La Bible sur le terrain : une retraite itinérante
La Bible sur le terrain est une retraite itinérante à l’école des grands personnages de la Bible, dont l’initiative revient au couvent Saint Isaïe de Jérusalem et au Père Jacques Fontaine en particulier.
Le but est d’expérimenter l’Histoire Sainte, dans sa progression vers la « plénitude des temps » (Gal 4,4), comme pédagogie divine irremplaçable, universelle et plus actuelle que jamais. La Bible sur le Terrain s’adresse à tous les chrétiens qui veulent passer un cap dans la connaissance traditionnelle de la Bible afin d’en mieux vivre, au rythme de la liturgie. On souhaite, pour la richesse des échanges, une diversité aussi grande que possible, tant dans la pyramide des âges que dans les engagements professionnels et les états de vie.
Cette expérience de la Bible sur le terrain continue encore aujourd’hui après plus de 40 ans avec le Père Jacques Fontaine. Elle a été reprise par le diocèse de Paris.
Le sigle « BST » résumait les deux : « Bible sur le terrain » en été et « Bible sous terre » en hiver. Après plus de 40 ans avec le P. Fontaine, cette expérience de la « Bible sur le terrain », la BST, continue aujourd’hui avec l’aide du diocèse de Paris, notamment le P. Henri de Villefranche et le P. Michel Gueguen.
Se laisser recréer par la Parole de Dieu
P our moi, il y avait une triple progression. La première était la découverte du pays, de la géographie. C’est un si petit pays avec tellement de contrastes. Si vous allez de l’Hermon où en mai, juin vous pouvez encore trouver de la neige, à la Méditerranée, en passant par la mer Morte, le lieu le plus bas du monde, en traversant le désert puis la Galilée, que de diversités !
La seconde progression est l’histoire sainte expérimentée. Mon but était de faire expérimenter aux gens que l’histoire sainte (ce qu’on appelle l’Economie du salut) est notre propre histoire. Au nom du Père était dans le désert, au nom du Fils en Galilée et au nom du Saint Esprit à Jérusalem. Tout se concentre à Jérusalem pour rejaillir sur l’universel.
La troisième progression est celle d’un groupe qui se laisse recréer par la Parole de Dieu. Au cours des jours qui passent, les partages devenaient de plus en plus riches, chacun étant appelé à s’exprimer. Bien souvent, même après, les groupes continuaient de cheminer ensemble, de vivre leur expérience au rythme de la liturgie.
Père Jacques Fontaine



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30 JUIN 2012 :