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Actualités du séminaire de Paris

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6 mois d’immersion dans l’Eglise des Etats-Unis

 

6 mois d’immersion dans l’Eglise des Etats-Unis et d’étude à Boston : récit par Arnaud Mougin, séminariste en 3ème année de 2nd cycle au Séminaire de Paris

Séminariste à Boston

Arnaud Mougin, séminariste en d’étude à Boston
© D.R.

Sept mois au pays des hamburgers et du Coca-Cola, dans la ville natale du président Kennedy, pour découvrir une culture, m’intéresser à la théologie américaine et rencontrer une foule de personnes toutes plus sympathiques les unes que les autres. Pour un Français, les États-Unis ne sont pas la destination la plus exotique et Boston n’offre pas le vertige du Niagara ou du Grand Canyon, mais la culture américaine nous façonne tellement, tout en étant si différente de la nôtre, que j’étais très curieux de rencontrer les inventeurs du chewing-gum. La formule choisie fut d’intégrer un séminaire américain pour un semestre, de participer à toute la formation et d’effectuer quelques visites touristiques. Le Saint John’s Seminary in Boston a eu la gentillesse de m’accepter, et les 95 prêtres et séminaristes qui y vivent m’ont merveilleusement accueilli, comme un de leurs frères. Le cadre américain où tout paraît gigantesque, le mode de vie du séminaire et la simplicité des relations constituent les premiers souvenirs que je souhaiterais présenter ici.

Tout paraît immense

Arnaud Mougin, séminariste en d’étude à Boston
© D.R.

« Huge ! ». C’est le mot qui convient le mieux pour décrire le sentiment ressenti dès l’aéroport. Gigantesque serait beaucoup trop long à prononcer pour décrire ce qui nous tombe dessus sans crier gare, de tous les coins du champs visuel. Immeubles, voitures, rues, magasins,… tout semble être dessiné à une échelle supérieure. Grand est simplement trop faible : les camions par exemple ne sont pas de grands camions : ils sont disproportionnés, ils brillent de partout, sont très très longs, hyper puissants… Ce ne sont pas de grands camions, ce sont des « trucks » : Huge ! Démesuré conviendrait peut-être pour les gratte-ciel, mais ils sont tellement hauts, nombreux, variés dans leurs formes qu’ils coupent le souffle et ne laissent échapper qu’un « Huge ! ». Le pont de Brooklyn… Il est immense : bus, voitures, piétons, vélo et rollers s’y croisent sans vraiment créer d’embouteillage. Mais la vue qu’il offre sur Manhattan, surtout au coucher du soleil, n’est pas immense : c’est « just huge » ! Énorme ? Les mauvaises langues diront, sans vraiment mentir, que beaucoup d’Américains le sont. Tout comme leurs hamburgers, les parts de pizza et les cafés délavés qu’on avale à longueur de journées. Mais cela paraît tellement en harmonie avec l’ensemble de la vie. Tout cela est finalement si sympathique que je ne voudrais pas ternir cette image, énorme ne serait pas complètement juste. Et puis il faut dire que le pays lui-même est disproportionné. Il y a trois heures de décalage horaires entre l’Est et l’Ouest du pays, il faut environ 5 heures d’avion pour le traverser, des espaces grands comme nos départements sont encore complètement sauvages. Donc les rues et les trottoirs sont larges parce que les villes le sont, et celles-ci le sont parce qu’elles peuvent s’étendre indéfiniment. Il y a donc de la place pour tous, pour toutes les tailles !

Un séminaire qui porte

Arnaud Mougin, séminariste en d’étude à Boston
© D.R.

Impossible en revanche de trouver un unique mot pour résumer le séminaire. Évidemment, il est « huge » lui aussi. Le bâtiment du XVIIIe siècle abrite facilement la superbe chapelle, les appartements des prêtres et chambres des séminaristes, les bureaux de l’administration, l’immense réfectoire décoré du drapeau américain et de celui du Vatican, les salles de cours, celle de sport, le bar, les divers salons,… Mais ce bâtiment est également confortable, très bien équipé, chaleureux, de bon goût – ce qui n’est pas forcément spontané chez nos cousins américains – et tout y est parfaitement ordonné grâce aux nombreux employés et aux séminaristes impliqués dans la vie matérielle. Est-ce la vie de château ? Peut-être mais il s’agit alors du château de l’âme conté par sainte Thérèse de Jésus. Car si le confort est indéniable, la vie de prière est réelle, sincère et très nourrissante. Le recteur du séminaire, évêque auxiliaire de Boston, est un vrai père, très aimé des séminaristes. Les autres prêtres, de spiritualité très variée, sont tous de saints hommes qui enseignent avant tout par leur exemple. Ensuite, la vie elle-même du séminaire porte à la prière. Chaque jour, les laudes suivies de la messe, l’examen de conscience avant le déjeuner puis, le soir, l’adoration et les vêpres réunissent 95 prêtres et séminaristes, tous en clergyman noir. L’orgue soutient les psaumes et les chants, la schola et quelques séminaristes musiciens viennent régulièrement embellir l’offertoire ou l’action de grâce. Et en dehors de la chapelle, on ne commence pas un cours, un repas ni même un match de foot sans se confier à la Vierge ou au saint patron approprié. Tout cela rend très naturelles les propositions de chapelets, de pèlerinage ou de processions. Les séminaristes y participent volontiers et font régulièrement leurs propres propositions. C’est d’ailleurs à l’image de l’Église américaine, très classique, très décomplexée et en même un peu rigide dans sa pratique, en tout cas aux yeux d’un Français.

Une belle et grande camaraderie

Arnaud Mougin, séminariste en d’étude à Boston
© D.R.

Ceci m’amène aux personnes rencontrées. Hélant un taxi jaune au pied des gratte-ciel, téléphonant au volant de leur 4x4 ou s’agenouillant tous comme un seul homme pour la consécration, les Américains sont déroutants. Il y a d’abord une sorte de simplicité de relation très agréable. Tout paraît simple. Le tutoiement généralisé aide sans doute pour aborder n’importe qui, n’importe où, mais c’est tout de même une réalité surprenante : si vous appeler une société quelconque pour un renseignement ou un service, vous commencez par demander à votre interlocuteur, un parfait inconnu que vous ne reverrez jamais, comment il va. Ceci instaure une sorte de grande camaraderie très sympathique où tout le monde parle spontanément avec tout le monde. Cette facilité de relation prend des proportions encore plus heureuses au séminaire. Unis par une même foi, par le désir de répondre à l’appel du Christ, la camaraderie devient une charité palpable, pleine de petits détails et d’attentions qui seraient presque « too much » pour la pudeur française. Mais on s’habitue à ces bonnes étreintes (ces fameux « hugs »). Malgré le côté un peu formel, il est bon d’entendre nos voisins, même 10 ou 15 fois par jour, nous demander si tout se passe bien, si on a besoin de quelque chose. Toute cette franche camaraderie donne envie d’aller plus loin, de construire une amitié plus forte… et l’on est à nouveau dérouté : même l’amitié semble différente. Les liens sont sans doute là, réels, mais ils s’expriment par d’autres moyens. L’amitié grandit autrement qu’en Europe. Six mois sont sans doute un peu courts pour avancer dans cette voie, mais les contacts restent, les visites sont envisagées… l’avenir dira comment se construit une amitié franco-américaine.

 

Conclusion

Tout ceci reste très subjectif, ce n’est qu’une expérience limitée. Mes visites et rencontres à Washington, New-York, Philadelphia ou Chicago m’ont donné un peu de recul sur Boston. Le temps passé avec des religieux, des artistes, des paroissiens m’a donné encore d’autres éclairages. Mais finalement juste assez pour comprendre que les États-Unis abritent une multitude de cultures et de milieux variés et qu’il faut bien se garder de résumer ce grand continent par quelques images toutes faites. Je sais donc simplement que j’ai beaucoup apprécié cette expérience, qu’elle m’a énormément apporté et j’encourage chacun à profiter des opportunités de voyage que le Seigneur vous offrira.

 

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