P. Jacques de Longeaux, supérieur de la Maison St Augustin
Contrairement aux vingt-sept qui l’ont précédée, la promotion 2011/2012 de la Maison Saint-Augustin, appelée familièrement « MSA », n’a pas fait sa rentrée rue de la Santé (13e) mais rue de Picpus (12e). Un changement de site qui s’inscrit dans la continuité pour cette année de fondation spirituelle qui vise à accueillir ceux qui s’interrogent sur une possible vocation sacerdotale. Paris Notre-Dame a rencontré le supérieur, le P. Jacques de Longeaux.
P.N-D. – Quelle est la raison du déménagement de la Maison Saint-Augustin ?
P. Jacques de Longeaux – Les soeurs augustines qui ont loué pendant vingt-sept ans un grand étage de leurs locaux pour accueillir la « MSA », rue de la Santé, ont été dans l’obligation de faire d’importants travaux dans leurs bâtiments et d’agrandir lamaison de retraite dont elles ont la charge. Comme, par ailleurs, nous avons su que les soeurs des Sacrés-Coeurs de Jésus et Marie cherchaient une nouvelle utilisation pour un de leurs bâtiments et que cela correspondait à ce que nous souhaitions, nous y avons installé la « MSA ». Le contexte a donc changé mais notre mission reste la même.

Justement, à qui s’adresse la Maison Saint-Augustin ?
J. L. – À des jeunes hommes qui ont déjà effectué un premier discernement en vue d’une formation au ministère de prêtre diocésain. L’objectif étant une fondation spirituelle de la vocation à travers laquelle le discernement se poursuit, ceux qui y entrent doivent être prêts à un engagement total. Il n’est pas possible par exemple de poursuivre des études en parallèle.
Comment y entre-t-on ?
J. L. – Cela s’inscrit dans un cheminement. Quand quelqu’un se pose la question d’une possible vocation sacerdotale, il doit d’abord en parler à un prêtre pour être accompagné dans un premier discernement. Puis vient le moment où il s’adresse au Service diocésain des vocations qui, ensuite, nous transmet sa candidature. Je le reçois alors au cours d’un entretien, à la suite duquel chacun d’entre nous prend une décision. Par ailleurs, la Maison Saint-Augustin accueille chaque année des jeunes hommes envoyés par des diocèses qui ne disposent pas eux-mêmes d’une année de fondation spirituelle.
L’adaptation à la vie au sein de la « MSA » est-elle difficile ?
J. L. – Les cas de figure sont très divers : nous accueillons des personnes d’horizons, d’expériences et d’âges très différents. Bien sûr, habiter en communauté, s’habituer à des horaires et à un rythme nouveau, cela nécessite une adaptation. Mais disons-le : la vie n’est pas très difficile à la Maison Saint-Augustin.
L’objectif est-il que tous les « augustiniens » deviennent prêtres ?
J. L. – L’objectif est que chacun puisse découvrir et connaître sa vocation, quelle qu’elle soit. Cela suppose de proposer autant que possible des conditions favorables pour un discernement. La plupart des « augustiniens » entrent ensuite au séminaire mais, chaque année, certains découvrent que leur vocation se trouve ailleurs.
La « fondation spirituelle » proposée est-elle une réponse au contexte sécularisé de notre époque ?
J. L. – Cela vient certainement répondre à un besoin et à une aspiration. Les jeunes qui s’engagent sur le chemin de la prêtrise savent que c’est une voie très belle mais que le contexte actuel peut la rendre difficile. L’année de la Maison Saint-Augustin n’est pas encore une année d’études – même s’il y a des cours –, ni de formation pastorale. Il s’agit d’abord d’apprendre à se laisser former par le Christ : toute vie de prêtre suppose une relation personnelle avec Lui. C’est ce « centre » qui se met en place tout au long de l’année passée ici.
Propos recueillis par Pierre-Louis Lensel
Texte paru dans l’hebdomadaire Paris Notre-Dame du 3 novembre 2011.
Avec l’aimable autorisation de
Paris Notre-Dame
UNE JOURNÉE TYPE D’UN « AUGUSTINIEN »
La prière et la célébration eucharistique sont au coeur de l’emploi du temps des augustiniens. Mais celui-ci fait aussi la part belle au « temps personnel », consacré à l’oraison, la lecture de la Parole, la réflexion et la direction spirituelle, sans oublier les cours, le sport, le service de la communauté et l’exercice de la charité (notamment à travers un aprèsmidi par semaine de visite de malades à l’hôpital).

Journée type :
- 7h30 : laudes.
- 7h50 : petit-déjeuner.
- 8h30 : cours.
- 9h45 : temps personnel.
- 12h : messe.
- 12h45 : déjeuner.
- 14h15 : sport.
- 17h : temps personnel et de service communautaire.
- 19h : vêpres.
- 19h30 : dîner.
- 20h45 : réunion de communauté.
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