A quand remonte votre appel au sacerdoce ?
Leur témoignage fort de vie chrétienne m’a toujours porté et aidé à répondre à l’appel du Christ.
Pour répondre à cet appel, vous avez abandonné votre passion : la recherche en mathématiques. Comment avez-vous vécu cette transition ?
Dès l’âge de 12 ans, je rêvais d’être chercheur en physique théorique. Mais au cours de mes études, je me suis orienté vers les mathématiques qui sont devenues une passion. Cela m’a conduit à faire une thèse en théorie des nombres. Derrière cette passion, je crois qu’il y avait une authentique quête de vérité. D’ailleurs, après le décès de ma soeur, lorsque j’ai décidé de cheminer vers le sacerdoce, je me suis naturellement tourné vers les ordres qui avaient une certaine tradition intellectuelle : Jésuites, Dominicains, etc. Au fond, j’avais le désir de continuer à chercher ; je pensais juste substituer la théologie aux mathématiques. J’ai donc pris une année sabbatique pendant laquelle j’ai rencontré différentes communautés religieuses. Mais j’ai senti que cela ne correspondait pas à l’appel que j’avais reçu. Finalement, j’ai fait un stage en paroisse à St-Jean-Baptiste de la Salle (15ème) et je suis entré à la maison Saint-Augustinavant de rejoindre le séminaire diocésain.
© D.R.
Comment le séminaire vous a-t-il aidé à répondre à l’appel de Dieu ?
J’ai vécu une belle expérience à la maison St-Augustin. En fin d’année, on nous a demandé d’expliquer un passage des Actes des Apôtres. C’était la première fois que j’utilisais une médiation intellectuelle pour lire l’Ecriture, que j’appliquais ma démarche de recherche dans les sciences à un texte biblique. Cette expérience m’a donné une grande joie. Ensuite, j’ai étudié la théologie et la philosophie à N.D. de la Strada (Belgique) pendant cinq ans. Prière, étude, vie communautaire… le séminaire m’a permis d’unifier les différents domaines de ma vie et de me faire grandir en liberté. Par ailleurs, j’y ai appris deux choses difficiles mais indispensables pour répondre à l’appel du Christ : l’obéissance et la confiance. L’obéissance qui est difficile à accepter quand on a vécu longtemps seul maître de ses choix et de son emploi du temps ; et la confiance dans ceux qui décident de notre avenir. Il n’est jamais facile de ne pas savoir ce qu’on fera dans deux ou cinq ans. Moi qui aime prévoir, je suis sans cesse obligé de lâcher prise. Enfin, deux stages m’ont beaucoup marqué. L’un dans un lieu d’accueil des Soeurs Missionnaires de la Charité de Mère Teresa qui m’ont vraiment donné un témoignage de sainteté. Et l’autre, dans un centre de soins palliatifs où je visitais les malades. J’ai pu voir des personnes passer de la révolte à l’abandon dans les mains de Dieu en quelques semaines. J’ai vraiment vu l’action de Dieu dans des vies.
De Sylvain Sismondi, avec l'aimable autorisation de Paris Notre Dame - Pour vous abonner à Paris Notre Dame
REPÈRES
Naissance : le 3 février 1973 à St-Etienne (Loire).
Ordination diaconale : le 30 septembre 2006 à St-Germain de Charonne (20ème).
Phrase d'ordination : "Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la Vérité" (Jn 18, 37).
1ère messe : le dimanche 24 juin, à 11h, à St-Louis en l’Ile (4ème).
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